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Spectacles en anglais à Montréal: Québec maintient ses millions à evenko et Live Nation malgré les inquiétudes

Photo portrait de Cédric Bélanger

Cédric Bélanger

2026-02-10T05:00:00Z

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Malgré les craintes soulevées par la domination d’evenko et de Live Nation dans l’offre de spectacles sur l’île de Montréal, Québec n’a pas l’intention de revoir l’octroi de fonds publics à ce géant du divertissement.

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«Il faut rester vigilant», a répondu prudemment le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, lorsque questionné par Le Journal à propos de l’importation au Québec par Live Nation d’un modèle d’affaires qui favorise les artistes anglophones.

Selon un reportage de l’émission Enquête diffusé la semaine dernière à Radio-Canada, 88% des quelque 1000 concerts à l’affiche au Centre Bell, au MTelus, au Théâtre Beanfield et au Studio TD, entre septembre 2025 et mars 2026, mettent en vedette des artistes anglophones.

Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard
Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard

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En contrepartie, seulement 8% des concerts offerts dans ces salles sont en français, soit trois fois moins que dans les autres salles de spectacles montréalaises.

Les revenus de billetteries des spectacles en langues étrangères au Québec ont explosé depuis la pandémie, selon Enquête. L’émission rapporte en outre que les six grands festivals d’evenko et de Live Nation (Osheaga, ÎleSoniq, Lasso et ceux organisés par l’organisme à but lucratif Spectra, soit les Francos de Montréal, le Festival international de jazz de Montréal et Montréal en Lumière) ont reçu des subventions de 15 millions de dollars par an de 2022 à 2024.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

«Une évidence»

Tout en défendant les fonds publics versés par son ministère aux festivals chapeautés par Spectra, Mathieu Lacombe reconnaît que nos artistes doivent avoir accès à des scènes pour se faire valoir.

Mathieu Lacombe.
Mathieu Lacombe. Photo d'archives Pierre-Paul Poulin

«Je pense que c’est une évidence que l’on doit favoriser l’offre de spectacles francophones», a déclaré le ministre caquiste.

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«Des spectacles anglophones, il y en aura toujours, il y en a toujours eu et je pense que c’est correct parce que les citoyens, moi y compris, veulent avoir accès à des artistes de partout dans le monde qui chantent dans d’autres langues que le français. En même temps, il faut s’assurer de protéger un certain espace pour nos artistes», croit Mathieu Lacombe.

«Inquiétant», dit la mairesse

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, s’inquiète que moins d’un spectacle sur dix soit en français dans les quatre plus grandes salles à Montréal.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada. Photo d'archives Pierre-Paul Poulin

«C’est sûr que c’est inquiétant parce qu’encore une fois, on veut valoriser le fait qu’on est la seule grande métropole francophone en Amérique du Nord, que le français est valorisé et qu’on appuie nos artistes à performer en français et [on souhaite] qu’ils soient diffusés», souligne-t-elle.

Dans une lettre d’opinion envoyée au Journal publiée lundi, le comédien Pierre-Luc Brillant, vice-président de l’UDA, déplore «la place démesurée» prise par Live Nation dans l’écosystème culturel québécois.

Il affirme qu’il est temps de reprendre le contrôle: refonte du financement public, réflexion sur la billetterie et soutien aux acteurs indépendants. «L’argent public doit servir notre culture, pas une multinationale américaine», soutient-il.

Sollicitée pour réagir à la suite de la diffusion du reportage d’Enquête, evenko n’avait pas encore donné suite à nos demandes au moment d'écrire ces lignes.

– Avec la collaboration d’Anouk Lebel

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