Soyez ce papa si votre enfant est bon dans un sport
«Je vois des parents pousser leurs enfants pour qu’ils réussissent, c’est drôle, moi, je n’ai jamais fait ça»


Jean-Nicolas Blanchet
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Quand Sophiane Méthot a commencé à avoir ses problèmes d’angoisse, son père a fait ce que tout bon père devrait faire, selon lui: amener sa fille prendre une crème glacée!
Louis Méthot m’a expliqué ça sans blaguer. Comme s’il n’y avait rien de plus normal.
Il pouvait bien être lui aussi malheureux et préoccupé pour sa fille.
Mais sans pression ni stress, il est simplement allé manger un cornet avec Sophiane pour lui demander comment sa famille pouvait l’accompagner dans tout ça. (Pour comprendre c’est quoi ce «tout ça», vous pouvez lire notre entrevue avec Sophiane Méthot en cliquant ici.)
«Je lui ai dit qu’elle n’était pas obligée de faire du trampoline. Mais elle voulait continuer, alors je lui ai dit que c’était certain que quelqu’un dans le monde savait comment l’aider», raconte-t-il.
«Dans la vie, on peut toujours regarder un problème et trouver toutes les raisons pourquoi ça ne marchera pas. Ou on peut trouver la façon qui fait que ça marche», poursuit avec beaucoup de sagesse le père, un sympathique verbomoteur qui a sorti plusieurs propos philosophiques de la sorte durant la discussion.
Tout ça, devant sa fille, qui nous avait bien avertis et qui levait les yeux pour s’en moquer poliment.

Les deux se sont donné alors un défi. Sophiane devait alors affronter son problème et continuer de s’entraîner. Louis, lui, devait s’entraîner pour faire un Ironman. Surtout apprendre à nager, car il «avait besoin d’une frite» sinon, raconte-t-il à la blague.
Vous connaissez la suite pour Sophiane. Pour Louis, il a réussi à ne pas se noyer. Il compte déjà deux Ironman à son actif.
«Le modèle de ma vie»
Ingénieur et longtemps cadre supérieur en entreprise, Louis Méthot est aussi tout un athlète. Ancien joueur de soccer, il a couru le marathon de Boston il y a quelques années avec un temps de près de 3h. C’est plus qu’impressionnant comme temps.
«C’est le modèle de ma vie. C’est mon inspiration. C’est mon fan numéro 1», de dire Sophiane à propos de son père.
C’est ça que je trouve remarquable dans la relation entre le papa et sa fille. Louis est son fan, c’est tout.
«Penses-tu que je vais commencer à lui donner des conseils en trampoline? Je ne suis pas un expert», lance le papa.

«La seule chose que je dois faire, c’est de la supporter et l’aider quand elle a besoin de moi. Je vois des parents pousser leurs enfants pour qu’ils réussissent. C’est drôle, moi, je n’ai jamais fait ça! Comme parent, on veut seulement s’assurer que nos enfants soient heureux et qu’ils aient du plaisir. C’est tout.»
La veille de chaque compétition, le papa envoie à sa fille le même message texte qui se résume à: «Je suis fier de toi, amuse-toi».
Et c’est le premier à lui écrire après la compétition. Si ç’a bien été, c’est: «Good job, ç’a bien été». Sinon, c’est: «J’ai vu que ça n’a pas bien été, on se reprendra la prochaine fois».
«Jamais on ne parle de médailles. Je veux juste qu’elle ait du plaisir», précise M. Méthot.
Voici, par exemple, le message texte que Louis Méthot a envoyé à sa fille la veille du Championnat du monde en novembre dernier:
