Sondage Léger pancanadien: 27% croient que les É.-U. sont un «pays ennemi»


Patrick Bellerose
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Devant la guerre tarifaire menée par Donald Trump, le quart des Canadiens n’hésitent pas à qualifier les États-Unis de «pays ennemi». Et c’est au Québec que le sentiment antiaméricain est le plus exacerbé.
Un sondage Léger publié dans les derniers jours révèle que 27% des répondants canadiens voient désormais les États-Unis comme un pays hostile.
Seulement 30% estiment qu’il s’agit toujours d’un allié, alors que les deux pays ont longtemps été considérés comme de grands partenaires en matière de commerce et de défense.
L’hostilité est encore plus grande au Québec: près du tiers (32%) croient que le voisin du Sud est devenu un pays ennemi, contre 28% qui y voient un partenaire fiable.
Le coup de sonde a été mené auprès de 1550 Canadiens et 1000 Américains âgés de 18 ans et plus, du 14 au 17 février 2025, via un panel en ligne*.
Appuis en Alberta
Au nord du 49e parallèle, le président Donald Trump trouve ses plus grands supporters en Alberta, où 41% des répondants jugent les États-Unis favorablement. Seulement 20% qualifient le pays d’hostile au Canada.
Ces disparités géographiques se reflètent également dans les affiliations partisanes. Les Américains sont considérés comme des ennemis par près de la moitié des partisans du Bloc Québécois et 37% des libéraux fédéraux, mais seulement 18% des électeurs conservateurs.
On ne retrouve toutefois pas la même animosité du côté américain, où seulement 1% de la population voit le Canada comme un «pays ennemi». Au contraire, 56% des répondants ont dit y voir un «allié», les autres étant soit neutres, soit indécis.
Encore des menaces
Le président Donald Trump a pris le Canada en grippe depuis le début de son deuxième mandat, le 20 janvier dernier. Il accuse son voisin du Nord de bénéficier d’un déséquilibre commercial qui ferait perdre aux Américains 200 G$ annuellement.
Samedi, il a de nouveau laissé planer la menace d’une taxe sur les importations canadiennes lors d’un discours devant la convention CPAC, un grand rassemblement de la droite américaine à Washington.
«Je ne suis pas content du Canada», a déclaré Donald Trump devant des sympathisants, quelques heures après un entretien téléphonique où le premier ministre canadien, Justin Trudeau, l’a informé des efforts menés dans la lutte contre le trafic transfrontalier de fentanyl dans le but d’éviter l’imposition de tarifs douaniers.
La date butoir arrive
Si le président républicain va de l’avant avec ses menaces, une surtaxe de 25% sera appliquée sur tous les produits canadiens dès la semaine prochaine (4 mars). À cela s’ajouterait un autre tribut similaire sur l’acier et l’aluminium dès la semaine suivante, portant le total à 50% pour ces industries.
D’autres tarifs «réciproques» seront imposés à tous les pays pour compenser les barrières au commerce, comme la TPS dans le cas du Canada.
Devant ses partisans, M. Trump a souligné que cette décision d’imposer des droits de douane enrichira les États-Unis. «Ils nous taxent, on les taxe. Notre pays va redevenir riche, très riche», a-t-il réitéré.
Le président américain a d’ailleurs réaffirmé que le mot «tarif» était son mot préféré dans le dictionnaire.
Avec la collaboration de l’agence QMI
*Les données ont été pondérées afin de refléter la population. Toutefois, pour un sondage en ligne, il n’est pas possible de calculer de marge d’erreur. À titre d’exemple, l’échantillon canadien donnerait une marge d’erreur de 2,49%, tandis que celui américain donnerait une marge d’erreur de 3,1%.