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Retraites pandémiques: son «rêve de petit gars» de devenir pilote gâché par la COVID-19

Éric Lépine pose devant la piste qui devait le mener à son rêve de devenir pilote, un endroit où il peine toujours à remettre les pieds. « Je ne serais pas capable de retourner à l’école, jaser avec les gens là-bas. »
Éric Lépine pose devant la piste qui devait le mener à son rêve de devenir pilote, un endroit où il peine toujours à remettre les pieds. « Je ne serais pas capable de retourner à l’école, jaser avec les gens là-bas. » Photo Agence QMI, Marc DesRosiers

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

2021-09-04T10:17:46Z

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Un jeune retraité des Forces armées qui souhaitait retourner étudier pour suivre son « rêve de petit gars » de devenir pilote de ligne a vu son projet s’écraser avec la pandémie dans une cascade d’événements difficiles à accepter.

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Éric Lépine avait tout calculé depuis 2018 pour réussir à prendre sa retraite de l’armée canadienne, où il était technicien médical. Sa date officielle de retraite ? Le 13 mars 2020. « Un vendredi 13, évidemment », dit-il, ironiquement.

Ce 13 mars, c’est la fameuse journée où le gouvernement Legault annonçait la fermeture des écoles et où la province croyait naïvement prendre la mesure de ce qui nous attendait.

« Le matin, en me levant, j’ai senti le petit doute, la petite voix qui me disait : Es-tu certain ? Mais je me disais que oui, j’avais tout calculé et ça ne pouvait pas ne pas marcher. Toutes les cases étaient cochées, je n’avais juste pas de case pandémie mondiale », raconte M. Lépine.

Comme tout le monde ce jour-là, il a cru à tort que la crise s’estomperait et que son cours de pilote, prévu pour débuter le 15 avril, ne serait que repoussé.

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Beaucoup d’argent

Cette fameuse formation coûtait 97 000 $ à Éric Lépine. C’était possible grâce à des bourses des anciens combattants, à sa rente de militaire et à ses économies. Tout balançait.

D’avril 2020, le début de la formation a finalement été repoussé à juin, puis jusqu’en décembre, alors que les frais de formation de 4000 $ par mois, eux, continuent de passer.

Durant l’hiver, c’est la météo qui ne permet pas de voler et la pression financière commence à se faire sentir, la deuxième moitié des bourses n’étant pas versée puisque sa formation n’avançait pas. 

« Je ne dormais plus. [...] J’en étais à me demander si je vendais ma maison et mon auto pour continuer », confie celui qui dit avoir « grugé » environ 50 000 $ de son fonds de pension de militaire dans le rêve devenu cauchemar.

Abandonner ses aspirations

Éric Lépine s’est finalement résigné. La pandémie et tout ce qu’elle a entraîné lui ont coûté son rêve, son projet, sa première retraite qu’il avait pourtant si bien planifiée. 

« C’est un peu comme construire la maison de tes rêves pour la regarder brûler bout par bout après », laisse-t-il tomber, l’amertume dans la voix. 

Revolera-t-il un jour ? Au moins pour le plaisir de revivre sa passion ?  

« Quand j’entends les avions qui se pratiquent en haut de chez nous, je regarde toujours, mais j’ai un pincement au cœur. C’est encore trop émotif de savoir que j’étais si près », conclut celui qui travaille aujourd’hui comme coordonnateur en santé et sécurité au travail à la Chambre des communes.

« C’est bien, mais ce n’était pas ça mon rêve. »

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