Son plafond coule depuis des mois et son propriétaire l’ignore: une locataire d’Hochelaga n’en peut plus

Axel Tardieu
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Une Montréalaise de 27 ans dont le plafond coule à grand débit quand il pleut n’en peut plus d’être ignorée par son propriétaire et s'inquiète des longs délais d’attente auprès de son bureau d’arrondissement.
Depuis plus d’un an, Florence Morissette demande à son propriétaire de venir réparer le plafond de sa salle de bain, sans succès. Elle a longtemps hésité à entreprendre des démarches légales par peur d’être victime d’une rénoviction.
«À chaque fois que ça a coulé, j'ai envoyé un texto, des photos, des vidéos à mon propriétaire», explique la résidente du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
Le 30 août, suite à un épisode de pluie, elle envoie à son propriétaire des vidéos sans équivoque prouvant une fuite importante au-dessus de sa baignoire. Il répondra rapidement qu’il arrive pour réparer la tuyauterie. «Il n’est juste jamais venu», déplore la jeune femme.
Dans la vidéo, on peut voir que l’eau coule presqu’autant qu’un robinet.

«Quand il est question du loyer, il répond à mes messages, mais sinon, il les ignore», dit-elle. La locataire, qui travaille dans le domaine du marketing, désespère, surtout en pleine crise du logement.
«Je suis un peu prisonnière parce que ça fait sept ans que j'habite ici. J'ai un très bon prix. Je ne veux pas m'en aller parce que je sais que je vais avoir de la difficulté à trouver un loyer au même prix».
Elle paie 755$ par mois pour un trois et demi.
Craintes pour sa santé et sa sécurité
À cause de l’infiltration d’eau, le plafond a commencé à s’effriter et Florence Morissette se fait du souci pour sa santé et sa sécurité.
«Il y a beaucoup la moisissure qui m'inquiète. Est-ce que ça se pourrait qu'un jour je prenne ma douche et qu’un bout de mur me tombe sur la tête? On m'a parlé de risques de feu aussi quand une infiltration d’eau touche à l'électricité dans le bloc», mentionne-t-elle.

La réglementation de la Ville demande aux propriétaires d’offrir des logements sécuritaires en tout temps.
Selon Mme Morissette, la raison pour laquelle son propriétaire ne veut pas intervenir est claire: «Il essaie de vendre le bloc. On a eu, dans les derniers mois, plusieurs demandes de visites. Il se dit «Je ne vais pas investir de l'argent pour un bloc que j'essaie de vendre à profit.»
Mise en demeure et demande d’inspection
Après des mois à patienter, la jeune femme a finalement envoyé une mise en demeure à son propriétaire le 18 janvier, à laquelle il n’a pas encore répondu.
Elle a également déposé une demande d’inspection de logement au bureau de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, évoquant des problèmes de moisissure et d’équipement de plomberie. Obtenir une réponse, «ça risque d'être long», se dit-elle.

Entre 2014-2015 et 2022-2023, le nombre de dossiers d’inspections de salubrité ouverts au Service de l’habitation des arrondissements de Montréal a doublé. Les autorités ont dénombré 97 011 non-conformités ces huit dernières années.
La pression sur les locataires est de plus en plus grande, selon Florence Morisette. «Quand je pense aux prochaines générations, ma nièce qui va vouloir aller à l'université en ville, comment va-t-elle faire pour être capable de se permettre ça, financièrement?»