Tous les résultats
Publicité

Soccer féminin : la savoureuse victoire des Carabins

Joël Lemay / Agence QMI

Philippe Asselin

2022-11-17T01:24:53Z

Partager

La victoire de l’équipe féminine de soccer des Carabins de l’Université de Montréal au championnat canadien 2022 représente une sorte de délivrance pour plusieurs de ses membres. 

• À lire aussi: Boycotter le Qatar: un geste hypocrite?

• À lire aussi: Coupe du monde au Qatar: des Québécois passionnés ont largement dépensé pour être sur place

Dimanche dernier, la troupe de l’entraîneur-chef Kevin McConnell a battu le Rouge et Or de l’Université Laval 1 à 0 pour mettre la main sur le trophée Gladys Bean, distinction remise aux championnes canadiennes.

«C’est une histoire qui s’est amorcée l’an dernier, a analysé le pilote des Bleus. Nous avions perdu un seul match et nous avons seulement tiré de l’arrière pendant 15 minutes – en prolongation – cette saison-là. Nous avons été patients, mais nous avions le désir de rectifier ce qui s’était passé.»

En 2021, les joueuses des Carabins étaient incroyablement dominantes. Aucune défaite, un match nul, 37 buts marqués et cinq filets accordés en saison régulière. L’espoir de tout rafler a toutefois pris fin en finale québécoise avec une défaite en prolongation de 1 à 0 contre le Rouge et Or. En vertu de ce revers, l’UdeM ne s’est pas qualifiée pour le tournoi national.

Publicité

«L’an dernier, ç’a été crève-cœur de ne pas participer au championnat canadien. Nous avons corrigé le tir. D’avoir Gladys avec nous, c’est incroyable. Il n’y a pas de mot pour décrire le bonheur que nous vivons d’avoir remporté ce championnat», a exprimé la gardienne Catherine Langelier.

Un exploit devant le filet

Cette dernière a par ailleurs été fantastique pendant le prestigieux événement. Elle a réussi deux blanchissages en trois matchs, mais c’est son exploit pendant la séance de tirs de barrage de la demi-finale qui restera dans les annales. La native de Saint-Eustache a arrêté les trois tentatives des Gee-Gees d’Ottawa.

«Cette année, nous avons encaissé plusieurs buts sur des tirs de pénalité. Je n’étais pas capable de faire les arrêts», a raconté Langelier.

«Je me devais d’être là pour mon équipe. Tout au long de la saison, mes coéquipières ont su rebondir à des moments importants. C’était à mon tour de faire mon travail et de réaliser les arrêts.»

Dans un environnement hostile

Les Carabins avaient un ennemi supplémentaire pendant leur parcours au championnat canadien, soit la foule. La compétition était tenue au Stade TELUS-UL, le domicile du Rouge et Or.

«Nous étions la bête noire, a affirmé la milieu de terrain Santy Malanda. La foule, ça fait partie du jeu. Nous n’en avons pas tenu compte et ça n’a pas changé notre façon de jouer. Il y a eu de mauvais commentaires. Nous savons tous ce qu’une foule peut faire pendant un match...»

«Nous avons été assez fortes mentalement pour faire fi de ça et démontrer que nous méritions d’êtres championnes malgré tout ce qui se disait dans les estrades.»

Publicité

Finalement, les Bleus ont réalisé le plus gros pied de nez en s’emparant de la victoire contre les favorites de la foule.

«Ça rend la victoire un peu plus savoureuse, considérant que nous jouions dans le stade de nos plus grandes rivales, sous la pluie et devant une foule hostile», a déclaré McConnell avec un petit sourire en coin.

«On ne remplace pas Mégane Sauvé»

La victoire en finale canadienne marquait la fin d’une époque au sein de l’équipe de soccer féminin des Carabins de l’Université de Montréal.

Il s’agissait du dernier match de l’ère Mégane Sauvé. La joueuse étoile a connu une fabuleuse carrière de cinq ans au niveau universitaire. Elle a d’ailleurs conclu son parcours avec les titres de joueuses par excellence au Québec et du tournoi national.

En trois parties à Québec, elle a amassé deux buts et une passe décisive. C’est d’ailleurs la milieu de terrain qui a fait le jeu qui a permis à Justine Lalande d’inscrire le filet de la victoire en finale.

«C’est un travail que j’ai fait sur cinq ans pour être capable d’être à mon meilleur dans ce type de moment là, a indiqué Sauvé. J’ai dû apprendre à gérer mes émotions dans les bons moments. C’était très important pour moi d’être en mesure de le faire à ma dernière année pour que je puisse réussir mes actions pour mon équipe.»

Le travail mental de la capitaine a porté ses fruits et elle soulevé le trophée Gladys Bean pour une deuxième fois, elle qui avait aussi connu le bonheur de la victoire à sa première saison en 2017.

«Pendant les célébrations, j’ai pris un moment toute seule parce que je réalisais que c’était le dernier moment où j’allais porter cet uniforme. J’étais un peu triste même. J’aurais aimé jouer 10 autres saisons avec les Carabins.»

Toute une leader

Questionnées au sujet de Sauvé, ses coéquipières ont toutes vanté ses qualités de leader, sur et à l’extérieur du terrain. Elles savent d’ailleurs que son départ laissera un vide dans le vestiaire.

«On ne remplace pas Mégane Sauvé, a affirmé Katya Houpert. Ce sera à nous, celles qui seront des finissantes pendant la prochaine saison, de tenter de remplacer son leadership et d’essayer de faire le boulot qu’elle faisait. Ce ne sera pas facile.»

L’entraîneur-chef Kevin McConnell a semblé aussi un peu émotif quand on lui a demandé de parler de sa numéro 6.

«Je dois dire que dès le départ, quand nous avons rencontré Mégane, nous savions qu’elle aurait un gros impact sur notre programme», a-t-il dit.

«C’est une joueuse spéciale, mais surtout une personne spéciale.»

Publicité
Publicité