Slafkovsky restera-t-il engagé?

Jean-Charles Lajoie
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Mathématiquement, ce sera très difficile pour Martin St-Louis de conduire son club en séries une première fois, mais rien n’est impossible et honnêtement, après ce que le Canada nous a fait vivre la semaine dernière, c’est difficile de ne pas être fou d’envie que ça décolle pour le Tricolore.
Parlant de décoller, Juraj Slafkovsky semble revenu de vacances avec de meilleures intentions. Le premier choix de l’encan de 2022 a disputé de loin son meilleur match de la saison samedi et peut-être même le meilleur match de sa jeune carrière dans la Ligue nationale (LNH) : huit mises en échec et pas des petites, cinq tirs, dont un s’est transformé en son neuvième filet de la saison. Engagé, impliqué, il n’a pas hésité une seule seconde à jeter les gants. Ridly Greig a goûté à la médecine du Slovaque qui l’a nettement dominé.
Un bien grand match de la part de Slaf qui avait dit avant la pause des nations vouloir partir à la mer pour y jouer au volleyball et revenir ensuite afin d’enfiler 20 buts d’ici la fin de la campagne. Il est 1 en 1, il a encore 25 matchs pour obtenir les 19 autres... je blague, mais c’est Slaf lui-même qui a placé le petit singe sur son épaule.
Plus sérieusement, ma question, c’est : Slafkovsky peut-il maintenir une constance semblable à celle de samedi soir ? Pas nécessairement en termes de statistiques, mais certainement en termes d’engagement : bouger ses pieds, se mettre le nez dans la moutarde, attaquer le fond de la zone ennemie autant que le filet adverse. Se promener dans la peinture bleue du gardien, compléter ses mises en échec, voilà un ensemble d’ingrédients qui composent une recette à succès dans la LNH.
Slafkovsky est encore un très jeune joueur, on a tendance à l’oublier. Cependant, son accession à la grande ligue le premier automne suivant sa sélection nous donne impression qu’il est déjà presque un vétéran aguerri. Ce n’est pas le cas et l’ignorer est s’exposer à le critiquer peut-être trop vertement. N’empêche, il est un professionnel dont on a très tôt vanté la force mentale autant que la capacité à être une éponge, à emmagasiner les enseignements et les transposer positivement sur la glace.
À sa troisième campagne complète dans le circuit Bettman, Slafkovsky doit afficher une constance plus soutenue. Il est le premier à l’admettre, d’ailleurs. Tant mieux ! Les Jeux olympiques de Milan sont dans un an. Puis, la Coupe du monde de 2028 viendra vite. Ce serait une totale catastrophe si la toute première sélection du règne de Kent Hughes et Jeff Gorton ne se taille pas un poste au sein d’une équipe slovaque déterminée mais peu profonde.
Grosse semaine
Cela dit, le Canadien a un gros test devant lui demain soir. Les Hurricanes semblent encore secoués de la transaction qui a envoyée Martin Necas au Colorado : trois victoires et cinq défaites pour les hommes de Rod Brind’Amour depuis.
Pire. Miko Rantanen ne casse rien depuis son arrivée en Caroline : un petit but et deux minuscules passes en sept départs. Rien de rassurant. D’ailleurs, une des trois seules victoires des Canes depuis le 25 janvier fut contre l’Utah, quand Rantanen n’était pas en uniforme.
Les Canes parviendront-ils à le convaincre de s’entendre à long terme avec l’organisation ? Rien n’est moins sûr. Heureusement, ce n’est pas du ressort du CH qui doit en revanche en profiter pour faire main basse sur les duels de demain, de jeudi face aux sharks et de samedi et lundi contre les Sabres. C’est un combo terre-mer à se farcir, question qu’on y croit encore un peu plus.