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Slafkovsky doit se secouer le pommier

Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-12-17T05:18:12Z

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Que Juraj Slafkovsky se fiche des commentaires des médias à son sujet, ça fait partie du jeu. Il n’est pas le premier joueur du Canadien à tenir pareil propos. Il y en aura d’autres.

Or, le fait demeure que Slafkovsky ne joue pas comme le jeune joueur qui s’était épanoui sous nos yeux en deuxième moitié du calendrier, la saison dernière. Il ne déploie pas la combativité d’un attaquant de puissance faisant six pieds trois pouces et 225 livres.

Il est passif le long des rampes et il ne tire pas assez au filet, un reproche qu’on lui faisait en première moitié de la saison dernière. Il ne totalise que 34 tirs et deux buts en 27 matchs.

Martin St-Louis lui a fait commencer la saison avec Nick Suzuki et Cole Caufield avant de le muter aux côtés de Jake Evans et Brendan Gallagher, au septième match. Slafkovsky a ensuite été utilisé au sein de plusieurs combinaisons, que ce soit avec les duos Newhook-Armia, Newhook-Dach ou Dach-Laine.

L’expérience Slafkovsky-Dach-Laine n’a duré que quatre matchs et deux périodes. Malgré leur imposante stature, personne n’allait chercher la rondelle dans les coins. C’est ainsi que, jeudi dernier, Slafkovsky a retrouvé ses partenaires Suzuki et Caufield lors de la débandade contre les Penguins de Pittsburgh.

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Facteur risque

Lorsqu’un jeune joueur éprouve des difficultés, son âge est toujours mis en cause. C’est vrai que Slafkovsky n’a que 20 ans.

N’empêche, la direction du Canadien n’a pas hésité à lui accorder une prolongation de contrat d’une valeur de 60,8 millions sur huit ans, qui entrera en vigueur la saison prochaine.

Était-ce la bonne chose à faire?

Slafkovsky ne montrait qu’une bonne demi-saison à son palmarès dans la Ligue nationale, après tout. L’état-major du Tricolore aurait pu lui offrir une entente de deux ans, le temps qu’il confirme que ses réalisations de la saison dernière n’étaient pas un feu de paille.

C’est le problème du hockey contemporain.

On paie les jeunes joueurs tels des vedettes d’âge mûr, alors qu’ils ont une expérience limitée de la LNH et de la vie. On leur donne des millions sans savoir ce qu’ils seront à 25 ans.

L’exercice n’est pas facile, j’en conviens.

Je n’oublierai jamais ce que Marc Bergevin m’avait dit au sujet d’Alex Galchenyuk au début de la saison 2012-2013, campagne qui avait été retardée par un arrêt de travail.

L’ancien DG du Tricolore avait comparé Galchenyuk au très sérieux Jonahan Toews, qu’il avait côtoyé à Chicago, pour son côté mature.

Pas un joueur générationnel

Slafkovsky semble être un bon garçon, mais on voit qu’il ne possède pas la confiance et la maturité d’un joueur générationnel propres à un Sidney Crosby, un Nathan MacKinnon et à un Connor McDavid, tous des premiers choix au repêchage au même titre que Slaf.

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Que l’attaquant slovaque se moque des journalistes, c’est son affaire. Mais ce n’est pas ça qui va en faire un meilleur joueur. Il y a toutefois un danger dans cette approche. Slafkovsky ne devrait pas commencer à critiquer Montréal pour tout ou pour rien. Sinon, il risque d’oublier pourquoi il est ici.

Le jeune homme a besoin d’un certain encadrement. Il ne faudrait pas qu’il devienne un flop comme Jesperi Kotkaniemi et Galchenyuk.

Dans le cas de Galchenyuk, la présence de sa famille ne l’aidait pas. Ses parents et sa sœur vivaient à ses crochets à Montréal. Il lui est arrivé de faire aussi des petites folies à l’extérieur de la patinoire.

Quant à Kotkaniemi, j’ai toujours trouvé que le Canadien avait joué d’audace en le repêchant au troisième rang. Sa feuille de route se limitait à une bonne deuxième moitié de saison, dans la Ligue élite finlandaise, l’année de son repêchage. Mais il avait le physique que les dirigeants recherchaient pour un joueur de centre.

Slafkovsky a les attributs pour devenir un solide ailier gauche dans la LNH. Un gros ailier qui s’impose dans les zones chaudes et qui lance plus souvent au filet.

À lui de se prendre en main et d’accomplir son travail.

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