Slafkovsky doit céder sa place sur le premier trio

Jean-Charles Lajoie
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Ce serait facile d’illustrer une carence évidente du Canadien et de réclamer à Jeff Gorton et Kent Hughes de bouger rapidement: le Tricolore n’a pas gagné 4 mises au jeu sur 10 à Toronto.
Certes, la ligne du centre des Leafs est parmi les meilleures de la Ligue nationale de hockey. Je crois que les solutions rapides se trouvent à l’interne afin d’avoir un meilleur équilibre en attaque.
Les partisans ont tort de croire que Juraj Slafkovsky est un attaquant de puissance. Il avait l’air de ça avant de faire son passage vers la LNH. Sa domination physique impressionnante dans les systèmes européens à circulation légère a faussé la donne.
Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est que Slafkovsky, outre une mise en échec au registre des statistiques, n’a pas fait sentir sa présence lors du premier segment sur la glace. Nick Suzuki ayant perdu la mise en jeu initiale devant Auston Matthews, le premier trio a couru après la rondelle sans parvenir à la harponner du bâton des Leafs, qui ont marqué.
Je ne panique aucunement avec le grand Slovaque qui paraît bien au sommaire avec six tirs, deux mises en échec et un tir bloqué. Il est aussi à -3, mais bon. Je maintiens qu’il serait plus judicieux de le séparer de Suzuki et de Cole Caufield, qu’il a du mal à servir adéquatement.
Zachary Bolduc serait tout indiqué pour amener le duo de choc plus loin encore. Il a vécu un camp sous le signe de l’adaptation, mais on a commencé à voir mercredi ce qu’il peut offrir.
Son jeu physique est comparable à celui de Slaf, sauf qu’il a un meilleur flair devant le filet et de meilleures mains. Son but le démontre clairement et le nombre d’occasions de marquer en pareilles circonstances va décupler avec des gars comme Suzuki et Caufield.
Slafkovsky devrait rejoindre Ivan Demidov sur les ailes de Kirby Dach, et Brendan Gallagher devrait seconder le duo Kapanen-Newhook.
Quant à l’avantage numérique, la première vague doit se doter de Demidov au détriment de Slafkovsky, qui n’a pas la combinaison finesse et vitesse d’exécution pour compléter le quatuor Suzuki-Caufield-Hutson-Bolduc.
C’est trop
Ce n’est pas un procès contre Slafkovsky. Mais qui a les mêmes chances que lui dans cette organisation? Il est boulonné sur le premier trio avec les deux attaquants les plus stables et menaçants de l’organisation et sur la première vague d’avantage numérique.
À Toronto, il a joué 19 min 42 s, une petite minute de moins que le capitaine et seulement 41 secondes de moins que Caufield. En revanche, il était sur la glace pour au moins cinq minutes de plus que les neuf autres attaquants de l’équipe; 6 min 21 s de plus que Demidov et 6 min 8 s de plus que Bolduc. Si vous trouvez ça normal, vous avez raison... Slafkovsky joue avec Suzuki et Caufield.
Si vous trouvez ça logique, vous avez tort, à moins que votre désir soit de revoir 100 sous dans le dollar investi dans le contrat gargantuesque qu’il commence à peine.