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Ski de bosses: les Canadiens font taire les critiques avec quatre hommes dans le top 10 au classement cumulatif de la Coupe du monde

Photo Didier Debusschere
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-01-18T22:04:30Z

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SAINT-CÔME | Nation dominante en bosses sur la scène internationale pendant plusieurs années, le Canada a perdu de sa prestance et les critiques ont été nombreuses à déplorer le manque de relève chez les hommes au cours des dernières années.

Dans une chronique virulente publiée quelques jours avant la Coupe du monde de Tremblant en janvier 2022 intitulée Le ski de bosses canadien à la dérive, l’ancien bosseur, entraîneur et cofondateur de B2dix Dominick Gauthier avait écrit que l’équipe canadienne masculine se résumait à Mikaël Kingsbury.

Les coéquipiers de Kingsbury avaient avalé la pilule de travers. Cette année, on assiste toutefois à un renversement de situation spectaculaire alors qu’on retrouve quatre Canadiens dans le top 10 au classement cumulatif. Il n’y a pas de trophée pour cet exploit contrairement au ski alpin, mais le Canada occupe actuellement le premier rang au classement des nations.

Quatre Canadiens dans le top 10

Si Kingsbury trône comme à son habitude au sommet du classement avant l’épreuve à la maison de Val Saint-Côme qui se déroulera en soirée vendredi et samedi, Julien Viel, Louis-David Chalifoux et Elliot Vaillancourt occupent respectivement les 7e, 8e et 10e positions.

«Les critiques ne se sont pas tant rendues à moi, a affirmé Vaillancourt. Je ne suis pas là pour prouver quelque chose, mais ça montre qu’ils étaient dans le tort. J’ai eu besoin de plus de temps pour me développer. Les résultats de cette année sont le reflet de beaucoup d’apprentissages.» 

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«J’ai entendu les critiques, mais nous avons prouvé un point en plaçant quatre gars dans le top 10, renchérit Julien Viel. Nous sommes capables encore de mieux faire. Nous avons une des équipes les plus fortes et on s’améliore en groupe. On s’est rapproché comme groupe et c’est ce qui fait notre force.» 

Premier podium en carrière

Vaillancourt a signé son premier podium le 15 décembre à Alpe d’Huez en remportant l’argent. «Assis sur la banquette de meneur jusqu’à ce que Mik me batte, j’ai ressenti un bonheur d’un autre niveau, a-t-il exprimé. J’ai éliminé les distractions, je suis plus en contrôle et mon niveau de ski continue de s’améliorer.»

S’il a obtenu son premier podium cette année, le bosseur de 24 ans estime qu’un tournant s’est produit il y a un an, ici même, à Val Saint-Côme. «J’ai atteint ma première finale en simple en carrière et ça m’a enlevé un poids énorme sur les épaules. Le ski est redevenu plaisant et la flamme est revenue. Ça déboule depuis ce moment et je suis plus confiant.»

Le plaisir retrouvé

Auteur de sa meilleure performance en carrière avec une 5e place à Bakurani en Géorgie en décembre, Viel, à l’instar de Vaillancourt, a retrouvé le plaisir de skier. «Je ressentais de la pression l’an dernier de ne pas obtenir les résultats escomptés et j’ai eu une bonne réflexion pendant la pause des Fêtes [en 2022], a-t-il raconté. Je suis un skieur avant tout et je veux m’amuser au lieu de penser uniquement aux résultats. Cette réflexion a été profitable alors que j’ai atteint ma première finale en carrière au retour à Val Saint-Côme. L’expérience acquise l’an dernier à ma première saison complète en Coupe du monde a été le déclic.»

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Photo Didier Debusschere
Photo Didier Debusschere
Première saison complète

À sa première saison complète en Coupe du monde, Chalifoux n’a pas tardé à laisser sa marque. Auteur de quatre top 10, il a notamment obtenu une 4e place en bosses parallèles le 16 décembre à l’Alpe d’Huez. «Ces résultats m’ont donné beaucoup de confiance, a indiqué le bosseur de 21 ans. Il y a un bon écart entre la [Coupe] Nor-Am et la Coupe du monde. Le plus difficile est en duel. L’intensité est très grande et tu dois être parfait dès la première ronde contrairement à la Nor-Am où tu peux t’en sortir malgré des erreurs.»

Un coach très fier

Si les jeunes sont heureux de cette éclosion, il en va de même pour l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Michel Hamelin, qui assure toutefois ne pas être surpris. «Je le savais et je suis content que ça marche. Je suis très, très fier. On a connu un creux de vague. On a travaillé fort au cours des dernières années, mais ça ne paraissait pas dans les résultats. La bataille pour les Jeux olympiques de 2026 sera très forte.»

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