Programmes d'urgences: Jagmeet Singh veut faire payer les entreprises «qui ont abusé du système»

Raphaël Pirro
Partager
Le chef du NPD, Jagmeet Singh, promet d’aller chercher l’argent accordé en aide aux grandes entreprises qui ont profité des programmes d’aide d’urgence pour payer des dividendes à leurs actionnaires ou augmenter les gains de leurs cadres.
• À lire aussi: «C’est à vous de vous exprimer», lance Trudeau aux Canadiens
• À lire aussi: Premier jour de campagne: la vaccination obligatoire pourrait s'imposer dans le débat
«Dans cette élection, on a un choix», a-t-il établi: «un choix entre Justin Trudeau, qui laisse les ultrariches abuser du système», ou un gouvernement néo-démocrate qui «va forcer ces compagnies à rembourser cet argent».
Quelques reportages publiés au Canada anglais à la fin de 2020 faisaient état d’entreprises privées qui avaient profité des généreux programmes d’aide liés à la pandémie, incluant la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC), pour s’en mettre plein les poches.
Le Toronto Star, par exemple, révélait que les trois plus grandes compagnies d’établissements de soins de longue durée de l’Ontario avaient empoché 138,5 M$ en aide gouvernementale entre janvier et septembre 2020, mais avait quand même versé 171 M$ à ses actionnaires dans la même période.
M. Singh n’a pas chiffré le montant qu’il pourrait faire rembourser avec cette mesure, mais a souligné qu’il y avait «plusieurs outils» pour ce faire. «On sait que c’est un grand montant d’argent qu’on peut avoir pour réinvestir dans les gens», notamment à travers les programmes d’aide actuellement en place qu’il souhaite prolonger, a-t-il suggéré.
Le NPD accuse depuis des années le Parti libéral du Canada de protéger les ultrariches, dont il promet de faire payer «leur juste part». Ce sera un des points centraux avancés par la formation de gauche d’ici la fin de la campagne.
Une date pour la vaccination obligatoire
La vaccination obligatoire pour les employés de l’État fédéral est appuyée sans réserve par le NPD.
Jagmeet Singh trouve même que le gouvernement libéral a trop pris son temps avant de proposer la mesure.
«Il est décevant de voir Justin Trudeau refuser de s’engager sur un échéancier concernant les vaccins obligatoires et le passeport vaccinal. S’il était sérieux au sujet de la protection des familles, il va fixer un véritable délai pour que ça soit fait. Tant qu’il ne le fera pas, ses promesses sur la vaccination obligatoire ne seront que des paroles en l’air», a-t-il déclaré.
Une date butoir a été proposée, soit la fête du Travail, le 6 septembre prochain.
Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a fixé à la fin octobre l’entrée en vigueur de la mesure pour les employés et les passagers à bord de trains interprovinciaux, de bateaux de croisière et d’avions commerciaux.