Simon Gagné ne voit pas d'étincelle chez les joueurs des Maple Leafs
Il doute de la capacité des Leafs de remonter la pente face aux Panthers


Jonathan Bernier
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Quatre fois seulement dans l’histoire de la LNH, une équipe est parvenue à combler un déficit de 0-3 pour se sauver avec les honneurs d’une série. Les Maple Leafs ont fait un premier pas dans cette direction en l’emportant mercredi soir. Toutefois, le chemin à parcourir est encore long. Et, apparemment, ils n’ont pas dissipé tous les doutes à leur endroit.
« Je ne vois pas d’indice qui me permet de croire qu’ils vont y arriver. Quand je regarde leurs joueurs, les entrevues qu’ils donnent après les matchs, je ne vois pas la même étincelle que celle qu’on avait. »
Simon Gagné est l’un des rares anciens joueurs à pouvoir se targuer d’avoir réussi l’impossible. Au deuxième tour des séries éliminatoires de 2010, ses coéquipiers des Flyers et lui avaient fait le coup aux Bruins.

« J’ai déjà fait partie d’autres équipes qui tiraient de l’arrière 0-3 et je ne ressentais pas la même vibe que celle qui régnait dans notre vestiaire en 2010 », a-t-il indiqué lorsqu’il a rappelé Le Journal, au terme de l’entraînement des Remparts.
Aborder les matchs à la fois, disputer une période à la fois, se concentrer sur une présence à la fois. Éviter de regarder trop loin. Gagné le souligne lui-même, c’est un gros cliché. Mais il assure que c’est la recette à suivre.
« Sinon, la montagne est bien trop haute », a-t-il ajouté.
Tout le monde doit y croire

Demeurer dans le moment présent, c’est bien beau. Mais pour passer à travers une épreuve semblable, ça prend de la résilience. Et dans un groupe de 20 individus, le niveau de résilience peut varier grandement.
« C’est certain qu’à 0-3, le pourcentage de gars qui y croit n’est pas très élevé. Mais quand ton noyau y croit, c’est plus facile d’embarquer le reste de l’équipe, a raconté Gagné, auteur du but gagnant du septième match de cette série, en prolongation. À mesure qu’on gagnait des matchs, ils étaient de plus en plus nombreux à embarquer. Je pense que rendu au sixième et au septième match, tout le monde y croyait. »
Et quand Gagné dit que ça prend tout le monde, il veut dire tout le monde.
« La direction, les entraîneurs, le staff. Tu dois le sentir, même du gars de l’équipement et du soigneur. »
Le plus beau parcours
Et plus tu gagnes de matchs, plus la pression se transpose sur l’équipe qui voit son avance fondre. Gagné raconte que c’est à partir de la victoire de 4 à 0 acquise au domicile des Bruins, dans le 5e match, qu’il a réellement senti le vent tourner.
« On savait qu’il n’y avait aucune chance qu’ils nous battent chez nous. On était sûrs de provoquer un match ultime. Et dans un septième match, tout peut arriver. »
C’est tellement vrai que les Flyers ont vu les Bruins prendre les devants 3 à 0 dans cette rencontre avant d’inscrire quatre buts sans riposte. Encore une fois, c’est Gagné qui a marqué le but décisif.
« On avait une équipe unie et déterminée, des coéquipiers qui se serraient les coudes. C’est un des plus beaux parcours que j’ai vécus. »
Jusqu’en finale
Les Flyers avaient surfé sur cet élan pour battre le Canadien en cinq rencontres avant de s’incliner face aux Blackhawks en grande finale.
« C’est certain que c’est cette remontée qui nous a propulsés jusqu’en finale. Ça, et le fait que tout le monde au Québec disait que le Canadien l’aurait facile après avoir éliminé les Capitals et les Penguins », a tenu à rappeler l’athlète de Sainte-Foy.
D’ailleurs, incluant les Maple Leafs de Toronto de 1942, qui se trouvaient déjà en finale au moment de leur remontée, trois des quatre formations miraculées ont atteint la ronde ultime.
« Quand tu reviens d’un déficit de 0-3, même d’un retard de 1-3, ça regroupe une équipe. Si les Leafs sont capables de faire ça, ils seront dangereux. »
Mais c’est loin d’être fait.
« Ils ont du talent, mais ils affrontent une équipe en mission. Et les Panthers ont des joueurs faits pour les séries. Pas les Leafs, à part [Ryan] O’Reilly. »