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Si le Canadien suit son plan, il doit échanger Samuel Montembeault

Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2023-11-28T20:30:00Z

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Les fidèles amateurs disciples de la reconstruction du Canadian s’enflamment quand on s’impatiente avec la progression de l’équipe. Ils pardonnent à peu près tout au nom du progrès éventuel. Mais si on veut être conséquent, patient et logique, il faut donc échanger Samuel Montembeault.

L’excellente analyse de mon collègue Kevin Dubé expose d’ailleurs bien le problème de Kent Hughes.

Montembeault a 27 ans. Les statistiques exposent que les gardiens s’améliorent jusqu’à 29 ans et qu’ensuite, c’est la dégringolade.

Les chiffres de la firme Sportlogiq sont éloquents.  

Quand on analyse le nombre de mauvais buts accordés par rapport au nombre de buts sauvés, on réalise qu’à partir de 30 ans, les gardiens tombent dans le négatif.

Autrement dit, ils accordent plus de mauvais buts qu’ils sauvent des buts. 

Certes, ce sont seulement des statistiques. Il y a des exceptions. On peut aussi se fier à notre instinct pour évaluer l’avenir d’un gardien. Mais il y a une raison pour laquelle toutes les équipes de la LNH ont maintenant une division de statistiques avancées dans leur direction.

Au black-jack, si vous jouez par instinct au lieu de vous fier aux probabilités, vous serez rapidement ruiné.  

Il risque de ralentir

Revenons à Montembeault. Il s’améliore. Il montre des signes d’un gardien qui pourrait devenir un numéro un.

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Mais, mathématiquement, il lui reste encore deux saisons à son apogée. Après, il risque fort de ralentir.  

Dans deux ans, le noyau sera encore trop jeune pour aspirer à gagner. Caufield aura 24 ans, Guhle, 23 ans. David Reinbacher, Logan Mailloux et Slafkovsky n’auront pas encore un gros impact. Et l’année d’après non plus, probablement.  

Mais quand les espoirs du CH en auront de l’impact, et que le noyau actuel en sera un de vétérans (Caufield, Suzuki, Guhle, Dach), Montembeault risque de ne plus être la solution devant le filet.  

La valeur de Montembeault n’a jamais été aussi élevée qu’en ce moment. Elle vaut de l’or pour une équipe qui veut reconstruire. Plusieurs équipes se cherchent de la stabilité dans les buts. Des directeurs généraux peuvent s’emballer pour sauver leur peau, surtout en Alberta, je parle de l’équipe huileuse. 

Le Canadien n’obtiendra pas Wayne Gretzky en échange. Mais s’il peut recevoir un choix de deuxième ronde ou un jeune joueur qui peut avoir son utilité à plus long terme, c’est intéressant. Surtout quand on se rappelle que Montembeault a été obtenu via le ballottage. 

On voit très bien que la victoire n’est pas encore si importante à Montréal cette année. Sinon, Montembeault serait plus souvent devant le filet, tandis que Josh Anderson ne serait plus sur le jeu de puissance.

Et l’équipe ne ferait pas plein de tests pour voir si Caufield peut générer de l’attaque même en jouant avec Christian Dvorak.  

Le prix à payer pour reconstruire

Si le CH veut suivre son plan de reconstruction, il doit échanger Montembeault pour obtenir quelque chose qui sera plus utile dans trois, quatre ou cinq ans.

C’est plate, mais c’est un autre prix difficile à payer dans un processus de reconstruction. Cayden Primeau et Jake Allen devront garder le club dans les matchs en attendant que Kent Hughes trouve la solution d’avenir devant le filet. Ils ne gagneront pas le trophée Vézina, mais pour l’instant, ils ne font pas perdre leur équipe quand ils sont devant le filet. C’est juste qu’ils ne font pas gagner le club non plus. 

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