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Si ça marchait au mérite, quel aurait été le salaire des joueurs du CH?

Sur 22 joueurs, 15 gagneraient plus que ce qu’ils ont été véritablement payés

Getty Images via AFP
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-04-18T04:00:00Z

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Comme si c’était un jeu de simulation de ligues sportives, j’ai tenté de coller un salaire à chaque joueur du Canadien en fonction de son importance durant la saison. Comme si ça fonctionnait uniquement au mérite.

Évidemment, on s’amuse. Ça ne tient pas compte de l’expérience, ou des contrats à long terme où on sait très bien que ce sera un jour plus lointain une aubaine, mais un trop gros salaire au départ. Ça ne tient pas compte non plus du potentiel, de l’âge ou du salaire actuel du joueur. C’est uniquement pour leur impact cette année avec le Canadien.

L’exercice permet tout de même d’analyser la différence entre le coût d’un joueur et son bénéfice pour l’équipe.

Voilà comment je m’y suis pris: je suis parti avec la somme de 83,5 M$ (plafond salarial de la LNH cette saison). J’ai retranché 15,7 M$ pour payer les véritables salaires des joueurs blessés ou de ceux que le CH paie toujours: Dvorak, Dach, Wideman, Edmundson, Petry, Allen, notamment.

Ensuite, j’ai réparti le reste, soit 67,8 M$, parmi les joueurs qui ont joué plus de 40 matchs.

Sur 22 joueurs, 15 gagneraient plus que ce qu’ils ont été véritablement payés. C’est beaucoup. C’est une bonne et une mauvaise nouvelle. D’un côté, ça veut dire que la direction réussit à économiser. D’un autre, ça indique que plusieurs joueurs commanderont plus d’argent à terme. Voici ce que ça donne:

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NICK SUZUKI 8 M$ (SALAIRE 7,85 M$)

Il a été le plus important de l’équipe. Sans lui, le Canadien serait véritablement dans la course pour Macklin Celebrini.


MIKE MATHESON 7 M$ (SALAIRE 4,875 M$)

Oui, il a fini à -23. Mais il a été le troisième joueur le plus utilisé en moyenne par match alors qu’il aime se porter en attaque et qu’il est au sein d’une équipe mauvaise défensivement. Brouillon en avantage numérique en début de saison, il est devenu un solide quart-arrière. Une chance qu’il était là.


CAUFIELD 6,5 M$ (SALAIRE 7,85 M$)

Autant de points à 23 ans, c’est arrivé moins de 20 fois dans l’histoire du Canadien. Il n’a pas fait 40 buts, mais il a aidé le premier trio à être très souvent le seul qui menaçait.


MONTEMBAULT 6 M$ (SALAIRE 1 M$)

Ses statistiques sont correctes, sans plus. Mais seuls les Blue Jackets et les Sharks ont donné autant de lancers en moyenne par match dans la LNH. Devant de jeunes défenseurs et des attaquants souvent confus dans leur zone, le gardien québécois a été solide. C’est un peu grâce à lui si le Canadien a seulement perdu par un but si souvent.


SAVARD 5,5 M$ (SALAIRE 3,5 M$)

Difficile de ne pas reconnaître l’impact de David Savard. On entend souvent qu’il aide beaucoup les jeunes et sert de mentor. Mais c’est secondaire quant à moi. S’il vaut plus que son salaire, c’est à cause de son jeu. Il a terminé avec un différentiel de 0, il s’est sacrifié pour bloquer des tirs, il a été surprenant avec la rondelle, bref, une chance aussi qu’il était là.

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SLAFKOVSKY 4 M$ (SALAIRE 950 000 $)

Il a transformé le premier trio quand il a débloqué dans le temps des Fêtes. Sa gestion de la rondelle, sa combativité et sa vitesse ont fait de lui un joueur déjà important avec l’équipe.


GUHLE 4 M$ (SALAIRE 863 000 $)

Son coup de patin et son intelligence ont grandement aidé l’équipe, surtout les relances. À 22 ans, on comprend qu’il puisse encore faire quelques erreurs. Mais lui aussi a déjà un rôle important dans l’équipe.


NEWHOOK 3 M$ (SALAIRE 2,9 M$)

Après seulement 66 points en 159 matchs au Colorado, on ne s’attendait pas à des miracles de Newhook, mais il a très bien fait avec plus de 30 points en 55 matchs. Il patine comme le vent et a démontré qu’il peut avoir sa place dans un top 9 d’une bonne équipe de la LNH.


PRIMEAU 2,5 M$ (SALAIRE 890 000$)

Une moyenne en bas de 3 avec le CH de cette année, il fallait le faire. Le grand gardien a fait du bon travail comme réserviste en 22 matchs. Ce n’est pas gênant du tout comme auxiliaire.


EVANS 2,5 M$ (SALAIRE 1,7 M$)

C’est l’attaquant qui a le plus joué dans la ligue en infériorité numérique. Il a encore excellé sur les mises en jeu. Il a fait un excellent boulot dans sa zone. Mais évidemment, il doit réussir à produire plus pour gagner plus d’argent. Ça se trouve plus facilement que des marqueurs, des joueurs comme ça.


ARMIA 2,5 M$ (SALAIRE 3,4 M$)
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Son contrait est moins dur à avaler avec sa deuxième moitié de saison. On l’a même vu sourire. J’ai été cinglant avec lui par le passé, mais tant mieux s’il a fini par recommencer à vouloir jouer au hockey, car il est capable. Vingt-quatre points en 65 matchs, ça demeure quand même une production modeste. Il ne faut pas s’emballer non plus.


HARRIS 2,5 M$ (SALAIRE 1,4 M$)

Ç'a tellement l’air facile de jouer au hockey quand on patine vite comme lui. Plus discret dans son jeu, Harris a tout de même démontré qu’il était capable de bien jouer dans la LNH. On aimerait toutefois le voir générer plus de chances offensivement.


XHEKAJ 2,5 M$ (SALAIRE 828 333$)

Le simple fait qu’il soit en uniforme aide le Canadien. Vous comprenez ce que je veux dire. Mais il est aussi capable d’être un bon défenseur, de bien donner la rondelle, de bien patiner. Il manque toutefois de constance pour être mieux payé.


GALLAGHER 2 M$ (SALAIRE 6,5 M$)

Avec un temps de jeu limité comme joueur de profondeur, Gallagher n’a pas été si mauvais avec près de 30 points. C’est évidemment loin de son vrai salaire. Mais il ne mérite pas le minimum non plus. Il continue de déranger, de foncer au filet et d’embêter les défenseurs adverses dans les coins.


STRUBLE 2 M$ (SALAIRE 925 000$)

Il a démontré qu’il pouvait être un défenseur fiable sur une troisième paire. Il n’a peur de rien et peut être très robuste. Mais ce n’est pas le plus rapide, ni le meilleur avec la rondelle. Son impact a été limité. Il est interchangeable, disons, pour l’instant.

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HARVEY-PINARD 1,75 M$ (SALAIRE 1,1 M$)

Je suis tristounet de le placer aussi loin, car comment ne pas s’attacher à ce joueur si spécial? Malheureusement, les blessures l’ont ralenti une bonne partie de l’année. Dix points en 44 matchs, même s’il peut être utilisé dans toutes les missions de l’équipe, c’est insuffisant pour être payé plus.


KOVACEVIC 1,5 M$ (SALAIRE 766 667$)

Je l’aime bien, mais il est aussi interchangeable. Il fait tout assez bien, mais pas tant que ça. Son impact a été limité.


BARRON 1,25 M$ (SALAIRE 925 000$)

J’y crois quand même à Barron. Je sais qu’on commence à être moins dans mon camp, mais il démontre des «flashs» exceptionnels. Mais il sait bien qu’il doit générer plus d’attaque, donc il se met à risque parfois, donc il fait des bévues. Quand ça va bien, il vaut beaucoup plus que le minimum. Quand ça va mal, il ne mérite pas de jouer dans la LNH.


ANDERSON 1 M$ (SALAIRE 5,5 M$)

J’ai failli lui donner le salaire minimum, mais je me suis retenu, peut-être par pitié. C’est une saison évidemment catastrophique. Mais il n’a pas été mauvais à chaque présence non plus. De temps en autre, il est capable de transporter la rondelle et d’embêter les défenseurs adverses.


PEARSON 750 000$ (SALAIRE 3,25 M$)

C’est pas mal la fin de parcours pour le vétéran. Il a connu un début de saison intéressant, avant de démontrer qu’il n’était plus assez bon pour être un joueur de profondeur dans une équipe de fond de classement.


PEZZETTA 750 000$ (SALAIRE 812 500$)

Les entraîneurs avaient l’air inquiets d’envoyer Pezzetta dans la mêlée en zone défensive. C’est dommage, car il en a mangé, des coups, pour rester dans la LNH, mais malheureusement, le jeu est trop vite pour lui, même sur un 4e trio.


YLONEN 750 000$ (SALAIRE 775 000$)

J’avais prédit qu’il allait être la surprise de l’année chez le CH. Je l’ai échappé pas à peu près. Je savais qu’Ylonen n’était pas robuste, mais je ne savais pas à quel point il manquait de caractère pour récupérer des rondelles. Son talent est indéniable, mais il doit être seul devant un gardien, comme en fusillade.

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