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Shea Weber est magané: la blessure qui a écourté sa carrière n’est pas celle que vous pensez

Getty Images via AFP
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2024-11-08T22:09:10Z

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TORONTO | Shea Weber s’ennuie du hockey. Depuis son dernier match, le 7 juillet 2021, pas une journée ne passe sans qu’il ne s’imagine encore avec les patins aux pieds.

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«Ce qui me manque le plus, c’est d’être avec les gars, la camaraderie, a indiqué l’ancien capitaine du Canadien, qui sera intronisé lundi soir au Temple de la renommée du hockey. Les luttes et la compétition, autant dans les entraînements que lors des matchs, ça ne se retrouve nulle part ailleurs.»

Près de trois ans et demi se sont écoulés depuis que le défenseur, agenouillé sur la glace du Amalie Arena, regardait, impuissant, les joueurs du Lightning de Tampa Bay célébrer leur deuxième coupe Stanley consécutive.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

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Lundi soir, il deviendra un immortel du hockey. Une façon de boucler la boucle pour celui que les blessures ont poussé à la retraite après une carrière de 1038 matchs. La fierté du moment l’aide à résorber sa plaie, mais elle n’est pas encore tout à fait guérie. Il est encore meurtri.

«Ça s’atténue à mesure que les années passent. Mais disons que la première a été particulièrement difficile. Parce que j’essayais de revenir», a-t-il raconté, quelques instants après avoir reçu sa bague du Temple.

Incapable de sortir du lit

C’est au cours de cette fameuse saison, dans le cadre d’une visite à Seattle en octobre, que Jonathan Drouin s’était échappé en disant que Weber avait pris sa retraite. Il semble que, à ce moment, la décision n’était pas définitive. Mais celui que le Canadien avait acquis en retour de P.K. Subban a dû se rendre à l’évidence.

«C’était tellement douloureux, a-t-il soutenu. Pendant la saison écourtée, le calendrier était tellement condensé que je ne savais même pas si je serais capable de passer au travers», a raconté Weber, à propos de la deuxième campagne compromise par la COVID-19.

«Je n’étais même pas capable de sortir du lit. J’étais magané, a-t-il poursuivi. Les séquelles de toutes les opérations que j’avais subies revenaient à la surface. Je voulais me donner une dernière chance, mais c’était de pire en pire.»

Weber raconte que dans les derniers miles de cette campagne qui a amené de façon surprenante le Canadien à la finale de la Coupe Stanley, il était incapable d’emprunter un escalier sans se tenir après la rampe et descendre de côté.

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Ménisque, aine et tendons du pouce déchirés, cheville cassée, son corps était tout enrubanné pour lui permettre de jouer, au point qu’il avait l’impression d’être « comme une momie ».

Le corps de Weber avait beau tomber en lambeaux, il s’était assuré que son entourage ne s’en rende pas trop compte.

D’ailleurs, à part le personnel médical de l’équipe et son père, personne, pas même les entraîneurs, n’était au courant de la déchirure à l’aine qu’il a trainé pendant toute cette finale de 2021. Blessure qu’il a révélée vendredi.

La blessure qui a tout changé

Non, Shea Weber n’a pas été épargné par les blessures au cours de sa carrière. Mais celle qui aura marqué le début de la fin, c’est celle qu’il a subie en bloquant un tir de Jack Eichel, à l’époque des Sabres de Buffalo, lors du tout premier match de la saison 2017-2018.

«Le tir m’avait atteint directement à la cheville. J’étais rentré directement au banc, a raconté Weber. J’ai tout de suite pensé que j’avais une fracture, mais les radiographies prises sur place ne montraient rien de concluant. J’aurais peut-être dû demander un autre avis plus rapidement.»

Non seulement il ne l’a pas fait, mais il a continué à jouer sur cette blessure jusqu’à la mi-décembre. Deux mois au cours desquels il s’est absenté pendant sept rencontres.

«J’aurais pu aller m’asseoir sur la passerelle pendant quelques semaines, ça aurait possiblement étiré ma carrière de quelques saisons, a-t-il déclaré. Mais ce n’est pas la façon dont je joue.»

«Pourvu que je ne sois pas une nuisance pour l’équipe, je veux toujours être là pour elle, peu importe le niveau de douleur. C’est le type de leader que j’ai toujours voulu être», a-t-il poursuivi.

Aujourd’hui, même si ses jambes le font encore souffrir, il n’éprouve aucun regret.

«Je suis tellement reconnaissant de ce que le hockey m’a apporté, a-t-il soutenu. J’ai joué tous les matchs comme si c’était mon dernier. Je suis fier d’avoir tout laissé sur la glace.»

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