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Denis Shapovalov n’a pas dormi pendant deux jours

Denis Shapovalov lors d’une conférence de presse au tournoi de tennis de l’Omnium Banque Nationale, au stade IGA, à Montréal, le lundi 5 août 2024.
Denis Shapovalov lors d’une conférence de presse au tournoi de tennis de l’Omnium Banque Nationale, au stade IGA, à Montréal, le lundi 5 août 2024. Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-08-05T14:59:50Z

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La disqualification de Denis Shapovalov en quarts de finale à Washington vendredi l’a grandement affecté. Et même lundi devant les journalistes à Montréal, il semblait encore troublé par les événements.

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«Les derniers jours n’ont pas été faciles, ni pour moi ni pour mon équipe. Je n’ai pas dormi pendant deux nuits. Je n’ai pas eu la chance de bien récupérer. Pendant plus de 48 heures, je ne pensais qu’à ça. C’était très stressant», a-t-il raconté.

«À un certain moment après le match, c'était tellement injustice que je n’étais pas certain de jouer cette semaine, ou même tout court. J’avais l’impression qu’on m’avait volé quelque chose sans raison valable», a exprimé l’ancienne 10e raquette au monde.

Shapovalov sait qu’il «n’est pas un ange sur le court». À 17 ans, il avait aussi été exclu d’un match de la Coupe Davis pour avoir atteint involontairement un arbitre avec une balle. Cette disqualification avait mené à une défaite du Canada face à la Grande-Bretagne.

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«Je méritais certainement un avertissement [vendredi] et ça aurait dû s’arrêter là», a poursuivi l’Ontarien de 25 ans, visiblement encore bouleversé par son expulsion pour avoir tenu des propos antisportifs.

«Disproportionnée»

Il a automatiquement perdu tous ses points de classement et sa bourse de 73 600$ CAN.

Trois jours plus tard, l’ATP a accepté l’appel du clan du jeune homme. Bien que la décision de l’arbitre Greg Allensworth était la bonne, un comité a conclu que la perte des points et de l’argent était une conséquence «disproportionnée» dans ce cas précis, a expliqué l’ATP sur son compte X.

Soulagé, le 106e joueur mondial, qui tente de remonter la pente après avoir raté plusieurs mois d’activité en raison d’une blessure au genou gauche, devra toutefois payer une amende de 50 400$ CAN.

«Je vais aussi essayer de me battre pour faire diminuer cette amende, a soutenu Shapovalov. J’en mérite une pour avoir dit de gros mots, mais le montant est trop élevé considérant que personne ne les a entendus. Il n’y avait rien là.»

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

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«Pas dirigé vers personne»

Celui ayant déjà soulevé la foule montréalaise en venant à bout de Rafael Nadal en 2017 a reconnu avoir utilisé un langage inapproprié lorsque son rival Ben Shelton s’apprêtait à servir pour le match lors du bris d’égalité de la deuxième manche. L’Américain avait remporté le premier set 6-7 (5). Après avoir fait rebondir violemment sa raquette au sol, le bouillant Canadien a semblé ensuite échanger avec un spectateur.

«Ce n’était pas dirigé vers personne et la reprise vidéo en a fait la preuve. On me voit parler à mon box», a-t-il assuré.

«Il n’y avait rien eu préalablement durant le match, alors j’aurais pu recevoir un avertissement pour des propos injurieux. Ça n’aurait pas dû aller plus loin. C’était malheureux pour moi, mais aussi pour Ben. On disputait un bon match et c’est dommage que ça se soit terminé ainsi. Je ne crois pas que c’était nécessaire.»

Photo GETTY IMAGES / AFP
Photo GETTY IMAGES / AFP

Tourner la page

Heureux de pouvoir passer à autre chose et de «revenir au Canada devant ses partisans», Shapovalov a apprécié le soutien d’autres joueurs, dont celui de l’Allemand Alexander Zverev, de Shelton, qui a bien tenté de convaincre l’arbitre de poursuivre le match, et de Vasek Pospisil.

Comme son compatriote la veille, «Shapo» estime que les «règles doivent changer».

«Il y a des dizaines d’exemples bien pires, pour lesquels il n’y a eu aucune sanction. Il y a un manque de constance, a-t-il pointé. Il faut mieux protéger les joueurs.»

Toute cette situation est dommage pour Shapovalov, qui connaissait de bons moments, ayant battu facilement l’Espagnol Roberto Bautista Agut et le Français Adrian Mannarino, deux ex-tops 20 mondiaux, avant d’éliminer le Serbe Miomir Kecmanovic (27e) en trois manches.

Espérons qu’il aura réussi à tourner la page pour se concentrer sur le tournoi de Montréal. Détenteur d’un laissez-passer, Shapovalov doit affronter un joueur issu des qualifications au premier tour. Mais avant, il pourra chasser les mauvais esprits en jouant en double aux côtés de Pospisil, mardi après-midi.

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