Seul Québécois de la finale de la coupe Stanley: A.J. Greer a déjà failli tout lâcher


Jonathan Bernier
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EDMONTON | A.J. Greer sera le seul Québécois en uniforme dans cette finale de la coupe Stanley. Un privilège que le Joliettain n’a pas volé.
« C’est incroyable! La finale de la coupe Stanley, c’est un rêve d’enfance. Mais pour me rendre ici, ça m’a pris beaucoup d’énergie mentale. Plus que physique », a-t-il déclaré, entouré de quelques médias francophones s’étant déplacés dans la capitale albertaine.

Avant de parvenir à cette étape ultime, l’attaquant de 28 ans a mangé son pain noir et roulé sa bosse entre les organisations de l’Avalanche, des Devils, des Bruins, des Flames et des Panthers. Tantôt dans la LNH, trop souvent dans la Ligue américaine.
« Le chemin qui mène à la LNH, ce n’est pas toujours glorieux. Il y a beaucoup d’obstacles, d’événements qui ne vont pas de ton côté », a raconté celui que les Panthers ont acquis sur le marché des joueurs autonomes en juillet dernier.
« J’ai toujours eu le sentiment que je pourrais accomplir de belles choses dans le hockey. Mais, il y a quelques années, à Bridgeport, j’ai failli tout lâcher », a-t-il poursuivi.
Greer ne voyait pas le bout de son purgatoire. En quatre saisons chez les professionnels, il n’avait disputé que 38 matchs dans le circuit Bettman.
« Il y a beaucoup de gars qui, après quatre ou cinq ans, n’ont plus le goût [de se faire trimballer d’une place à l’autre]. Ils décident d’arrêter ou de s’en aller en Europe, a-t-il mentionné. Il faut être fort mentalement pour passer à travers ça. »
Une douche froide
Le voici donc, quatre ans plus tard, à quatre victoires de graver son nom sur la précieuse coup Stanley. Un fait d’armes qu’il pourrait réaliser à sa toute première présence en séries éliminatoires. Un autre moment qui, a-t-il cru, n’arriverait jamais.
Surtout qu’à la première occasion qui s’est présenté à lui, en 2023 avec les Bruins, il a dû se contenter d’un rôle de spectateur.
« J’ai été rayé de la formation durant toute la série contre les Panthers. Je l’ai tellement pris personnel, se rappelle-t-il. J’avais joué toute l’année puis, soudainement, je m’étais retrouvé à être le gars de trop. »
Au moins Greer n’avait pas eu à ronger son frein bien longtemps. Champions du calendrier régulier en raison de leur saison record de 65 victoires et 135 points, les Bruins s’étaient fait éliminer en sept matchs dès le premier tour.
Enfin un impact
Cette fois, le Québécois ne s’est pas fait jouer de mauvais tour. Après avoir disputé 81 des 82 rencontres des Panthers, il a revêtu son uniforme lors de 12 des 17 matchs de l’équipe depuis le début du tournoi, dont le septième de la série contre les Maple Leafs.
De plus, il est celui qui a inscrit le but gagnant lors de la première confrontation face aux Hurricanes dans la finale de l’Association de l’Est.
« J’ai eu un impact dans les séries et je me retrouve en finale. Ce sont des moments auxquels tu arrêtes de croire dans les périodes plus difficiles », s’est-il réjoui.
Des périodes creuses qui lui permettront de savourer le moment davantage advenant le cas où les Panthers seraient sacrés champions pour une deuxième fois de suite.