Ses parents ont fui la guerre pour s'installer au Québec et le voici aux portes de la LNH


Kevin Dubé
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Son père est Ukrainien, sa mère Russe. Il est né en Israël, mais ses parents ont fui le pays en raison de la guerre quand il avait deux ans. De tous les espoirs québécois admissibles au prochain repêchage de la LNH, on vous met au défi de trouver une histoire plus fascinante que celle du défenseur des Olympiques de Gatineau Michel Myloserdnyy. Vous n’en trouverez pas.
Les parents du défenseur format géant de 6 pi 7 po et 220 lb étaient des joueurs professionnels de volleyball dans leurs pays respectifs et se sont rencontrés, au début des années 2000, lors d’une compétition.
«Au début, je me demandais ce qu’il me voulait. Je n’étais pas intéressée! Mais, finalement, il a réussi et ça fait 25 ans qu’on est ensemble», raconte au bout du fil la sympathique maman de Michel qui nous a demandé de conserver son anonymat en raison de son lien avec Israël et des tensions qui persistent à l’international.
Israël, c’est là où le jeune couple a décidé de s’installer et où ils ont donné naissance, en 2005, au premier enfant de la famille, Danel.
Trois ans plus tard, en 2008, c’était au tour de Michel de voir le jour.
Mais, rapidement, les Myloserdnyy ont compris que ce n’est pas en Israël qu’ils voulaient voir leurs enfants grandir.
«Nous avions de bons emplois là-bas et tout, mais la guerre n’arrêtait pas. Mon mari mesure 6 pi 5 po et on savait que nos garçons seraient grands aussi. Là-bas, si tu es grand et imposant physiquement, tu vas être le premier à devoir t’enrôler dans l’armée. On s’est dit que pour la sécurité de nos enfants, on allait choisir une vie plus calme pour eux», raconte maman Myloserdnyy.
Le hockey plutôt que le volley
Le couple a donc dû mettre une croix sur leur vie là-bas, ainsi que sur le volleyball, et a mis le cap sur le Canada.
«On a quitté avec nos valises et c’est tout. On est reparti de zéro.»
Et dès leur arrivée en sol québécois, à Longueuil précisément, c’est le hockey qui a pris toute la place.
«Le volleyball, c’était fini pour nous. On a commencé à se diviser pour le hockey puisque nos deux fils jouaient.»
Et les deux jeunots sont tombés en amour avec ce sport.
«J’ai joué un an au volleyball et, honnêtement, j’étais bon, mais j’ai trop d’amour pour le hockey», lance quant à lui Michel Myloserdnyy, rencontré lundi dernier en marge du match des espoirs de la LHJMQ à Sherbrooke.
Leurs parents avaient vu juste, d’ailleurs, puisqu’en plus de Michel qui fait 6 pi 7 po, Danel, lui, mesure 6 pi 4 po et évolue pour les Nationals de Rockland, au niveau junior A en Ontario.
Une fierté
À 17 ans, Michel se retrouve maintenant aux portes d’un rêve qui semblait impossible, en 2010, quand ses parents ont quitté Israël pour s’établir au Canada avec rien sauf l’espoir d’une vie meilleure pour leurs garçons.
Lundi, la Centrale de recrutement de la LNH lui a donné la cote de «W», signifiant qu'il est pour l'instant considéré comme un espoir potentiel dans les rondes tardives.
Un recruteur nous mentionnait toutefois en début de saison être passablement intrigué par le jeune colosse, en raison de son potentiel développable.
«C’est un géant difficile à affronter et qui fait payer le prix à ses adversaires», nous le décrivait-il.
Et qu’il soit repêché ou non, en juin prochain, sa maman ne pourrait être plus fière de son petit garçon, devenu (très) grand.
«Nous étions une famille d’immigrants et on ne pouvait pas se permettre d’acheter des patins à 600$ ou des bâtons à 400$ à nos fils. C’était difficile pour eux parce qu’ils voyaient les autres autour d’eux. On a donné le maximum qu’on pouvait et on est très fiers de lui.»