Séries : le dernier clou dans le cercueil du CH

Jean-Charles Lajoie
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Le Canadien va tenter de freiner à trois sa série de défaites ce soir contre le Wild, soit...
Le Tricolore demeure dans le «mix», en ce sens qu’il peut encore espérer se tailler une place en séries de fin de saison. Voilà pour la ligne de communication officielle.
Dans les faits, si on se met à la place de Jeff Gorton et Kent Hughes deux secondes, est-ce bien raisonnable que les têtes dirigeantes du CH entretiennent le même espoir?
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Est-ce que ce serait de la gestion responsable de leur part que de pousser afin que l’équipe puisse se tailler une place en séries? La réponse s’est imposée d’elle-même depuis 10 jours et c’est catégoriquement «non».
Ce n’est pas qu’une affaire de classement. Il y a la manière, puis les fameux impondérables. Dans le cas du Canadien, les blessures sont toujours les pires. L’absence prolongée de Kaiden Guhle vient fragiliser une brigade défensive qui s’était stabilisée à l’arrivée d’Alexandre Carrier.
Il fallait que tout le monde reste en santé pour que l’espoir de séries demeure vivant. La perte de Guhle force «Gorton & Hughes & associates» à un constat brutal : les séries, ce ne sera pas pour cette année.
Soyons honnêtes, le Canadien est au cœur d’une reconstruction. Le spasme de quelques mois, traduit en victoires inspirantes et en un spectacle excitant au possible a été formidable autant qu’il a permis de vraiment espérer entrer dans la grande danse.
Toutefois, le retard qui a été pris en début de calendrier a aplati complètement la marge d’erreur de l’équipe. L’actuelle série de trois défaites et la blessure à Guhle font office de dernier clou dans le cercueil du CH.
Je sais que ça sonne alarmiste, mon affaire. Ça ne l’est pas. Je m’en vais au Centre Bell ce soir avec un réel espoir que le Canadien freine sa vilaine séquence, mais je suis observateur averti et partisan, je ne suis pas directeur général de l’équipe.
Kent Hughes ne regarde pas les matchs de son club avec la même lunette que vous pis moi. Son devoir n’est pas de tout faire pour que le plaisir dure le plus longtemps possible ce printemps.
Son devoir est que le plaisir s’installe à moyen terme, mais pour de nombreuses saisons. La poussée de son club en décembre et janvier l’a forcé à revoir certaines perspectives. Mais rien de spectaculaire en termes de dévier totalement du grand plan.
Le sage savait
Encore fallait-il que l’irrésistible poussée se poursuive, car, me disait Hughes à cette émission il y a quelques semaines : «il reste 30 matchs avant la date limite des transactions».
Le sage avait bien raison, autant qu’il devait certainement se douter que l’équipe n’allait pas maintenir un pourcentage victoires/défaites au-dessus de .725 durant 30 autres matchs.

Je ne doute aucunement que si ça avait été le cas et que le crucial Guhle était demeuré en santé, Hughes serait à ses travaux dans le but de prêter main-forte à son coach et à ses ouailles.
Mais la série de trois défaites et cette autre malchance à Guhle viennent anéantir cette perspective.
Si le fruit du grand plan du CH était mûr, je tiendrais un tout autre discours ce soir. Est-ce que je pense que vu les circonstances, le Tricolore va monnayer certains éléments qui écoulent la dernière année de leur contrat? Désormais, je penche davantage pour cette option que pour le statu quo.
Il sera, en ce sens, très intéressant de voir si une annonce surviendra au sujet de Jake Evans. Si le CH ne s’entend pas avec son vétéran centre d’ici la date limite des transactions, est-ce qu’il sera tenté de l’échanger? Ce serait hasardeux de ne pas questionner le marché concernant Evans...
Considérant les nouvelles données, aucune option de vente n’est à exclure par les architectes du grand plan. Comme quoi, tout peut basculer très vite dans la Ligue nationale de hockey d’aujourd’hui...