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Séries de la LPHF : le Frost a ce qu'il faut pour battre la Victoire

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2026-05-02T12:53:57Z

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Oui, la Victoire de Montréal est invaincue face au Frost du Minnesota en saison régulière. Oui, elle a blanchi son adversaire à ses deux derniers matchs. 

Mais demandez à n’importe quelle personne ayant œuvré à un haut niveau dans le hockey, les séries éliminatoires, c’est un animal à part entière. C’est carrément une autre saison.

La plus belle preuve ?

Lors des deux premières saisons, Minnesota a terminé au quatrième et dernier rang donnant accès aux séries. Et pourtant, l’équipe a remporté les deux seules coupes Walter de la courte histoire de la LPHF.

Est-ce que cette fiche fait partie des raisons pourquoi l’organisation a préféré affronter le Frost, qui a pourtant terminé au troisième rang cette année, au lieu d’Ottawa qui a conclu la saison à la quatrième position ?

Aucune idée.

On n’est pas entré dans les détails. Seule Ann-Renée Desbiens s’est quelque peu commise en disant que de son côté, elle n’avait pas de préférence.

De ce que je comprends, à l’interne, on avait une peur bleue de la Charge d’Ottawa. Peut-être un choc post-traumatique de l’élimination en quatre parties de l’an dernier. Mais si j’avais eu à choisir, j’aurais respecté la logique et favorisé l’équipe qui a terminé au quatrième rang.

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Mes prédictions ?

Minnesota en 5 et Boston en 3.

Par contre, ce sera serré entre le Frost et la Victoire.

Allons-y point par point.

1-Attaquantes

Montréal a plus de profondeur, mais Minnesota a un meilleur punch à l’attaque.

Le Frost n’a pas seulement les trois meilleures pointeuses de la ligue, ainsi que les trois seules joueuses avec une moyenne d’au moins un point par match, mais son top 5 a accumulé 138 points. À l’opposé, les cinq meilleures de la Victoire ont produit un cumulatif de 88 points.

Des 15 attaquantes montréalaises utilisées cette saison, 14 ont marqué au moins un but. Du côté du Minnesota, on parle de 12 sur 16. Par contre, le Frost a cinq joueuses avec 11 buts et plus. Montréal ? Aucune.

Et l’équipe de Ken Klee a dominé la ligue avec 91 buts marqués, soit 13 de plus que celle de Kori Cheverie.

Minnesota a aussi accordé beaucoup de buts en saison régulière, mais ce n’est pas différent de leur fiche en séries, alors que l’équipe a marqué 45 buts et en a octroyé 32.

Profondeur versus punch, j’y vais avec le punch. La profondeur gagne plus souvent, mais les vedettes font la différence au moment clé.

Aussi, il ne faut pas oublier que Laura Stacey n’a que deux points en sept matchs éliminatoires avec une fiche de -5 et que Marie-Philip Poulin n’a que quatre points en sept matchs en séries, avec un différentiel de -4. Et cette fois-ci, elle ne sera pas à 100 %.

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En fait, la meilleure pointeuse de la Victoire en séries est Maureen Murphy avec cinq points et comble de malheur, elle revient aussi d’une blessure, à l’épaule pour sa part, qui lui a fait manquer 9 des 10 dernières parties de son équipe.

De l’autre côté du spectre, Taylor Heise, la joueuse la plus utile des séries en 2024, a 15 points en 18 matchs en séries.

Je veux bien croire qu’Abby Roque est faite pour les séries et que Minnesota n’aime pas se faire frapper, mais est-ce que ce sera suffisant ?

Avantage Minnesota

2-Défenseuses

Le quatuor défensif du Frost est plus redoutable que celui de Montréal. Lee Stecklein est non seulement la meilleure défenseuse défensive de la LPHF, mais l’an dernier en séries, elle avait terminé avec huit points en autant de parties et aurait dû remporter le titre de joueuse la plus utile en séries.

À sa deuxième année, Mae Batherson a connu toute une progression, alors qu’à son année recrue, Kendall Cooper a impressionné. Les deux auraient pu faire partie d’Équipe Canada aux Jeux olympiques. Et pour finir le tout, vous avez le choix entre Natalie Buchbinder ou Jincy Roese, que Minnesota est allé chercher à la date limite des transactions.

Du côté de la Victoire, Nicole Gosling est devenue la meneuse de la brigade défensive de l’équipe, appuyée par vétérane Erin Ambrose. Cette dernière n’est peut-être plus capable de soutenir l’attaque comme dans ses belles années, mais elle est plus que solide en défensive.

C’est par la suite que ça se complique.

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Kati Tabin amène de la vitesse, mais commet encore plusieurs erreurs. Et Amanda Boulier, Maggie Flaherty ou Jessica DiGirolamo ne sont pas vraiment des défenseuses top 4.

C’est dommage parce que l’équipe en a une défenseuse top 4 en Nadia Mattivi, mais l’Italienne sera fort probablement laissée de côté pour le premier match.

Avantage Minnesota

3-Gardiennes

C’est la catégorie dans laquelle la Victoire domine le plus.

Ann-Renée Desbiens a été magistrale cette année, encore meilleure que l’an dernier si cela est seulement possible.

S’il y a une joueuse qui peut faire une différence et amener son équipe en finale, c’est Desbiens. D’ailleurs, si elle n’est pas choisie joueuse par excellence de la ligue cette saison, je fais du piquetage devant les bureaux de la ligue !

Cela dit, le duo de Maddie Rooney et Nicole Hensley a fait le travail lors des deux dernières années. Et à l’image de l’équipe, elles ont eu de meilleures statistiques en séries qu’en saison.

En fait, le Frost compte peut-être sur le meilleur duo de gardiennes de la ligue.

En 2024, Hensley a battu Aerin Frankel. En 2025, c’est Rooney qui a vaincu Gwyneth Philips. Il n’est donc pas dit qu’elles ne pourraient pas venir à bout de Desbiens.

Avantage Montréal

4-Entraîneurs

Cheverie aura de la pression.

Après deux échecs en première ronde et aucune victoire en temps réglementaire en séries, elle sait qu’elle doit absolument se rendre en finale. Et cette année avec une Caroline Ouellette en arrière du banc, est-ce que Cheverie pourrait sentir la soupe chaude ?

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Sa gérance du banc des deux dernières séries éliminatoires la hante encore et tant qu’elle ne m’aura pas prouvé le contraire, j’aurai des doutes. Cette année, elle a par contre plus de profondeur pour mieux manœuvrer.

De son côté, Ken Klee est structuré, plus en contrôle de son banc et de son match, connaît bien son équipe et sait quoi faire pour les amener aux plus hauts sommets.

Avantage Minnesota

5-Expérience en séries

On a beau dire que ce n’est pas la même équipe que l’an dernier, reste que les joueuses du Frost totalisent 182 matchs en séries éliminatoires contre 117 pour la Victoire. Maggie Flaherty est celle qui en compte le plus pour Montréal avec 16, elle qui a d’ailleurs gagné deux coupes Walter avec le Frost.

De plus, malgré les pertes de Sophie Jaques, Claire Thompson, Michela Cava et Brooke McQuigge, 13 joueuses ont remporté la coupe Walter au sein de cette équipe, dont neuf à deux reprises.

Avantage Minnesota

6-Unités spéciales

Le meilleur avantage numérique (Frost) fera face au meilleur désavantage numérique (Victoire), alors que le deuxième meilleur avantage numérique (Victoire) affrontera le pire désavantage numérique (Frost).

Cela dit, Minnesota a été l’équipe la moins punie de la ligue et Montréal, la deuxième plus punie. On devra capitaliser sur le peu d’avantages numériques qu’on obtiendra du côté de Montréal et continuer à être solide à court d’une joueuse.

Avantage Montréal

7-Impondérables

La Victoire est 11-1 à la Place Bell cette saison.

Le building est intimidant.

Par contre, en séries, Montréal est 1-3 à Laval.

Le momentum est du côté de Montréal avec 17 matchs avec au moins un point à ses 18 derniers, alors que Minnesota est 3-7 à ses 10 derniers et a terminé la saison avec quatre défaites consécutives.

Toutefois, l’équipe compte sur six joueuses qui ont gagné l’or aux derniers Jeux olympiques et j’ai l’impression que les Américaines ont le vent dans les voiles depuis Milan.

La première période sera aussi très importante. La Victoire, qui a marqué 20 buts dans le premier vingt contre 32 pour le Frost, n’est pas reconnue pour avoir de bons débuts de rencontres. De son côté, le Frost a 11 victoires et aucun revers lorsqu’il mène après une période.

Avantage Montréal

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