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Serge Savard: «J’ai commis une erreur cette fois-là»

Quand il avait échangé Lemieux aux Devils en retour de Sylvain Turgeon

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2026-05-29T04:00:00Z

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La planète hockey est sidérée par le décès subit de Claude Lemieux. Les téléphones des anciens dirigeants et des anciens joueurs du Canadien qui ont côtoyé le disparu n’ont pas dérougi de la journée hier.

Tout le monde était sous le choc. Pas plus tard que lundi dernier, celui que tout le monde surnommait « Pepe » dans le milieu faisait son entrée au Centre Bell en brandissant le flambeau avec son bras droit et en serrant le poing gauche bien haut.

Cette image décrivait fidèlement le personnage.

« Il avait l’air si bien ! » a lancé Janet Robinson pendant que son époux était en entrevue sur une autre ligne.

Sa dernière conversation avec Serge Savard

Serge Savard était dans son véhicule lorsque la sonnerie de son cellulaire a commencé à retentir à répétition dans les secondes suivant l’annonce de la mort de Lemieux.

« Je lui ai parlé il y a trois semaines pour l’inviter à mon tournoi de golf au profit de la Fondation des athlètes étudiants de l’Université de Sherbrooke, a-t-il raconté.

« Quand je lui ai dit que le tournoi de cette année honorerait l’équipe championne du Canadien de 1986, il s’est dit réjoui à cette idée. Il m’a assuré de sa présence, tout en ajoutant que cette Coupe Stanley faisait partie des plus beaux souvenirs de sa carrière.

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« C’est lui qui avait marqué le but victorieux en prolongation lors du septième match de la finale de la division Adams contre les Whalers de Hartford. Il avait inscrit 10 buts dans les séries et terminé deuxième au scrutin du trophée Conn-Smythe derrière Patrick Roy. »

Savard occupait le poste de directeur général du Canadien depuis quelques semaines lorsqu’il a repêché au 26e rang Lemieux, suivi immédiatement de Sergio Momesso.

Soucieux de grossir la banque de joueurs québécois de son organisation, il mettait la main sur deux bonhommes qui n’avaient pas froid aux yeux.

Le Canadien Junior de Verdun, qui était la propriété du grand club, conclut alors une transaction avec les Draveurs de Trois-Rivières pour amener Lemieux dans sa cour.

Pas facile à diriger

La nouvelle direction du Tricolore a vite constaté que Lemieux n’était pas fait du même moule que celui de la majorité des joueurs.

« Tout le monde est différent, mais Claude n’était pas un type facile, de continuer Savard.

« Ça prenait un gars spécial pour le diriger et ce n’était pas Pat Burns. Pat l’a pris en aversion. J’ai échangé Claude parce qu’il ne voulait plus jouer pour Pat. »

La transaction fut annoncée à l’aéroport de Mirabel, où le Canadien prenait un vol à destination de Stockholm, premier arrêt de son camp d’entraînement qui s’est ensuite poursuivi en Russie.

« J’ai commis une erreur cette fois-là, de reprendre Savard.

« Mais la situation n’avait plus de bon sens. Est-ce que je devais congédier le coach ou échanger le joueur ? Claude ne voulait plus rien savoir de Pat, mais j’ai fait une erreur. Les informations que nous avions sur Sylvain Turgeon [le joueur obtenu en retour de Lemieux] n’étaient pas trop bonnes, mais “Piton” l’adorait. »

« Piton », c’était Claude Ruel, qui a passé sa vie au service de l’organisation.

Ce qu’on a appris plus tard, c’était que le Canadien avait acquis de la marchandise endommagée.

Turgeon jouait avec une hernie sportive qui n’avait pas été diagnostiquée par l’équipe médicale des Devils. Sujet aux blessures, Turgeon a disputé 75 matchs en deux saisons avec le Canadien avant d’être réclamé par les Sénateurs d’Ottawa au repêchage de l’expansion.

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