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Serena Williams à Montréal: les instants de vulnérabilité d’une grande championne

Photo fournie par GUILLAUME ST-AMAND
Photo portrait de Marc-Antoine Malo

Marc-Antoine Malo

2024-10-20T23:18:09Z
2024-10-20T23:28:01Z

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Bien qu’elle soit l’une des plus grandes athlètes de tous les temps, Serena Williams a vécu des insécurités et sa relation avec la performance n’est pas celle que l’on peut croire à première vue. La plupart du temps, le verre était à moitié vide. 

«Quand je jouais, je n’ai pas aimé chaque journée. En fait, je n’ai sans doute pas apprécié plus de jours que j’en ai aimé. Je crois que c’est dans ma nature», a confié l’Américaine lors de l’événement Y2, présenté au Centre Bell dimanche.

Si Williams était à Montréal, c’était avant tout pour discuter avec le populaire conférencier et docteur en psychologie Guillaume Dulude, qui a promis aux milliers de spectateurs qui étaient également venus voir l’astronaute Chris Hadfield et l’humoriste Anthony Kavanagh une analyse psychologique sans filet avec l’ancienne joueuse de tennis.

Photo fournie par GUILLAUME ST-AMAND
Photo fournie par GUILLAUME ST-AMAND

L’exercice a permis d’en apprendre davantage sur la relation compliquée de Williams avec la performance. Elle a toujours su qu’elle avait un talent particulier, mais que l’instant où elle devait performer l’effrayait. Ainsi, les retards causés par la pluie ont toujours amené un certain réconfort chez elle.

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«J’ai toujours aimé la pluie et je me suis demandé pourquoi. [...] J’ai fait mes recherches et j’ai réalisé qu’en Californie, où je vivais, il ne pleuvait jamais et qu’il fallait alors s’entraîner. J’étais la seule personne à Wimbledon qui profitait de la pluie. Pas de stress, je pouvais attendre toute la journée sous la pluie», a-t-elle raconté en riant, ponctuant chacune de ses réponses d’un certain moment d’introspection.

«J’ai dû travailler fort pour nourrir le feu qui était en moi, pour lui permettre de grandir, a poursuivi Williams. C’est important de ne pas éteindre cette flamme. J’avais un talent pour le tennis, mais on m’a aidée. On a mis du charbon et du bois à mon feu.»

Cette parfaite pression

Serena Williams est, plus que toute autre chose, une perfectionniste. Si sa carrière a été aussi auréolée de succès, c’est parce qu’elle n’a jamais cessé de mettre les bouchées doubles.

«Les diamants sont faits sous la pression et j’adore les diamants», a-t-elle lancé, charmant d’emblée la foule.

Étant lui-même un ancien nageur qui a rêvé des Jeux olympiques, Guillaume Dulude comprend très bien cet aspect, ce qui s’est ressenti dans leur discussion.

«Elle a beaucoup de qualités qu’elle a développées que je n’avais pas. Je ne suis pas quelqu’un de compétitif. M’améliorer oui, performer oui, mais je ne suis pas un gars qui se bat contre les autres», a-t-il expliqué dans une loge après l’événement.

Williams a également été en mesure d’écouter son corps pour se donner des pauses aux moments voulus. On se souviendra d’ailleurs de sa finale de 2019 à l’Omnium Banque Nationale, où elle avait préféré abandonner en première manche devant la Canadienne Bianca Andreescu.

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Malgré son amour pour Montréal – sa maîtrise de la langue française continue d’ailleurs de s’améliorer –, ce n’est pas un épisode glorieux de sa grande carrière. Perdre n’a jamais été une option pour Williams, qui l’a appris très tôt.

«Personne ne se souvient de ta douleur. Tout le monde se souvient de qui a gagné et de combien de titres du Grand Chelem tu as. C’est la dure vérité», a-t-elle rappelé.

Malheureusement pour elle, les revers font les gros titres quand on gagne tout le temps, et elle le sait mieux que quiconque.

Elle sait d’où elle vient

C’est son père qui voulait faire de Serena et de sa sœur Venus de grandes championnes de tennis deux ans avant même leur naissance, ce qui a ajouté des bûches au feu de la future numéro 1 mondiale.

Il l’a encouragée à faire ce qu’elle aimait et, surtout, il lui a appris son histoire. Connaître ses racines, le passé de ses ancêtres vis-à-vis du racisme et de l’esclavage, lui a permis de grandir.

«J’étais plus forte que tout le monde que j’affrontais en raison d’où je viens. Il n’y a aucune excuse pour moi d’avoir perdu des matchs parce que j’étais plus forte mentalement grâce à ce que mes ancêtres ont vécu», a lancé Williams avec conviction.

Photo fournie par GUILLAUME ST-AMAND
Photo fournie par GUILLAUME ST-AMAND

«La qualité de son éducation, c’est absolument génial. Ses parents, son père, c’est trop fort. C’est carrément un projet humain. [...] Les liens familiaux sont forts. C’est vraiment incroyable et difficile à réaliser», a confié Guillaume Dulude, la qualifiant de success story psychologique.

C’est à ses deux filles qu’elle souhaite désormais inculquer les valeurs qui ont fait d’elle l’humaine qu’on connaît et admire aujourd’hui. Elles pourraient finir par suivre les traces de maman sur les terrains de tennis.

«Le sport est très important pour mes filles et pour les filles et les femmes en général, a-t-elle dit sous un tonnerre d’applaudissements. Ça bâtit la confiance, ça t’amène tellement de choses, qui, systématiquement, manquent aux femmes.»

«Mes filles pratiqueront un sport. Joueront-elles chez les professionnelles? Je l’espère, mais je ne sais pas. Elles feront du sport pour bâtir leur force mentale, leur confiance et tout ce dont elles ont besoin.»

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