S’entraîner mal ne mène pas chez les pros


Marc-Antoine Malo
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Ce n’est pas en jouant dans une ligue de bière qu’un hockeyeur atteindra la Ligue nationale et ce principe s’applique également au golf, même si certains athlètes ont tendance à l’oublier.
S’entraîner pour faire de la compétition, ça ne se fait pas en jouant de façon récréative. Tout amateur de la petite balle blanche connaît la fameuse formule d’un après-midi de golf réussi.
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«On va au champ de pratique pour se réchauffer, un peu de putting, on embarque sur le tee, on joue 18 trous entre amis, on prend une bière après et on s’en va chez nous», a raconté Roger Lauzon, un instructeur qui continue d’être influent dans le monde de l’entraînement après sa retraite.
Sans rien enlever à cet agréable et parfois frustrant passe-temps, la pression n’est en rien comparable à celle ressentie durant les tournois. Or, plusieurs athlètes pensent que c’est en continuant à arpenter un parcours qu’ils connaissent bien qu’ils atteindront le sommet de leur art.
«Aujourd’hui, ça ne donne pas de grands résultats, mais on continue de répéter la même erreur en s’entraînant comme à l’époque», a ajouté M. Lauzon en citant le cas de sa protégée, Josée Doyon.
La Québécoise, qui habite en Floride, cogne à la porte de la LPGA, mais son ancien entraîneur a remarqué des lacunes. Sans passer par quatre chemins, il lui a expliqué qu’elle ne s’entraînait pas de la bonne façon.
«Moi, ce que je peux lui offrir, c’est une structure d’entraînement, a expliqué le résident de Morin-Heights. [...] Ce qu’on constate, c’est que la majorité des jeunes professionnels en Floride s’entraînent à l’ancienne. C’est-à-dire qu’ils vont frapper des balles au champ de pratique et qu’ils vont jouer 18 trous avec leurs amis.»
«C’est comme quelqu’un qui a une piscine dans sa cour. Même s’il fait des longueurs, il n’est pas prêt pour les Olympiques», a-t-il expliqué.
Les personnes qui gravitent autour des professionnels le savent, mais faire partie de l’élite, ce n’est donné qu’à une minorité de gens. Une récente publication de l’influenceur Rick Golfs qui appuie ce propos est d’ailleurs devenue virale.
“I could make the Tour if I had the time…”
— Rick Golfs (@Top100Rick) March 23, 2025
If you are a 25 year old scratch player and I gave you unlimited time, the best teachers, the best equipment, best fitness coaches…
The odds of you getting a tour card are ZERO.
These guys are so good:
pic.twitter.com/sc7KYZrOk6
Comment devenir spécial?
Pour le mental, probablement l’aspect le plus important du golf, mieux vaut oublier les techniques d’entraînement désuètes. Ce n’est pas en effectuant trois sorties de fosse de sable par ronde qu’on peut devenir un expert en la matière, prévient Roger Lauzon.
Il recommande ainsi d’aller sur le terrain, lorsqu’il est possible de le faire, et de pratiquer des situations de jeu particulières, celles que le golfeur verra vraiment durant un tournoi.
«Il peut répéter des centaines et des centaines de possibilités de coups qu’il ne pourra jamais répéter dans un champ de pratique, même s’il a une imagination débordante», a-t-il assuré.
Comme pour Josée Doyon, qui lui a avoué avoir de la difficulté avec sa préparation mentale, il vaut mieux retourner à la base. Tout pour éviter «que la chaîne débarque», quoi!
«La majorité des professionnels de golf sont formés au niveau technique. La technique, rendu au niveau compétitif, ce n’est pas suffisant, a rappelé M. Lauzon. Tous les gars et les filles qui sont sur un tee de départ savent jouer au golf. Maintenant, c’est de savoir comment l’individu va se comporter durant sa ronde.»
«Peut-il tirer le maximum de son entraînement? Si ses entraînements sont mal planifiés, on joue davantage au golf en se fiant au hasard plus qu’aux principes scientifiques qui nous aident à nous préparer.»
Et au Québec, «les installations ne sont pas nécessairement adaptées pour des gens qui veulent passer au niveau supérieur», déplore Roger Lauzon. Rares sont les clubs qui ouvrent leur terrain aux entraînements plus spécifiques des professionnels.
«Pour développer le golf compétitif, il nous manque des éléments. Il nous manque des entraîneurs, des installations, des permissions et autres...»
«Il faut remettre les pendules à l’heure», a argué l’instructeur.