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Sénateurs à Québec: il n'y a pas de fumée sans feu

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2025-01-28T23:15:20Z

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C’était tellement anodin que je n’en ai même pas parlé. Puis j’ai constaté le tollé et ça m’a poussé à réfléchir.

Comment le chandail d’une mascotte peut-il devenir objet de discorde à ce point? Comment un truc aussi anecdotique a pu égratigner à ce niveau des partisans d’un club de hockey?

Alors, je me suis mis à la place des fidèles supporters des Sénateurs d’Ottawa. Et rapidement, je me suis replongé dans de vieilles et très désagréable émotions de l’indécrottable partisan des Nordiques que je fus.

Et alors j’ai compris.

Ils sont nerveux. Pire, ils ont peur. Ils ne sont pas cons, loin de là. Pas dupes non plus.

Bien entendu, ils ne doutent pas des bonnes intentions du nouvel actionnaire de contrôle de leur équipe. Ils savent que Michael Andlauer n’a pas acheté le club dans le but de la déménager dans une autre ville.

Mais ils savent aussi qu’il a fait cette acquisition sur la base d’une relocalisation de la franchise au centre-ville d’Ottawa, aux plaines LeBreton.

Ils savent très bien que les Sénateurs à Kanata, ce n’est plus un projet viable dans la réalité de la Ligue nationale de hockey (LNH) de 2025.

À rebours, ils se demandent avec raison pourquoi diable Bruce Firestone, architecte du retour des Sens dans la LNH a pu croire au succès d’un club planté aussi loin, l’équivalent de loger le Canadien de Montréal à Mirabel.

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Firestone n’étant pas con lui non plus, il faut savoir que son plan était de développer les terres agricoles de Kanata après leur acquisition, de les revendre en grande partie afin de financer son cout d’entrée de 50 millions $ dans la LNH et une partie de la construction de son aréna.

Mais la bataille de juridiction des terres fut féroce. Finalement, les couts liés à la construction de l’édifice et à la mise en place d’un échangeur autoroutier devant être assumé en entier par les actionnaires des Sénateurs sans aide des deux paliers de gouvernement étaient trop grands. Firestone s’est résout à dissoudre une large part de ses actions.

Autrement dit, il y a 30 ans, les Sénateurs se sont battus pour avoir le droit de se creuser un trou dans lequel ils s’enfoncent sans cesse depuis... à Kanata.

L’espoir d’une sauvegarde de la franchise a ressuscité au détour de l’automne alors qu’un accord de principe sur le développement des plaines LeBreton, avec au cœur du projet un nouvel aréna pour les Sénateurs, est intervenu entre Capital Sports Development inc., société sous contrôle de Michael Andlauer et la Commission de la Capitale nationale (CCN), société de la couronne canadienne.

La CCN est un organisme opaque et plus difficilement pénétrable qu’un gouvernement de province ou la mairie d’une municipalité. Ce qui nous éloigne d’un accord aussi simple à ratifier qu’une lettre à mettre à la poste.

Voilà pourquoi il semble y avoir un peu d’eau dans le réservoir, l’accord final n’étant toujours pas signé en dépit de l’accord de principe.

Indépendamment de cet accord et de la première pelletée de terre, les Sénateurs seraient débarqués à Québec en septembre prochain.

Mais je peux comprendre que, devant l’incertitude quant à la concrétisation du projet des plaines LeBreton, les farouches et fidèles partisans des «Sens» aient pu être vexés de voir la mascotte de l’équipe commencer sa mutation vers Badaboum.

Ainsi, ce qui m’apparaissait purement anodin, hier, me comble d’espoir aujourd’hui.

Il y a rarement fumée sans feu. Je doute qu’ultimement les autorités de la Capitale nationale du grand pays ne consente à voir Ottawa perdre sa franchise de la LNH.

Je doute encore moins de la sincérité de la démarche de Michael Andlauer, un homme d’affaires prospère, sérieux et averti. Andlauer veut garder les Sénateurs à Ottawa, mais comme tout bon administrateur, il risque fort de ne pas vouloir le faire en engloutissant des dizaines de millions $ lors de chacun des bilans annuels, faute de revenus décents en raison de la localisation de son équipe.

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