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Sels d’ammoniaque à des jeunes joueurs de hockey de 10 ans: le phénomène courait, les responsables suspendus

Hockey Lac St-Louis avait averti du phénomène à la mi-janvier tandis que les suspensions varient d’un match jusqu’à la fin de saison

Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2025-02-11T22:28:34Z

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Il aura fallu le cri du cœur sur les réseaux sociaux d’une mère d’un joueur de hockey âgé de 10 ans pour faire éclater un phénomène qui se répandait rapidement depuis quelques semaines dans les vestiaires de l’ouest de l’île de Montréal. En plus de les soumettre au reste de l’équipe, l’un des entraîneurs de son fils lui avait fait inhaler des sels d’ammoniaque. Sa dénonciation a obligé Hockey Québec à interdire le produit et forcé les dirigeants de l’association à suspendre les fautifs.

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Cette histoire est survenue dans les deux dernières semaines de janvier. L’entraîneur visé par la mère, d’une équipe atome AA de l’Association de hockey mineur d’Hudson–Rigaud–Saint-Lazare, Matt Bruno, aurait posé ces gestes à plusieurs occasions auprès de la majorité des joueurs, a-t-on appris, à l’insu des parents et sans leur consentement.

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«Lettre à toi, le coach qui s’est permis de faire inhaler à mon fils de l’ammoniaque à seulement 10 ans [...], toi qui as manqué de respect pour finalement le droguer, écrit Noémie Léger dans sa lettre publiée sur sa page Facebook vendredi dernier.

«Toi qui as brimé son intégrité, sa passion pour le hockey et sa confiance. Toi qui as répété ce geste contre son gré, sans mon consentement, en supposant qu’il n’y avait aucun danger pour sa santé. Tu ne mérites pas une place derrière le banc», ajoute-t-elle.

«Quelle valeur pensais-tu transmettre à ces jeunes? Quel message ton geste véhicule à nos jeunes? Ce ne sont que des enfants, des enfants qui ont une passion commune, le hockey. [...] Tu trouves qu’ils ne sont pas assez, pas assez performants, pas assez vites, pas assez efficaces à TON goût», poursuit-elle, appuyée d’une vague de sympathie.

Des avertissements

Quelques jours plus tôt, toujours sur Facebook, Mme Léger avait également partagé une publication de l’Association de hockey mineur de Valleyfield rappelant que les entraîneurs ou les joueurs qui distribuent, encouragent ou approuvent les sels odorants dans les vestiaires feront l’objet de mesures disciplinaires.

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ASSOCIATION DE HOCKEY MINEUR DE VALLEYFIELD Au début de février 2025, l’Association de hockey mineur de Valleyfield publiait un avertissement sur sa page Facebook concernant l’usage des sels d’ammoniaque, en plus de rappeler les conséquences aux fautifs.
CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ASSOCIATION DE HOCKEY MINEUR DE VALLEYFIELD Au début de février 2025, l’Association de hockey mineur de Valleyfield publiait un avertissement sur sa page Facebook concernant l’usage des sels d’ammoniaque, en plus de rappeler les conséquences aux fautifs. Capture d'écran DE L'ASSOCIATION DE HOCKEY MINEUR DE VALLEYFIELD

Cette communication faisait d’ailleurs écho à un mémo interne de Hockey Lac St-Louis, la fédération responsable du hockey mineur dans l’ouest de Montréal, envoyé le 4 février. Celle-ci racontait «avoir été mis au fait d’un phénomène inquiétant alors que deux situations [lui] ont été rapportées à l’effet que des entraîneurs d’équipes auraient encouragé et même distribué des sels d’ammoniaque à leurs joueurs».

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Ce n’était pas la première fois que Hockey Lac St-Louis tirait la sonnette d’alarme, car le 20 janvier, elle annonçait un «phénomène inquiétant» alors que des sportifs, de plus en plus jeunes, inhalent des sels d’ammoniaque pour accroître leurs performances. Ce qui n’est pas la réalité, selon les médecins consultés par Le Journal. (lire autre texte)

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE HOCKEY LAC ST-LOUIS Le 20 janvier 2025, Hockey Lac St-Louis publiait un avertissement sur sa page Facebook concernant l’usage des sels d’ammoniaque.
CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE HOCKEY LAC ST-LOUIS Le 20 janvier 2025, Hockey Lac St-Louis publiait un avertissement sur sa page Facebook concernant l’usage des sels d’ammoniaque. Capture d’écran TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE HOCKEY LAC ST-LOUIS

Suspensions

Selon le code de conduite de Hockey Canada, en aucun cas, le personnel d’une équipe ne peut fournir, promouvoir ou tolérer l’utilisation de drogues ou de substances améliorant la performance et, dans les cas des mineurs, d’alcool, de tabac ou d’autres drogues légalisées.

Ainsi, après étude du dossier et rencontres disciplinaires, Hockey Lac St-Louis a décidé de suspendre Matt Bruno pour le reste de la saison, a-t-il été permis d’apprendre du directeur général Raymi Gélineau, dans un échange courriels en après-midi.

Quant à l’entraîneur-chef Lyness, il fait face à une sanction de quatre parties de suspension. Son autre adjoint, Maxim Galipeau, est quant à lui suspendu pour un match.

Ce train de sanctions a pris effet le week-end dernier.

L’Association de hockey mineur d’Hudson–Rigaud–Saint-Lazare n’a pas répondu à notre demande d’entrevue. Ayant été directeur des niveaux M11 et M13 lors de la saison 2022-2023 et proche de l’association, Bruno pourrait donc y revenir l’an prochain selon la sanction appliquée.

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Interdit par Hockey Québec

En après-midi, le directeur général d’Hockey Québec, Stéphane Auger, a annoncé qu’elle interdit toute forme d’utilisation d’ammoniac dans le cadre d’une activité fédérée jusqu’à la fin de la saison. L’organisme se penchera ensuite sur une politique et une réglementation en prévision de la saison prochaine.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

En entrevue à LCN, M. Auger a rappelé l’importance de protéger les quelque 90 000 joueurs et joueuses du Québec en les éloignant de ces produits.

«C’est toujours un peu décevant de voir des adultes montrer un comportement de la sorte.»

En vente libre

Répandu dans le milieu sportif et chez les athlètes professionnels alors que la substance n’est pas bannie ou illégale, il importe de souligner qu’il n’est pas compliqué de se procurer des sels d’ammoniaque.

Il suffit de quelques clics pour en trouver en ligne, sur Amazon par exemple. Une panoplie de produits, variant de 12 à 25$, sont disponibles. Des flacons de 30 millilitres offrent jusqu’à 100 inhalations.

CAPTURE D’ÉCRAN AMAZON Une panoplie de produits contenant des sels d'ammoniaque sont disponibles sur le web, soit sur des sites de boutiques spécialisées dans l'entrainement sportif et sur Amazon.
CAPTURE D’ÉCRAN AMAZON Une panoplie de produits contenant des sels d'ammoniaque sont disponibles sur le web, soit sur des sites de boutiques spécialisées dans l'entrainement sportif et sur Amazon. Capture d'écran AMAZON

La description vante l’«énergie explosive», une «force maximale», une «sensation instantanée pour atteindre une performance maximale», entre autres.

Mais selon les spécialistes, il n’existe aucun lien scientifiquement prouvé entre leur utilisation et l’augmentation des performances sportives.

Des magasins spécialisés en suppléments sportifs en vendent également.

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