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Scarlett & Marie Montréal: la fausse boutique locale qui change de ville

Photo portrait de Julien McEvoy

Julien McEvoy

2026-05-26T04:00:00Z

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Des boutiques en ligne qui se disent montréalaises de longue date, des soldes permanents à 70 % et une adresse physique introuvable : le stratagème des fausses boutiques locales ciblant les consommateurs québécois ne faiblit pas.

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La boutique Scarlett & Marie Montréal est la dernière d’une longue série qui exploite le réflexe d’achat local des Québécois. Même modèle de site web que celui des boutiques liées au même réseau en Australie, aux États-Unis et à Paris. Mêmes rabais dramatiques.

Une lectrice de Longueuil l’a échappé belle. Marie Dallaire avait déjà sept articles dans son panier – des ensembles affichés à 69,95 $ au lieu de 300 $, du lin à moins de 100 $, une variété de couleurs et de tailles alléchante – quand elle a pris le temps de creuser avant de sortir sa carte de crédit.

Ce qu’elle a trouvé : l’adresse physique affichée sur Google appartient à une vraie boutique du Plateau, temporairement fermée. Scarlett & Marie, elle, n’a ni vitrine, ni téléphone, ni existence réelle.

« Le tout était trop beau pour être vrai », écrit-elle au Journal. « J’aurais voulu mettre une note sur le site pour prévenir les autres clientes. »

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La page d’accueil mise sur l’urgence : soldes à 70%, compte à rebours, bouton vert insistant. La vente anniversaire se termine «ce soir» depuis au moins dix jours.
La page d’accueil mise sur l’urgence : soldes à 70%, compte à rebours, bouton vert insistant. La vente anniversaire se termine «ce soir» depuis au moins dix jours. Capture d’écran du site de Scarlett & Marie Montréal
Un anniversaire qui ne finit pas

Premier signal d’alarme : la « vente anniversaire » affichée sur le site se termine chaque soir à 23 h 59, et ce, depuis au moins dix jours. Le même compte à rebours repart chaque matin.

Second signal : dans les conditions générales de vente, le droit applicable est celui des Pays-Bas. Pour une boutique qui se dit montréalaise depuis 18 ans, c’est singulier.

L’Office de la protection du consommateur confirme d’ailleurs avoir reçu une plainte récente au sujet de Scarlett & Marie. On a proposé à la cliente de retourner son vêtement en Chine, à ses frais.

Derrière ces sites se cache une pratique bien connue : le parachutage (ou dropshipping). Le vendeur ne possède aucun stock. Il affiche des produits, encaisse les commandes, puis les achète à un fournisseur étranger qui les expédie directement à l’acheteur.

En soi, ce n’est pas illégal. Amazon fonctionne en partie de la même façon.

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Une recherche inversée sur un ensemble affiché à 69,95 $ chez Scarlett & Marie suffit à retrouver le même article sur Amazon pour moins de 15 $, expédié depuis la Chine par un vendeur inconnu.

Une des précédentes itérations du même genre de boutique. Le site n’est plus en ligne, mais la page Facebook, si.
Une des précédentes itérations du même genre de boutique. Le site n’est plus en ligne, mais la page Facebook, si. photo tirée de la page Facebook Chloé & Camille
Déjà dans la mire

Ce modus operandi ressemble à celui d’un réseau de fraudeurs déjà documenté par Le Journal, qui use de l’intelligence artificielle pour fabriquer l’illusion d’une boutique locale authentique.

Saint-Blanc Montréal, River Montréal, Mode-Quebec, Atelier Quebec : les noms changent, la recette reste la même. Des photos de « fondatrices » générées par IA, un site cloné en quelques minutes, des publicités achetées en masse sur Facebook.

Shopify héberge ces sites, Meta diffuse leurs publicités. L’OPC, de son côté, met en garde contre la multiplication des ventes tripartites à livraison directe (dropshipping).

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