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Santé financière précaire des Fédérations nationales: «Ce n'est pas viable et encourageant pour le futur»

Le lutteur canadien Jordan Steen
Le lutteur canadien Jordan Steen Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-06-11T04:00:00Z

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Les problèmes de Lutte Canada, qui a lancé une campagne de levée de fonds à 50 jours du début des Jeux olympiques, n’est que la pointe de l’iceberg des ennuis financiers des organismes nationaux de sport (ONS) au pays.

• À lire aussi: À moins de 50 jours des Jeux olympiques, Lutte Canada tente de redresser ses finances précaires

«Actuellement, il y a 10 ou 12 sports où le Canada a des chances de médailles à Paris, ça va être difficile de maintenir les performances s’il n’y a pas d’engagement supplémentaire de la part du gouvernement fédéral, a déclaré le chef du Sport au Comité olympique canadien (COC), Eric Myles. La situation est précaire. Le plus inquiétant est le système de soutien aux athlètes qui est à grand risque après Paris.»

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

La situation financière est difficile pour tout le monde. «Certains ONS s’en sortent mieux, mais il n’y a personne qui nage dans l’argent, a résumé Myles. Tous les ONS sont à risque et plusieurs sont tenus à bout de bras. Ce n’est pas viable et encourageant pour le futur.»

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Budget gelé depuis 2005

Avant le récent budget fédéral de mars, le COC a transmis une étude de Deloitte sur la santé financière des ONS au gouvernement et demandé une augmentation substantielle de la contribution d’Ottawa.

«Depuis 2005, il n’y a eu aucune augmentation de la participation financière du gouvernement fédéral, a rappelé Myles. Les coûts sont à la hausse et les exigences organisationnelles accrues. Le pouvoir d’achat des ONS a diminué de 33 pour cent depuis cette augmentation de 20 millions en 2005.»

Les Jeux olympiques sont toujours un moment de grande fierté et les politiciens aiment participer aux célébrations. «C’est excitant pour tout le monde quand le Canada remporte des médailles. Les élus sont près des athlètes lors des moments de réjouissances, mais ils doivent aussi les soutenir.»

Demande ignorée

Les arguments du COC et l’étude de Deloitte n’ont rien donné. La demande de 104 millions a été ignorée. «Le fédéral n’a pas fait un pas de plus. Le statu quo signifie qu’on recule. Tout le monde est excité que l’équipe féminine à 3 contre 3 ait réussi à se qualifier pour la première fois, mais la situation financière de Basketball Canada est très, très serrée. Les dirigeants peinent à rencontrer chaque période de paye.»

Michelle Plouffe
Michelle Plouffe BELGA via Reuters Connect

Coup de chapeau

Tout n’est pas noir et Myles donne un coup de chapeau au gouvernement québécois. «Le Québec fait beaucoup pour ses athlètes. Si deux ou trois provinces investissaient autant que le Québec, on serait ailleurs. Le secteur privé a aussi un rôle important à jouer. Au cours des dernières semaines, une quarantaine de donateurs anonymes partout au Canada ont versé des bourses de 10 000$ et plus à des athlètes. C’est un projet de société.»

«Au classement des médailles, on se bat contre des nations comme la France, l’Australie, la Corée du Sud et les Pays-Bas, ajoute Myles, mais les investissements de ces pays dans le sport d’élite sont supérieurs et ne se comparent pas du tout à ceux du Canada.»

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