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«Le temps des framboises»: Sandrine Bisson s’éclate

Photo portrait de Guillaume Picard

Guillaume Picard

2022-04-13T22:21:00Z

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Sandrine Bisson est formidable dans la nouvelle offrande de Club illico Le temps des framboises, première réalisation télé de Philippe Falardeau.

La comédienne peut, dans une même scène, rire, pleurer, s’extasier ou s’impatienter, transmettant l’émotion comme pas une. Elle apporte toute l’énergie qu’on lui connait à cette fiction écrite par Florence Longpré (Audrey est revenue) et Suzie Bouchard.

«Dans cette écriture-là, je l’ai eu souvent mon buzz, j’ai eu vraiment du plaisir à souffrir», a dit Sandrine Bisson, provoquant un fou rire généralisé autour de la table, mercredi, en marge du visionnement des deux premiers épisodes.

Celle qu’on a connue grâce aux films 1981, 1987 et 1991 de Ricardo Trogi joue Élisabeth, une femme en crise de la quarantaine qui hérite de la ferme familiale à la suite de la mort subite de son mari John (Anthony Lemke). Le couple, qui n’allait pas bien, a deux enfants, dont un qui est sourd. Des travailleurs saisonniers hispanophones bossent sur la ferme et, bien qu’on ne les maltraite pas, ils demeurent des étrangers pour Élisabeth au début de la série de 10 épisodes.

Plusieurs dimensions liées à notre incapacité ou à notre difficulté à communiquer avec des gens qu’on croise au quotidien sont explorées par les autrices et le réalisateur. Ce dernier a eu l’idée de ce projet en 2005 alors qu’il tournait Congorama.

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Philippe Falardeau, qui dit être un «scénariste en panne», se réjouit d’avoir «eu l’atelier de scénarisation [qu’il] n’avait jamais eu» en collaborant avec les deux autrices. Pour lui, la série tournée à Havelock, en Montérégie, est «drôle et dramatique simultanément». On ne peut pas le contredire parce qu’on passe par toute la gamme des émotions en regardant cette production, unique au Québec, parce que le français, l’anglais, l’espagnol et la langue des signes se côtoient.

Florence Longpré a expliqué que la surdité du cadet permet d’ajouter de la matière «à cette espèce de tourbillon, de chaos de communication et de non-communication. C’est une langue de plus, et c’est un des seuls personnages qui sent les choses, qui écoute, qui les absorbe. [...] Il est plus dans l’écoute que les autres». Le jeune Xavier Chalifoux, un comédien sourd et muet, se débrouille bien dans le rôle de William, lui dont c’est la première expérience de jeu.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Barrières, préjugés, racisme...

Le temps des framboises explore la détresse psychologique des agriculteurs, en plus de montrer que les travailleurs saisonniers, essentiels sur plusieurs fermes, ne sont pas toujours traités adéquatement. L’un d’eux est interprété par Edison Ruiz, qu’on a pu voir récemment dans Narcos: Mexico sur Netflix.

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«Il y a beaucoup de barrières, de préjugés, de racisme, de mauvais traitements [...] et c’est devant nous depuis tellement longtemps», a dit Florence Longpré, qui a contracté la COVID-19 à Cannes, la semaine dernière, où sa série Audrey est revenue, également disponible sur Club illico, a remporté deux prix internationaux.

Présenté en première mondiale en clôture de la 72e Berlinale, en plus d’être en compétition à Séries Mania dans la section Panorama International, Le temps des framboises a une facture résolument cinématographie et on prend le temps d’installer les choses.

La belle-famille d’Élisabeth, qui est d’origine anglophone, va donner beaucoup de fil à retordre à la veuve. Cette dernière ne va pouvoir compter que sur ses fils et les travailleurs saisonniers pour apprivoiser la vie de fermière. La mère, Martha (Micheline Lanctôt), a plusieurs enfants: John – qui meurt alors que personne ne savait qu’il avait le cancer de l’œsophage –, Denis (Paul Doucet), Rachel (Ellen David), Peggy (Kathleen Stavert), Estelle (Nicole Leroux) et Maureen (Anne Beaudry). Cette dernière aurait avantage à réfléchir avant d’ouvrir la bouche.

L’auteur-compositeur-interprète et arrangeur Martin Léon signe la musique de la série, lui qui a collaboré à plusieurs reprises avec Philippe Falardeau pour ses films, dont My Salinger Year et Guibord s’en va-t-en guerre. La production a aussi acquis les droits de plusieurs chansons.

Produite par Trio Orange, la série Le temps des framboises est disponible dès jeudi sur Club illico.

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