Sam Bennett, un «fit» naturel pour le CH, mais...

Jean-Charles Lajoie
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J’ai toujours bien aimé Sam Bennett. Il fait rêver. Physique de l’emploi, bon coup de patin, pas parmi les meilleurs, mais un patin franc et puissant, pas pires petites mains, bonne lecture du jeu, tir très acceptable, mais surtout, du cran, du chien, du papier sablé.
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Bennett a les ingrédients de la recette gagnante. Il veut gagner et il prend les moyens pour faire plus que ce qu’on attend de lui. Dans les séries du printemps dernier, il a amassé 14 points, dont sept buts en 19 matchs. Le printemps d’avant, 15 points, dont cinq buts en 20 matchs. 29 points en 39 matchs.
Dans le temps de Claude Lemieux, on appelait ça un «money player», expression liée au fait qu’un gars qui gagnait 125 000 $ par saison pouvait ajouter un 50-75 000 $ en bonis si son équipe gagnait la Coupe Stanley.
Ce qui rejaillit positivement sur Bennett: ses performances en séries n’ont rien à voir avec les bonis mais tout à voir avec ce qu’il a dans le ventre. Tout à voir avec sa capacité d’élever son jeu d’un cran dans les grands moments.
Lors des deux derniers printemps en Floride, il a ajouté un quart de point par match à sa production moyenne en saison, mais il a surtout été dans la face de ses adversaires soirs après soirs. Il a dérangé et jamais il ne s’est essuyé les pieds en rentrant chez l’ennemi.
Bennett est un élément clé d’une équipe qui a des ambitions importantes. Parlez-en au Canada qui a pu compter sur un superbe but de sa part lors de la finale contre les Américains.
Or, Bennett a actuellement 28 ans. Il en aura 29 depuis peu à l’ouverture du marché des joueurs autonomes sans compensation le 1er juillet prochain. Si les Panthers choisissent de se départir de ses services, il sera l’un des joueurs les plus convoités du marché. Avec raison.
Il écoule la dernière année d’un pacte de quatre ans qui lui rapporte 4,25 millions $ par saison, une aubaine extraordinaire pour les Panthers.
Si ça devait s’avérer et que Bennett devait être disponible sur le marché, que peut-il espérer obtenir comme valeur contractuelle? Partant du principe qu’à 29 ans, il s’agira de sa dernière occasion de faire sauter la banque, il va assurément rechercher une entente de huit ans en Floride ou de sept ans ailleurs.
Il peut espérer doubler son salaire actuel, mais, dans les faits, il n’obtiendra probablement pas 8,5 millions $ par saison et, si c’est le cas, le DG qui les lui aura consentis devrait être congédié dans la seconde.
Peut-il espérer une entente à 7 millions $ par saison? S’il y a plus de trois poissons dans l’étang, je pense que oui. Sept fois sept pour 49 millions $ me semble plausible ailleurs qu’en Floride.
Avec les Panthers, il pourrait se contenter de 6,25 millions $ par année, mais pendant huit ans. 50 millions $ et une retraite dans l’uniforme dans lequel il a gagné la Coupe Stanley.
Est-ce que le Canadien doit être dans l’étang Bennett? Je pense que oui, mais jusqu’à un certain point. Montréal doit bien évaluer le pour et le contre.
Bennett est un «fit» naturel pour le CH. Hélas, pas dans une perspective de contrat de sept ans, encore moins à 7 ou 7,5 millions $ par saison.
Signer Bennett serait, au premier chef, un coup de circuit hors du stade. Commencer la prochaine saison avec Suzuki, Caufield et Slafkovsky sur le premier trio ainsi que Bennett au centre de Laine et de Demidov sur la deuxième unité serait formidable et très excitant.
Or, il devient une solution formidable à court terme, mais à moyen et long terme, un possible boulet. Peut-être même le prochain Gallagher du CH et on ne veut pas ça.