Salut mon Mario!
Mario Hudon en est à ses derniers moments. La maladie prend le dessus plus vite que prévu.


Jean-Nicolas Blanchet
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Mario Hudon en est à ses derniers moments. La maladie prend le dessus plus vite que prévu, a mentionné sa fille, dimanche matin, annulant ainsi la fête de son au revoir qu’il prévoyait tenir le samedi 2 décembre.
Il y avait juste super Mario pour organiser un party pour son départ. Il avait prévu de partir le 7 décembre avec l’aide médicale à mourir.
Des problèmes respiratoires l’ont toutefois mené à l’hôpital cette semaine et il ne risque pas d’en sortir. Il y a six jours, il multipliait encore les entrevues pour dire salut à tout le monde.
J’ai titré «mon Mario». En fait, je ne suis pas si proche de l’ex-animateur de radio. Mais pas grave, c’était toujours comme ça quand je le voyais: Salut mon Mario! Si vous êtes impliqué de près ou de loin dans le sport local à Québec, vous le connaissez et vous l’avez vu des dizaines de fois.
Parce que Mario, c’est le chum de tout le monde. C’est le Mario de tout le monde. Ça prendrait vraiment quelqu’un de mauvaise foi dans le monde pour dire qu’il ne s’entend pas bien avec Mario.
C’était comique et beau d’ailleurs. Sa fille, Jessica, qui essayait d’organiser le party de départ de Mario ne semblait plus trop savoir quoi faire. Elle avait réservé une salle pour 150 personnes et en quelques heures, 250 invités avaient signifié leur désir de se présenter.
Leçon de vie
Quand je lui demandais s’il réalisait à quel point tout le monde l’aimait, et à quel point il avait eu un rôle de sensibilisation pour la lutte à la sclérose latérale amyotrophique (SLA), Mario restait modeste: «J’ai de bons amis et une grande gueule.»
Mario voulait attendre la fête de 15 ans de son petit-fils Nathan, jeudi prochain, avant de partir. Son frère, Isaac, vient d’être nommé capitaine de son équipe Atome. De quoi rendre très fier grand-papa qui a donné toute une leçon de vie en ne se plaignant jamais de la cochonnerie SLA qu’il combat depuis le 7 décembre 2020.

Même cette semaine, il blaguait encore sur sa maladie, à travers quelques larmes, pour annoncer sereinement la date de son départ.
La dernière fois que j’ai vu Mario en santé, c’était peu de temps avant son diagnostic. Il travaillait chez JD Mitsubishi pour finir sa carrière avec des horaires plus simples. J’étais passé regarder une voiture. Comment ç’a viré, pensez-vous? On est allé dans son bureau, on a commencé à parler des Nordiques, des foules en Floride et de la saga des Coyotes. Mario a ouvert son ordi et m’a montré un gros tableau Excel dans lequel il compilait plein de statistiques d’assistance pour démontrer l’aberrance qu’on n’ait pas du hockey de la LNH à Québec. Désolé à Pierre Tremblay, son patron, je ne sais pas si tu savais qu’il faisait ça parfois durant le travail. On a acheté la voiture, donc, ç’a marché quand même.
Quand ils partent
Mario, c’était aussi les fameuses lignes ouvertes très divertissantes. C’était ses descriptions spectaculaires de hockey sénior. C’était son omniprésence dans le sport local. Il ne l’a pas toujours eu facile pour avoir un micro dans les radios de Québec. On l’a garroché un peu partout, mais on finissait toujours par le retrouver, car il a su se faire une place dans le cœur des amateurs de sports de Québec.
C’est cliché, mais c’est souvent quand ils sont partis qu’on dit aux gens qu’on les aime. En espérant que tu pourras lire tout ça, on t’aime mon Mario! Tu me disais comment tu étais content quand tu passais dans Le Journal car tes parents et tes petits-fils pouvaient être fiers de toi. J’espère qu’ils sont fiers! Ton courage, ta gentillesse, ton amour de Québec et ton sourire permanent vont tellement nous manquer.