Saison difficile de Cayden Primeau: et si c’était la faute du Canadien?


Jonathan Bernier
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Au rythme où vont les choses, le nombre de départs qu’obtiendra Cayden Primeau d’ici la fin de la saison se comptera sur les doigts d’une seule main.
On peut présumer qu’il verra de l’action à Detroit vendredi, dans le premier d’une série de matchs aller-retour contre les Red Wings. Et encore là, rien n’est moins sûr.
Martin St-Louis et Éric Raymond, l’entraîneur des gardiens, jugeront peut-être que l’équipe bénéficiera d’une pause suffisamment longue lors du congé de Noël pour donner à Samuel Montembeault trois départs en quatre jours.

Puisque le Tricolore tente de rejoindre les formations qui sont tout juste devant lui au classement de l’Association de l’Est, on pourrait les comprendre d’agir ainsi.
Au sein des 80 gardiens qui ont vu de l’action dans au moins trois matchs cette saison, Primeau affiche le pire pourcentage d’efficacité (,836%) et la pire moyenne de buts accordés (4,70).
Dans sa chronique publiée dans notre édition de samedi, Marc de Foy suggérait que la direction du Canadien prenne la décision de renvoyer le gardien de 25 ans dans la Ligue américaine.
Ce ne serait pas une mauvaise idée et le risque de le perdre au ballottage serait pratiquement nul. Et même s’il devait être réclamé par l’une des 31 autres équipes... Comme le dirait Pierre-Yves McSween, «On en a-tu vraiment besoin?».
Un avenir prometteur
Au-delà de tout ça, la question qui vaut la peine de se poser, c’est la suivante: «Qu’est-ce qui s’est passé avec Primeau?»
Oui, l’Américain a été un lointain choix de septième tour. Mais il semble que certaines divergences d’opinions, à l’époque, entre ses entraîneurs à l’Université Northeastern et lui en aient refroidi plusieurs.
Car son passage dans la NCAA a été particulièrement reluisant. En deux saisons là-bas, il a placé son nom sur les équipes d’étoiles de la division Hockey East, il a été élu gardien de l’année de cette division à deux occasions... et il a terminé sa carrière universitaire avec le titre de meilleur gardien de toute la NCAA (trophée Mike Richter). Même dans la Ligue américaine, il avait connu un bon début en se faufilant dans l’équipe d’étoiles des recrues en 2019-2020.
Et si le Canadien l’avait tout simplement échappé ou gaspillé?
À 25 ans, Primeau est au cœur de sa sixième saison dans les rangs professionnels. Jusqu’ici, il a vu de l’action dans 178 matchs (55 avec le Canadien, 123 avec le Rocket).
Des pertes de temps
Primeau fait partie d’une liste de six gardiens ayant disputé leurs premiers matchs dans le circuit Bettman au cours de la saison 2019-2020. Du groupe, Jonas Johansson et lui sont les seuls à avoir moins de 200 matchs professionnels derrière la cravate.
Chez les six hommes masqués nés en 1999, il est également l’un de ceux qui ont vu le moins d’action par rapport au nombre de saisons.
En 2020-2021, lors du calendrier écourté, il a passé les cinq dernières semaines de la saison régulière avec le Canadien. Il a disputé trois matchs et une période. Puis, il a regardé l’improbable parcours de l’équipe en séries depuis les passerelles.
Parcours qui s’est terminé le 7 juillet. Les camps se sont mis en branle deux mois et demi plus tard. Ça ne laisse pas grand temps pour travailler les points qu’on souhaite améliorer.
En 2022-2023, il a passé deux semaines dans l’environnement du Canadien en raison d’une blessure à Jake Allen. Il n’a vu que 20 minutes d’action. Il était venu en relève à Samuel Montembeault. Au moins, il détenait la position de tête chez le Rocket, avec qui il a participé à 41 matchs.
L’an passé, dans le rôle de la roue de secours du carrosse, il a été le grand perdant du ménage à trois qui a duré jusqu’au 8 mars. À ce moment, le jour où Jake Allen a été échangé au New Jersey, Primeau n’avait obtenu que 13 des 63 départs.
Alignés bout à bout, on comprend que ces événements ont fait perdre à Primeau un temps de développement précieux.