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SAAQclic: François Legault ne pourra s’en tirer sans enquête publique

Photo STEVENS LEBLANC
Photo portrait de Rémi Nadeau

Rémi Nadeau

2025-03-01T05:00:00Z
2025-03-01T05:05:00Z

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La démission du ministre mal aimé du Numérique, Éric Caire, ne sera pas suffisante. Le gouvernement Legault doit tenir une commission d’enquête publique pour faire la lumière sur le scandale SAAQclic, mais aussi sur les pratiques des fournisseurs et des consultants qui forcent l’État à dilapider des millions à répétition dans des projets mal ficelés.

Malgré ce que les caquistes ont tenté de faire avaler lors du dépôt du rapport de la vérificatrice générale, ce n’est pas possible qu’une seule personne ait pu berner tout le monde, au point de cacher des dépassements de coûts de plus de 500 millions $ et de grands risques de bogues.

Le Devoir a révélé que le ministre Éric Caire avait été rencontré et informé dès juin 2022 de spectaculaires hausses de coûts.

Il a vu alors que le budget de la «livraison 2» du projet, qui devait être, au départ, de 97 millions $, était passé à 416 millions $.

Aujourd’hui, Le Journal révèle que l’actuelle ministre des Transports Geneviève Guilbault a été rencontrée et breffée sur le projet en novembre 2022.

On ne sait pas exactement ce qui lui a été présenté.

Est-ce que son prédécesseur, François Bonnardel, peut avoir tout ignoré?

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Tout ça soulève trop de questions.

Changement de ton

François Legault a bien fait de changer de ton.

Il avait d’abord plaidé que tout avait été orchestré à l’insu de ses ministres.

Jeudi, en annonçant la démission de Caire, il a lâché: «Est-ce qu’il faut aller encore plus loin pour s’assurer que c’est vrai?»

Il faut rappeler que la vérificatrice Guylaine Leclerc n’avait pas pour mandat de remonter la piste jusqu’aux élus.

Elle ne les a pas absous. Elle ne sait pas ce qu’ils ont su, tout simplement.

Puis, au-delà de la responsabilité politique, dans tous les projets informatiques importants, l’histoire est toujours la même.

Le bordel continuel

On pourrait résumer simplement ainsi: le projet est lancé. En cours de route, le gouvernement constate que les besoins ont été mal évalués.

Il a été mal aiguillé par des consultants et des firmes acoquinés. Il se retrouve prisonnier d’une technologie défaillante. Les retards s’accumulent et la facture gonfle.

Par exemple, en 2012, après avoir dépensé 75 millions $ dans une tentative d’informatisation du système de justice, l’ex-ministre Michelle Courchesne avait mis les freins en constatant que le projet deviendrait un gouffre sans fond.

«On ne peut pas attendre d’avoir dépensé les 105 millions $ autorisés et se dire que ça ne marche pas. Sinon, après, il faudra donner encore plus d’argent», avait-elle dit à l’époque, en prenant une sage décision.

Pour se sortir de ce cercle infernal, il faut profiter de SAAQclic et exposer une fois pour toutes les façons de fonctionner de cette industrie.

François Legault et la CAQ le réclamaient dans l’opposition. Il faut avoir le courage de le faire maintenant.

Parce que la numérisation des services est cruciale, dans toutes les sphères de nos vies.

On ne peut plus s’empêcher de le faire sous prétexte qu’une commission d’enquête prend des mois à mettre en place.

L’exercice sera long, mais il faut aller au fond des choses, une fois pour toutes, pour comprendre et éviter de nouvelles dérapes.

Si on se contente d’enquêtes circonscrites, le prix à payer sera encore plus élevé dans le futur.

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