Russie: une musicienne renvoyée en prison pour des chansons pacifistes

AFP
Partager
La justice russe a renvoyé mercredi en prison pour 13 jours une jeune musicienne qui avait été arrêtée mi-octobre à Saint-Pétersbourg pour avoir interprété des chansons pacifistes, en pleine répression de toute critique du conflit en Ukraine.
Diana Loguinova, 18 ans, connue sous le nom de scène de Naoko, avait été interpellée le 15 octobre avec deux membres de son groupe, StopTime, pour avoir chanté en pleine rue des morceaux de musiciens russes opposés à la politique du Kremlin.

Elle a ensuite été condamnée à 13 jours de détention pour « trouble à l’ordre public », puis, mardi, à une amende pour « discrédit » de l’armée russe.
Alors qu’elle devait théoriquement sortir de prison, elle a été à nouveau interpellée et un tribunal l’a condamnée mercredi à 13 jours de détention supplémentaires, a indiqué à l’AFP son avocate, Maria Zyrianova.
Selon Mme Zyrianova, la chanteuse a été reconnue coupable de « trouble à l’ordre public » lors d’un de ses concerts de rue et pour avoir utilisé un vocabulaire grossier dans l’une de ses chansons.
Alexandre Orlov, guitariste dans son groupe, a également été condamné mercredi à 13 jours de détention supplémentaires.
Peu avant cette nouvelle condamnation, Diana Loguinova a publié sur Telegram une vidéo depuis le tribunal où elle remercie ses soutiens et leur annonce, aux côtés de son guitariste, qu’ils vont se « marier ».
Selon le média local Boumaga, Alexandre Orlov lui a fait sa demande le 17 octobre, dans un fourgon pénitentiaire, alors qu’ils allaient effectuer leur première peine.
Diana Loguinova interprétait notamment des chansons de musiciens russes ayant quitté la Russie pour protester contre l’offensive russe en Ukraine lancée en 2022.
La justice russe condamne fréquemment des opposants politiques à plusieurs courtes peines de prison d’affilée.
Cette pratique, surnommée « le carrousel », vise à « faire peur » aux détenus et à les « contraindre à cesser leurs activités publiques », explique à l’AFP Dmitri Anissimov, porte-parole de l’ONG de défense des prisonniers politiques OVD-Info.
Il arrive également que la justice russe lance finalement des affaires pénales plus graves contre les personnes se retrouvant dans cette situation et les condamne à de longues peines de prison.
Depuis le début de l’offensive contre l’Ukraine, les autorités russes ont adopté un arsenal législatif permettant de museler les voix critiquant le conflit, y compris pour de simples déclarations faites en privé ou des messages sur Internet.