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Après deux années de fermeture, c'est la ruée vers les cabanes à sucre

Les réservations se sont envolées si vite que des propriétaires doivent refuser des clients par centaines

Photo portrait de Jérémy Bernier

Jérémy Bernier

2022-04-01T04:00:00Z

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Complètement débordées, les cabanes à sucre peinent à répondre à la demande des amateurs de sirop d’érable tant l’engouement est grand, après deux longues années de fermeture. 

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«C’est la folie d’après-COVID, presque toutes nos places sont réservées jusqu’à la fin de la saison!», s’exclame Josée Daigle, propriétaire de l’érablière Au rythme des temps, à Saint-Lin–Laurentides. «On refuse tellement de monde qu’on pourrait remplir deux à trois fois la cabane!», poursuit-elle. 

Mme Daigle est loin d’être seule dans cette situation. De Québec à Montréal, en passant par Trois-Rivières, l’engouement est sensiblement le même un peu partout, d’après des intervenants contactés par Le Journal. Et on est loin de s’en plaindre !

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

«Ça a vraiment explosé! Les repas traditionnels de la cabane ont manqué aux gens, c’est clair. Et nous aussi, ça nous fait du bien», confirme Manon Shallow, du Domaine du Sucrier, à Saint-Boniface. 

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Guetter les annulations

Nombreux sont les amateurs de repas traditionnels qui n’ont d’autre choix que de guetter les annulations de réservation pour espérer avoir une place.

Photo Stevens Leblanc
Photo Stevens Leblanc

À plusieurs endroits, les sorties de dernière minute ne sont même pas envisageables.

«Quand j’ai une annulation, je n’ai même pas le temps de raccrocher avec le client que sa place est déjà prise. C’est fou!», souligne Mme Shallow qui n’a «jamais vu ça».

Photo Stevens Leblanc
Photo Stevens Leblanc

Encore la pénurie

Plusieurs propriétaires d’érablières souhaiteraient ajouter des services, des places et étirer leurs heures d’ouverture pour répondre à la demande.

Mais malheureusement, comme dans bon nombre d’industries, la pénurie de main-d’œuvre gâche un peu la fête.

C’est notamment le cas à la cabane à sucre Relais des pins, à l’île d’Orléans.

Le tiers des 300 places ont été coupées et on ferme dorénavant le lundi et le mardi « pour donner une pause à tout le monde ». 

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Photo Stevens LeBlanc
Photo Stevens LeBlanc

«Mais dans l’ensemble, je suis contente. Après deux ans, on avait besoin d’une rentrée d’argent», indique la propriétaire, Annie Lachance. 

Récolte tardive 

Si la récolte d’eau d’érable va bon train depuis le début de la saison dans le sud de la province, elle semble un peu plus compliquée à mesure que l’on remonte le fleuve. 

«On est en retard de trois semaines sur la cueillette habituelle. Ça vient juste de commencer, alors que d’habitude ça commence à couler début mars», lance Richard Lessard, de l’Érablière du Lac-Beauport. 

La situation, qui est constatée aussi par Mme Lachance, s’expliquerait par la neige qui refuse de fondre et qui continue de s’accumuler, le froid qui persiste et le manque de soleil dans la région.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Stéphanie Laurin, présidente de l’Association des salles de réception et érablières du Québec (ASREQ), sur QUB radio:

Des réactions enjouées  

Annie Lachance
Annie Lachance Photo Stevens Leblanc

«On est tellement content de pouvoir enfin accueillir du monde, on était fébriles!» 

- Annie Lachance, propriétaire de la cabane à sucre Relais des pins 

«Tout le monde qui s’est restreint dans le temps des Fêtes veut se gâter. Il y a une grande demande des compagnies qui n’ont pas fait de party de Noël et qui veulent se rattraper.» 

- Richard Lessard, propriétaire de l’Érablière du Lac-Beauport

«Notre agenda se remplit maintenant à une vitesse éclair. Dès qu’une réservation est annulée, elle est aussitôt vendue à nouveau.» 

- Manon Shallow, propriétaire du Domaine du Sucrier 

Josée Daigle
Josée Daigle Photo Martin Alarie

«On n’a jamais refusé autant de monde. Les gens avaient hâte de sortir à la cabane, c’est la contagion du temps des sucres!» 

- Josée Daigle, propriétaire de l’érablière Au rythme des temps 

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