Rouge et Or: la frousse de la demi-finale de 2023 a servi de leçon pour tout le monde

Richard Boutin
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À l’aube du coup d'envoi des éliminatoires, qui débutent ce samedi au PEPS, le Rouge et Or de l’Université Laval assure avoir tiré une leçon de la grande frousse ressentie l’an dernier en demi-finale, quand les Stingers de Concordia étaient venus à un jeu de l’éliminer.
Vincent Blanchard avait sauvé les meubles grâce à un placement de 45 verges, pour créer l’égalité 27 à 27 après la première ronde de prolongation, avant qu’un touché d’Édouard Arsenault procure la victoire au Rouge et Or dans la ronde suivante. Les deux équipes se retrouvent un an plus tard.
«Le match de demi-finale l’an dernier a été une bonne leçon pour tout le monde, a affirmé le garde étoile Alexendre Masri-Fliss. Il ne faut sous-estimer personne en éliminatoires. Ce match a confirmé de façon concrète qu’on affronte de nouvelles équipes en éliminatoires. Nous sommes maintenant plus conscients de cette réalité.»
Son coéquipier Émeric Boutin abonde dans le même sens. «Ce n’est pas parce que tu portes le chandail du Rouge et Or que tu vas gagner, a souligné le centre arrière, qui a lui aussi été sélectionné sur l’équipe d’étoiles du RSEQ. Il faut travailler pour gagner.»
«Meilleure position qu’en 2023»
Glen Constantin estime que son équipe se retrouve dans une meilleure position qu’en 2023 pour amorcer la danse d’après-saison. «Nous sommes mieux rodés, a indiqué le pilote lavallois. Notre quart-arrière [Arnaud Desjardins] joue du grand football, protège bien le ballon et prend des décisions plus rapides. Nous sommes moins prévisibles. Je suis très satisfait de la façon dont on entre en éliminatoires.»
Une offensive plus diversifiée
Après avoir peiné à trouver son rythme en 2023, l’offensive du Rouge et Or carbure à un bon niveau cette année. Cette production à la hausse se traduit par une plus grande diversité des cibles pour Desjardins.
«Je suis hyper reconnaissant pour ce que Kevin [Mital] a apporté comme production et attitude, mais notre attaque est plus diversifiée. Le gagnant du trophée Hec-Crighton [joueur par excellence au Canada] nous a aidés beaucoup. À l’ombre, nos petits arbres poussaient moins vite, mais ils ont pris leur place cette année.»
Boutin partage le point de vue de son entraîneur. «Kevin a été excessivement important et il m’a aidé beaucoup, a mentionné l’ancien receveur qui a été muté à la position de centre arrière cette année. Il est grand, gros, vite et j’ai un grand respect pour lui. Il nous a laissé son attitude. Nous avons une meilleure distribution du ballon.»
Si le jeu aérien est plus diversifié, l’attaque terrestre, elle, apporte une meilleure contribution. «Nous n’étions pas au niveau de Laval l’an dernier et on a la chance de se reprendre, a résumé Masri-Fliss. Nous sommes une ligne offensive à maturité et nous avons des choses à prouver.»
La tradition évolue
Les joueurs du Rouge et Or arborent une coupe de cheveux teinte en rouge ou en or depuis quelques jours. Cette tradition a toujours existé, mais les joueurs de la présente édition l’ont modifiée.
«Dans le passé, les joueurs se faisaient teindre les cheveux ou la barbe lorsqu’ils atteignaient la demi-finale canadienne, mais on veut écrire notre propre histoire tout en respectant la tradition, a expliqué Boutin. C’est pourquoi on a décidé de se faire teindre dès le premier match des éliminatoires.»
Masri-Fliss n’a pas encore goûté à la médecine de ses coéquipiers. Il a une bonne raison. «Je passe mon entrevue pour être accepté en pharmacie et je veux me donner une chance d’être le plus sérieux possible, a-t-il expliqué avec le sourire. Je vais me faire teindre dès le lendemain de l’entrevue.»
À 48 heures du botté d’envoi prévu pour samedi à 12h, un total d’environ 10 000 billets avaient trouvé preneur. Les étudiants de Laval sont actuellement en semaine de relâche et la demi-finale a historiquement toujours été le match le moins couru de l’année.