Rouge et Or: Kevin Mital plaide coupable pour des voies de fait et s’évite un casier judiciaire


Dominique Lelièvre
Partager
Le receveur de passes vedette du Rouge et Or de l’Université Laval Kevin Mital ratera un match, mais il s’évite un casier judiciaire après avoir obtenu une absolution inconditionnelle pour avoir lancé une bouteille de bière qui a blessé un autre athlète lors d’une soirée arrosée.
• À lire aussi: Le Rouge et Or suspend Kevin Mital pour le match de samedi contre McGill
Le joueur étoile de 24 ans a plaidé coupable à une accusation réduite de voies de fait, jeudi matin. Les chefs d’accusation de voies de fait armées et causant des lésions, ainsi que de menaces, qui pesaient contre lui ont été abandonnés.
«C’est une situation assez embarrassante autant pour moi, pour l’Université Laval, pour le Rouge et Or, pour ma famille, pour les gens qui nous suivent de la ville de Québec et pour les jeunes, surtout en étant un des visages connus du Rouge et Or», a affirmé l’athlète en sortant de la cour municipale de Québec.
«Ceci étant dit, on est des êtres humains. On n’est pas parfaits, on fait des erreurs, ç’en était une. Je prends toute responsabilité pour mes actions là-dedans et pour grandir de cet événement-là», a-t-il poursuivi, ajoutant avoir «beaucoup de regrets» et vouloir «tourner la page» pour se concentrer sur le sport et l’obtention de son diplôme.
Dent cassée
L’histoire remonte à la nuit du 10 décembre 2021, au bar Pub X situé près du campus. Le plaignant, qui a lui-même été impliqué dans le sport étudiant dans un autre programme du Rouge et Or, fêtait son anniversaire avec des amis près du bar intérieur alors que Mital était près de la piste de danse.
Selon les faits admis devant le tribunal, Kevin Mital a lancé une bouteille de bière qui a atteint la bouche de la victime, provoquant une «petite lacération au niveau de la lèvre» et lui cassant une partie d’une dent. Cet individu n’était toutefois pas «visé particulièrement». Il s’est depuis remis de sa blessure.
D'après une lettre déposée au dossier et signée par Mital, un différend aurait éclaté entre son groupe et celui du plaignant.
«Le tout a dégénéré», l’un et l’autre s’échangeant «des insultes sous l’influence de l’alcool», explique-t-il en présentant ses «sincères excuses» pour son comportement qu'il qualifie de «complètement impulsif et stupide».
Travaux communautaires
À la suite des événements, l’étudiant en administration des affaires et espoir du football a fait 36 heures de travaux communautaires pour l’organisme Traic Jeunesse et a offert un dédommagement de 5000$ à la victime pour couvrir la réparation de la dent et les jours manqués au travail.
Le juge Maxime Laganière a prononcé une absolution inconditionnelle envers le sportif comme le recommandaient les deux parties. «Une peine adéquate» dans les circonstances, selon lui.
Le magistrat a souligné à Mital que son geste «aurait pu tout faire basculer dans [sa] situation», lui qui entrevoit une carrière professionnelle de football et n’a pas d’antécédents criminels, mais que la victime «aussi a le droit à ses aspirations».
Brève suspension
Le club de football du Rouge et Or a annoncé une suspension d’un seul match décernée à Kevin Mital «pour avoir contrevenu aux règles du code d’éthique du programme d’excellence Rouge et Or».
Il ne pourra donc pas disputer la rencontre de samedi soir au PEPS contre les Redbirds de McGill, mais sera de retour sur le terrain, le 17 septembre, lors de l’affrontement avec les Carabins de l’Université de Montréal.
«En tant qu’organisation universitaire, le rôle du Club est d’abord de former ses étudiants-athlètes à devenir de meilleurs citoyens de demain. Il croit fermement que l’éducation, l’encadrement et le principe de “deuxième chance” doivent être au centre de toutes ses décisions dans ce dossier» a déclaré l’organisation par communiqué.
Le président du Rouge et Or, Jacques Tanguay, s’est dit «très à l’aise avec la décision».
Plaignant satisfait
Le plaignant, qui a préféré ne pas s’adresser aux médias, accueille le tout «favorablement», selon la procureure de la poursuite, Me Catherine Gouin-Vallerand.
«Pour lui, ce qui était important, c’est de recevoir des dédommagements. Il ne voulait pas... il n’était pas fâché contre l’accusé.»
Un casier judiciaire aurait engendré pour Kevin Mital «des conséquences négatives, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel», alors qu’il est un «actif» pour la société et a démontré sa réhabilitation, avait-elle reconnu devant le juge.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.