Rory McIlroy largement favori

François-David Rouleau
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Même s’il ne défend pas un titre au 103e Championnat de la PGA d’Amérique cette semaine sur l’impressionnant Ocean Course de Kiawah Island, Rory McIlroy part largement favori devant un plateau très relevé.
C’est la jeune étoile montante Collin Morikawa qui doit défendre l’imposant trophée Wanamake en Caroline du Sud.
Mais par son éclatante consécration à l’édition 2012 sur ce même parcours, «Rory» sème la compétition composée de 99 des 100 meilleurs golfeurs au monde. Seul l’énigmatique Matt Wolff brille par son absence alors qu’il s’est désisté sans en donner la raison la semaine dernière.
Bref, il y a neuf ans que McIlroy a lessivé ses rivaux à Kiawah Island par huit coups, éclipsant la marque de sept coups établie par Jack Nicklaus à Oak Hill en 1980.
Une victoire digne des plus belles années de Tiger Woods. Encore aujourd’hui, cette confortable avance figure au sommet comme la référence.
Dire qu’en route vers ce championnat alors disputé en août, l’Irlandais du Nord éprouvait certaines difficultés. Une bonne performance tout juste avant de se présenter en Caroline du Sud lui avait insufflé l’énergie et la confiance nécessaire. Il avait ensuite fait opérer sa magie au fil d’une semaine où tout avait cliqué.
Similitudes
On peut donc facilement tracer des similarités entre les éditions 2012 et 2021. Le vainqueur du championnat Wells Fargo se pointe à Kiawah avec une première victoire en 18 mois.
«Je sens que ça fait si longtemps, comme si le temps avait passé. Je suis une personne et un golfeur différent», a souligné celui qui a ensuite soulevé le trophée Wanamaker deux ans plus tard à Valhalla.
«Ce n’est pas parce que j’avais bien joué à l’époque pour remporter le second tournoi majeur de ma carrière que cela me facilitera la tâche cette fois, a-t-il aussi prévenu. Ce parcours est un test très difficile, surtout quand le vent souffle.»
Tant personnellement que professionnellement, l’athlète âgé de 32 ans estime qu’il est plus confiant et heureux. Il savoure chaque petite joie de la vie, spécialement depuis la naissance de sa fille Poppy Kennedy à la fin août 2020.
Depuis ce gain à Kiawah, il a ajouté 15 victoires à sa fiche sur le circuit de la PGA, dont deux majeures en 2014. Rory n’a pas goûté à un sacre du Grand Chelem depuis sept ans.
Il compte six tops 10 à ses 12 présences à ce championnat. En août dernier au TPC Harding Park de San Francisco, il avait terminé au 33e rang. Le huis clos dû à la pandémie l’avait démoralisé, comme plusieurs golfeurs carburant à l’énergie de la foule. Les spectateurs seront de retour par milliers sur le parcours, au grand plaisir des golfeurs, dont McIlroy.
Sur le bon chemin
Depuis l’automne, McIlroy a connu sa part de hauts et de bas dans une longue saison. Expérimentant des difficultés avec un nouvel élan plus rapide et puissant, il est revenu à ses racines.
Un changement d’entraîneur a aussi porté ses dividendes alors qu’il travaille maintenant avec le gourou de l’élan, Pete Cowen.
Il y a deux semaines à Quail Hollow, un parcours qu’il affectionne, McIlroy a cassé l’une des plus vilaines séquences de sa carrière. En remportant le Wells Fargo, il a non seulement signé sa 19e victoire sur le circuit de la PGA, mais il a aussi ressenti à nouveau cette poussée d’adrénaline unique en ronde finale.
«C’était très encourageant, car je suis resté dans le processus en résistant à la pression de gagner un tournoi. J’en suis très satisfait.
«Cette victoire a validé que je suis dans la bonne direction. Même si je n’avais pas gagné à Quail Hollow, j’en serais sorti encouragé par l’étape franchie, car j’avais bien joué, peu importe le résultat.»
Le golfeur aux quatre titres majeurs en poche ne veut surtout pas s’arrêter là. Il cherche encore à s’améliorer. Sur un parcours où il a triomphé avec panache, il est difficile de l’exclure de l’équation.
Nouvel outil
Pour la première fois, les télémètres seront acceptés dans un championnat majeur. Afin d’accélérer le temps de jeu, les golfeurs pourront calculer la distance électroniquement.
Il s’agit d’un outil ajouté à la technologie déjà disponible. Les joueurs ont accès aux traditionnels livrets de distances, au livret de lecture des verts et à l’entraînement, aux appareils décortiquant leur élan.
Pas plus vite
De l’avis de plusieurs, cette permission n’accélérera pas le rythme, surtout lorsque le vent se mettra de la partie sur un parcours aussi difficile que l’Ocean Course de Kiawah Island. L’essentiel reviendra aux calculs et aux sensations.
Les télémètres acceptés selon le règlement ne pourront offrir plus que la distance. Il sera interdit d’utiliser ceux permettant de distinguer le relief, calculant la vitesse des vents ou interprétant des données.
Tony Finau ne savait même pas que l’utilisation du télémètre serait permise cette semaine.
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Jordan Spieth affamé
Depuis août 2017, Jordan Spieth souhaite ajouter l’ultime morceau à son casse-tête des quatre titres du Grand Chelem. Celui du Championnat de la PGA d’Amérique qui lui a glissé quatre fois entre les doigts.
Montrant meilleure mine depuis cet hiver, le Texan de 27 ans a retrouvé ses repères. Il est arrivé à Kiawah Island fort d’un quatrième top 10 de suite grâce à sa performance à la Classique Byron Nelson le week-end dernier. Sa ronde initiale de 63 (-9), sa meilleure de la saison d’ailleurs, lui a permis de terminer au neuvième rang.
Il lorgne donc le convoité trophée Wanamaker à sa neuvième présence au Championnat de la PGA. Sans affirmer qu’il met toute son attention sur la réussite du Grand Chelem, il désire présenter du jeu solide comme il l’a fait depuis février.
«Si je peux livrer mes meilleures performances et tirer profit de ce parcours, je ne peux que demander une chance de gagner», a fait savoir celui qui a loupé des occasions en 2015 (deuxième) et 2019 (troisième).
«Je souhaitais gagner le Masters en avril comme je ne l’avais jamais souhaité auparavant. C’est la même chose ici, a-t-il ajouté. Je veux vraiment le gagner.»
Spieth vise d’abord de bons résultats à l’aube des rondes du week-end. S’il y parvient, il tentera de se placer au cœur de la bataille au sommet du tableau principal.
S’il devait concrétiser ce scénario rêvé, il rejoindrait le sélect club des cinq golfeurs de l’histoire de l’ère moderne à avoir complété le fameux Grand Chelem en carrière: Gene Sarazen (1935), Ben Hogan (1953), Gary Player (1965), Jack Nicklaus (1966) et Tiger Woods (2000).
En 1930, avant l’arrivée du Masters, l’illustre Bobby Jones avait réussi l’exploit en une année, remportant les quatre titres amateurs et professionnels aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
Pas de la tarte
Cette commande sera toutefois particulièrement difficile à accomplir, car Spieth éprouve certaines difficultés à dompter les parcours dessinés par l’architecte Pete Dye.
Celui-ci a créé l’Ocean Course de Kiawah Island.
«J’adore ses créations, mais je ne crois pas y avoir très bien joué, car elles exigent tant de patience. C’est mon problème. Il faut avoir de l’imagination autour des verts. Il y a des endroits très difficiles proposant une grande variété de coups possibles.»
De plus, Spieth ne figure certainement pas parmi les plus longs cogneurs. Sur un parcours de 7876 verges exigeant précision et assurance malgré les éléments, ce ne sera pas de la tarte. Surtout qu’il se relève de la COVID-19, chopée après le Masters.
Déclic
Depuis le début du mois de février, l’Américain a retrouvé son aplomb. Il semble avoir sorti la tête de l’eau, lui qui s’était embourbé dans un profond marasme, dégringolant dans toutes les colonnes de statistiques.
Grâce à une nette progression dans tous les aspects de son jeu, à commencer avec son fer droit, il a récupéré ses sensations et sa capacité à exécuter des coups sous pression. Des tops 5 à l’Omnium de Phoenix et au Pro-Am AT&T de Pebble Beach lui ont prouvé qu’il était sur la bonne voie.
Avec sa victoire à l’Omnium Valero du Texas à l’aube du Tournoi des Maîtres au début avril, il est revenu dans le cercle des vainqueurs du circuit de la PGA, alors qu’il s’y était absenté durant plus de trois ans.
S’il peut saupoudrer un peu de sa magie sur l’Ocean Course cette semaine comme lui seul sait le faire, Spieth pourrait entrer dans l’histoire.