Guerre en Ukraine: Aryna Sabalenka attend Elina Svitolina au filet... même en sachant très bien qu’elle ne lui serrera pas la main


Jessica Lapinski
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L’Ukrainienne Elina Svitolina, très engagée à soutenir sa nation envahie par les forces russes et bélarussiennes, a refusé depuis le début de ce Roland-Garros de serrer la main de ses adversaires originaires de ces deux pays. Mais Aryna Sabalenka, du Bélarus, l’a tout de même attendue au filet mardi pour les traditionnelles salutations, après l’avoir battue 6-4 et 6-4 en quarts de finale.
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Deuxième favorite sur l’ocre de Paris, Sabalenka a bien sûr patienté en vain. Svitolina, qui a récemment fait son retour sur le circuit après avoir eu son premier enfant, est passée outre la poignée de main, se rendant plutôt directement à sa chaise. Une décision qui lui a valu des sifflets du public assis dans les gradins du stade Philippe-Chatrier, le central à Paris.
Sabalenka l’a finalement gratifiée d’un pouce en l’air, mais Svitolina n'a pas semblé être impressionnée par le geste.

Aryna Sabalenka gets the better of Elina Svitolina to advance to the French Open semi-finals! 📈
— Eurosport (@eurosport) June 6, 2023
The two do not share a handshake at the net ❌#RolandGarros pic.twitter.com/OR0SLzLJwZ
«Je ne sais pas ce qu’elle faisait au filet, car ma position était très claire au sujet des poignées de main, a dit Svitolia aux journalistes, après la rencontre. Je m’attendais à des huées, alors je ne suis pas surprise.»
«Est-ce qu'en demeurant au filet, elle a aggravé [les huées]? Je crois que oui», a-t-elle poursuivi.
Svitolina, une ancienne membre du top 5, a expliqué sa décision de ne pas serrer la main de ses adversaires russes ou bélarussiennes en disant notamment que cela serait mal vu par les soldats qui défendent l'Ukraine.
«Ç'a commencé avec notre gouvernement qui ne serrait pas la main à l'autre gouvernement, a-t-elle dit. Vous imaginez aussi ceux qui, sur le front, me verraient agir comme si rien ne se passait?

«Elle est brave»
Svitolina avait fait la même chose à la ronde précédente, alors qu’elle affrontait la Russe Daria Kasatkina. Cette dernière ne l'avait toutefois pas attendue au filet. Kasatkina lui avait aussi témoigné son respect en lui faisant un pouce en l'air, mais contrairement à Sabalenka, elle était rendue près de sa chaise.
Et cette fois-là, c'est Kasatkina qui s'était attiré des huées des spectateurs français à l'humeur clairement changeante.
Svitolina avait d'ailleurs louangé le courage de sa rivale. Kasatkina a dénoncé la guerre menée par son pays en Ukraine l'an dernier, en plus de révéler son homosexualité, même si cela pourrait lui valoir des représailles de son gouvernement.
«Je suis vraiment reconnaissante de sa prise de position, avait commenté l'Ukrainienne. Elle est brave de l'avoir fait publiquement, peu de joueuses ont parlé ainsi.»
Deux conférences manquées
La guerre entre la Russie et l’Ukraine est l’un des sujets chauds à Roland-Garros cette année. Plusieurs rencontres du côté féminin ont mis aux prises des joueuses de ces deux pays.
Sabalenka avait aussi été opposée à une Ukrainienne au premier tour. Marta Kostyuk avait aussi délibérément choisi de ne pas lui serrer la main.
La Bélarussienne, l’une des favorites à Paris, a aussi été autorisée à ne pas se présenter à deux conférences de presse durant le tournoi, ce qui est généralement passible d’une amende. Elle a dit s’être sentie menacée par des questions d’un journaliste ukrainien sur sa position sur la guerre et ses relations avec l’autoritaire chef du Bélarus, Alexandre Loukachenko.

«Je ne supporte pas la guerre»
Mais elle l'a fait mardi et devant les représentants des médias, Sabalenka a réitéré qu'elle ne défendait pas la guerre que mène son pays aux côtés de la Russie.
«Je l'ai dit à plusieurs reprises: je ne supporte pas la guerre. Je ne veux pas voir mon pays être impliqué dans un conflit, a déclaré la deuxième mondiale. Je ne veux pas non plus lier le sport et la politique. Je suis seulement une joueuse de tennis de 25 ans. Si je voulais faire de la politique, je ne serais pas ici.»
Sabalenka s'est aussi défendue d'avoir été vue aux côtés de Loukachenko par le passé. «Il venait à nos matchs de Fed Cup [désormais appelée la Coupe Billie Jean King]. Il prenait des photos avec nous. À l'époque, rien de grave ne se passait en Ukraine, en Russie ou au Bélarus.»
«Je ne supporte pas la guerre. Donc, je ne supporte pas Loukachenko en ce moment», a-t-elle également répondu à un journaliste.