Revers de 6 à 4 contre les Flyers: un match que le Canadien ne pouvait échapper

Jonathan Bernier
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PHILADELPHIE | Les joueurs du Canadien étaient au courant du congédiement de John Tortorella. Ils savaient pertinemment que les Flyers amorceraient le match avec une fougue renouvelée.
Il faut croire que ce n’était pas assez pour les inciter à abandonner cette mauvaise habitude qu’ils ont développée de s’adonner à du hockey de rattrapage.
Il n’y avait pas 12 minutes d’écoulées que déjà les locaux menaient 3 à 1. Et on ne parle pas ici de l’Avalanche du Colorado ou des Blues de St. Louis. Il est question des pauvres Flyers, défaits 11 fois en 12 matchs avant l’arrivée du CH.

Dès lors, on se doutait que la soirée serait longue. Le Tricolore s’est battu jusqu’à la fin, mais le miracle n’est pas venu.
Ce revers de 6 à 4 face à l’avant-dernière équipe de l’Association de l’Est est bien malheureux pour un groupe qui lutte désespérément pour demeurer dans le portrait des séries. Par chance, parmi les principaux rivaux de Montréal, il n’y avait que les Sénateurs et les Red Wings en action.
Ottawa l’a emporté à Detroit, accentuant à six points son avance sur le Tricolore au septième rang de l’Est.
Manque de combativité
Comment expliquer ce revers, un quatrième de suite, soit dit en passant ?
« Ce n’était pas un bon match pour nous. On a fait des erreurs mentales de bonne heure. On leur a donné des buts trop faciles », a énuméré Martin St-Louis.
Communication déficiente, manque de combativité le long des rampes et prises de décisions trop lentes sont au nombre de ces erreurs soulignées par l’entraîneur-chef du Canadien, en début de rencontre.
Et que penser de la tenue de Dobes ?
Appelé à relever Samuel Montembeault mardi, face aux Blues, le Tchèque a obtenu seulement un deuxième départ en 15 jours. Il a cédé à trois occasions sur les neuf premiers tirs des Flyers.
Puis, alors que ses collègues tentaient une poussée avec l’élan du désespoir, il a cédé à deux occasions sur des tirs qu’il aurait dû arrêter.
« Ce n’était pas un début de match facile pour lui parce qu’on faisait des erreurs mentales. Mais j’ai aimé comment il s’est remis dans le match. Il a joué très bien après le troisième but », l’a défendu son entraîneur.
Considérant que St-Louis avait déjà avisé que Dobes et Montembeault se partageraient le travail à l’occasion de cette séquence de deux matchs en autant de soirs, certains diront que le coach aurait dû y aller avec Montembeault pour augmenter ses chances de victoire face à une formation beaucoup plus prenable que les Hurricanes de la Caroline, les rivaux de ce soir.
Mais c’est toujours plus facile à dire dans son salon.
Michkov libéré
Avant la partie, Daniel Brière affirmait que Matvei Michkov avait grandi sous les ordres de Tortorella, bien que ce dernier était exigeant à son endroit. C’est bien possible. Toutefois, face au Tricolore, le jeune Russe avait l’air de voler beaucoup plus librement.
L’un des principaux rivaux de Lane Hutson dans la course au trophée Calder a terminé la première période avec un but, une aide et une échappée. Il était partout sur la patinoire.
De plus, il est celui qui a brisé les reins des Montréalais en marquant le sixième filet des Flyers, 18 secondes après que Christian Dvorak eut ramené l’écart à 5 à 3. Il a décoché six tirs au but, un sommet parmi les deux équipes.
C’est clair que Michkov a fait jouer la trame sonore de La reine des neiges toute la journée. « Libéré ! Délivré ! »
50 passes pour Hutson
Le seul moment lumineux de ce revers, c’est cet autre plateau atteint par Hutson. Complice du but d’Alex Newhook, l’Américain de 21 ans est devenu le cinquième défenseur de première année de l’histoire de la LNH à afficher au moins 50 aides en une saison (il a ajouté une plus tard dans la rencontre pour porter son total à 51).
Stefan Persson (50), en 1977-78, Gary Suter (50), en 1985-1986, Chris Chelios (55), en 1984-1985, et Larry Murphy (60), en 1980-1981, sont les quatre autres arrières à y être parvenus.
Il reste donc 11 matchs à Hutson pour égaler la marque de Murphy.
Parlant de défenseur, sur la même séquence, on a compris pourquoi Jamie Drysdale présentait un frisquet -27. Un arrière du circuit Bettman qui pivote du mauvais côté d’une façon aussi flagrante, ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu ça.