Réveillez-vous, les boys!

Marc de Foy
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La règle veut que l’on ne puisse évaluer la valeur d’une équipe avant que le premier quart de la saison soit franchi dans la LNH. Or, après seulement cinq matchs, cette norme ne tient plus pour le Canadien.
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Que se passe-t-il avec cette équipe?
Jusqu’ici, elle ne joue pas avec la hargne qui lui permettait d’être dans la plupart de ses matchs, la saison dernière. Mis à part sa victoire contre les Sénateurs, le Tricolore a été amorphe dans ses quatre autres rencontres.
Sa prestation face aux Kings de Los Angeles, jeudi soir, était gênante. Les Kings disputaient un cinquième match en huit jours sur les patinoires adversaires. Les joueurs du Canadien étaient bien reposés, n’ayant pas joué depuis trois jours. Ils n’avaient aucune excuse.
Au lieu de voir une formation gonflée à bloc, déterminée à ne pas laisser filer cette belle occasion qui s’offrait à elle, on a vu une équipe à plat et sans âme.
Martin St-Louis n’a pu que constater que l’évidence à la fin de la soirée.
«On a commis 14 revirements en première période, a-t-il déploré. C’est inacceptable.»
Le message du coach s’effrite-t-il?
Quand on entend ça, il y a lieu de se demander si le message du coach ne commence pas à s’effriter. Pourtant, St-Louis fait tout pour mettre ses joueurs en confiance et ne pas les embarrasser. Il ne veut pas leur crier par la tête, mais ses joueurs ne lui retournent pas l’ascenseur.
Il serait temps que St-Louis commence à diriger avec la même fougue qui le caractérisait durant sa brillante carrière de joueur. Un peu comme son ami John Tortorella, quoi! Tu donnes tout ce que tu as sinon une place t’attend sur la passerelle de presse.
C’est une chose de dire aussi que cette équipe est en reconstruction et qu’elle forme la deuxième plus jeune équipe de la Ligue nationale, Mais ses joueurs n’en devraient pas moins jouer avec enthousiasme et détermination, la pédale au plancher et le ventre à terre.
Brendan Gallagher et David Savard sont les joueurs les plus âgés de la formation et ils se présentent dans cet état d’esprit tous les soirs. On ne peut rien reprocher non plus à Kaiden Guhle et à Lane Hutson, qui s’est tapé une soirée de travail dépassant 30 minutes contre les Kings.
On ne voit pas toujours ça des autres.
C’en est décourageant.
C’est extrêmement décevant.
Réveillez-vous, les boys!
Où est passé Slafkovsky?
Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Nick Suzuki ont beau figurer parmi les cinq premiers marqueurs de l’équipe, leur jeu est inodore, incolore et sans saveur. Slafkovsky n’est qu’un pâle reflet du jeune joueur dynamique qui écrasait tout sur son passage en deuxième moitié de la saison dernière. Vendredi, il a quitté l’entraînement en raison de ce qui a toute l’apparence d’une blessure à une main, mais ça n’explique pas tout. Il doit retrouver l’entrain qui le faisait carburer l’an dernier.
Suzuki n’en fait pas assez et Caufield a ralenti après un départ canon. Ils étaient les deux premiers salariés de l’équipe avant que Jeff Gorton et Kent Hughes ne prennent la chance d’amener Patrik Laine à Montréal.
Cela signifie qu’ils ont la confiance de l’état-major pour mener le Canadien à bon port. Cette responsabilité leur revient même s’il reste des cases à cocher pour que le Canadien devienne une équipe aspirant aux grands honneurs. Ils ont le devoir de tirer l’équipe en tout temps.
Et, cette saison, plus que jamais.
Il faut que ça change
Pour le moment, tout ce que le peuple veut, c’est que le Tricolore soit dans le fameux mix, expression mise de l’avant par Geoff Molson, Gorton et Hughes à la fin de la saison dernière.
Avec seulement cinq matchs de joués, il n’y a pas lieu de céder à la panique, mais les hommes de St-Louis doivent sortir du laxisme dans lequel ils sont empêtrés. Ils doivent hausser leur niveau de jeu et d’implication pour que les amateurs puissent continuer à rêver d’une participation aux séries à l’Halloween, à l’Action de grâce, à Noël, au Jour de l’an, à la Saint-Valentin et à la date limite des transactions, le 7 mars prochain.
Il faudra bien trouver un remède au jeu défensif, un aspect où l’on ne voit guère de progression en ce début de saison. Quand l’adverse s’implante en territoire défensif, elle peut y rester aussi longtemps qu’elle le veut.
C’est Michel Therrien qui disait dans sa chronique publiée dans notre édition de jeudi qu’après la contre-performance du Canadien face aux Penguins, lundi dernier, on verrait les vraies couleurs du Canadien contre les Kings.
Ça n’a pas été un succès.
Si ça ne change pas avant longtemps, l’hiver va être interminable.