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Retranché des catégories «Pee-wee AAA», «Bantam AAA», «Midget Espoir» et maintenant... le voici espoir du Canadien de Montréal

Photo fournie par Jonathan Roy / Remparts de Québec
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2023-11-30T00:30:00Z

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Quentin Miller se pince parfois en réalisant qu’il est aujourd’hui le gardien partant des Remparts de Québec et un espoir du Canadien de Montréal. Car, à un certain point de sa vie, rien ne laissait présager qu’en 2023, il aurait le statut privilégié qu’il possède. 

L’histoire du gardien de but des Remparts de Québec a de quoi inspirer. Contrairement à la très grande majorité des joueurs qui parviennent un jour à être repêchés dans la LNH, Miller n’a jamais fait partie de l'élite de son sport, en grandissant.

Il a été retranché des catégories «Pee-wee AAA relève», puis «Bantam AAA», puis «Midget Espoir». Ce dernier échec, en 2019, l’avait alors poussé à effectuer une réflexion qui l’a finalement mené du côté du hockey scolaire, dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS), avec le Collège Notre-Dame de Montréal.

«Quand j’ai été retranché du Bantam AAA, je suis allé jouer Bantam AA et ce n’était pas assez sérieux pour moi. J’avais l’impression que les entraîneurs s’en foutaient et j’avais besoin d’une place un peu plus encadrée. C’est là que Notre-Dame m’a approché. Ça me donnait une option et quand j’ai été retranché du Midget Espoir, j’ai décidé de l’essayer», raconte-t-il.

Là-bas, il se retrouve dans une formation qu’il qualifie en riant de «pas la meilleure des équipes mais j’ai reçu des tirs en masse. »

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À un mouvement d’un autre refus

Malgré tous les refus encaissés au fil des ans, Miller ne perd pas espoir et, la saison suivante, il demande à son père s’il peut tenter sa chance au précamp du Rousseau-Royal de Laval-Montréal, de la Ligue de hockey M18 AAA du Québec (autrefois Midget AAA).

«Mon père n’était pas sûr. C’était quand même cher mais finalement, quelques jours avant le camp, il avait accepté», se remémore l’espoir du Canadien.

Là-bas, il fait bien, sans plus, mais est invité au camp principal de l’équipe, où, contre toute attente, il parvient à s’y tailler une place.

À une condition, toutefois: il faut que le gardien Olivier Ciarlo demeure avec le Drakkar de Baie-Comeau à 16 ans, sans quoi il reviendra avec le Rousseau-Royal, privant ainsi Miller de sa place dans l’équipe. Heureusement pour ce dernier, le Drakkar décide de garder trois gardiens, dont Ciarlo.

«Je réalise que j’ai eu plusieurs événements chanceux qui font en sorte que, si ce n’était pas arrivé, je ne serais peut-être pas là aujourd’hui», philosophe-t-il.

Le gardien Quentin Miller avec le Rousseau Royal de Laval-Montréal lors de la saison 2020-2021.
Le gardien Quentin Miller avec le Rousseau Royal de Laval-Montréal lors de la saison 2020-2021. Photo fournie par le Rousseau Royal de Laval-Montréal
Une année sans jouer

Miller n’a toutefois pas été en mesure de profiter pleinement de cette année, puisque la pandémie de COVID-19 a mis un frein à toutes les activités sportives.

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«On jouait des matchs à quatre contre quatre et on pratiquait en groupes de huit sur la glace, avec des masques», se remémore-t-il.

Mais, à l’interne, le Rousseau-Royal voit de belles choses de ce gardien sorti un peu de nulle part.

«Quand on a commencé à le diriger, on a réalisé que c’était un jeune très réceptif aux enseignements et qu’il était en mesure de les appliquer rapidement. Son niveau de maturité et sa compréhension du jeu sautaient aux yeux», note l’entraîneur-chef de Laval-Montréal, Joey Bucci.

Le mot se passe et, l'été suivant, les Remparts en font un choix lointain de dixième ronde. Le dépisteur-chef de l’équipe à l’époque, Christian Vermette, admet sans détour qu’il n’aurait pas pensé que Miller deviendrait un espoir de la LNH à ce moment.

«Pour être honnête, on l’avait vu en vidéo et il bougeait bien. Il avait un petit côté intrigant mais il y a plus de chance que d’autre chose là-dedans de notre côté. Quand on l’a repêché, si tu m’avais dit qu’il serait repêché dans la LNH, je ne t’aurais jamais cru. Tout le mérite lui revient, il a travaillé fort et bien progressé», reconnait celui qui travaille maintenant pour les Oilers d'Edmonton.

Quentin Miller avait reçu son chandail des Remparts des mains du recruteur Nicolas Lepore, en 2021.
Quentin Miller avait reçu son chandail des Remparts des mains du recruteur Nicolas Lepore, en 2021. Photo tirée du compte Twitter des Remparts de Québec

En plus, lors du repêchage de 2021, les Remparts avaient sélectionné un gardien, Mathys Fernandez, en troisième ronde.

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«Je me rappelle, on était rendu en dixième ronde et on se demandait si on prenait un autre gardien puisqu’on avait déjà repêché Fernandez. J’avais dit à Pat [Patrick Roy] qu’il était un an plus vieux et qu’il pourrait cadrer dans notre alignement. On a finalement décidé de le prendre et ç’a bien tourné parce que Fernandez a permis d’acquérir Justin Robidas l'an dernier et Miller est maintenant le gardien partant de l’équipe.»

Patrick Roy en compagnie de Christian Vermette.
Patrick Roy en compagnie de Christian Vermette. DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC
Pas encore un partant établi

On peut comprendre les doutes de Vermette à l’époque, car, même la saison suivante, à 17 ans, Miller n’était pas le partant clair et sans équivoque du Rousseau-Royal, partageant équitablement les départs (21 chacun) avec Samuel Carreiras-Pata.

«Plus l’année avançait, plus on voyait qu’on avait quelque chose de bien entre les mains, se rappelle Joey Bucci. On voyait qu’il gagnait en confiance.»

L'entraineur-chef décide donc de le nommer partant pour le début des séries, et Miller saisira cette chance et disputera la majorité des matchs de son équipe en route vers une participation en demi-finale de la Coupe Jimmy-Ferrari.

La suite fait partie de l’histoire: il se taille une place avec les Remparts la saison suivante, à 18 ans, comme adjoint à William Rousseau, avec qui il remportera le trophée Gilles-Courteau et la Coupe Memorial.

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Quentin Miller avec la coupe Memorial, le 4 juin 2023.
Quentin Miller avec la coupe Memorial, le 4 juin 2023.

Même s'il ne joue pas beaucoup, il attire tout de même les regards des équipes de la LNH et le Canadien en fait sa sélection de quatrième ronde en juin 2023. Il a par la suite vécu un rêve de jeunesse en participant au camp de d'entrainement de son équipe d'enfance et en affrontant les tirs de Cole Caufield. Puis, il s'établit cette saison comme l'un des bons gardiens de la LHJMQ.

Quand il y repense, Miller ne peut que se rappeler la chance qu’il a que cette succession d’événements lui ait permis de se rendre là où il est présentement. Et une phrase, prononcée par sa mère après qu’il eut été retranché de la Pee-wee AAA relève, lui revient souvent en tête.

«Elle m’avait dit qu’il n’y a rien qui arrive pour rien. Sur le coup, j’étais triste et déçu mais aujourd’hui je réalise qu’elle avait raison. Ça m’a forcé à pousser plus que les autres et c’est pourquoi je suis ici aujourd’hui.»

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