Retour vers le futur à l’Omnium britannique: les vétérans ont la cote
Henrik Stenson et Phil Mickelson avaient offert un spectaculaire duel au Royal Troon en 2016


François-David Rouleau
Partager
Il faisait un temps typiquement écossais quand Phil Mickelson et Henrik Stenson se sont livré un féroce duel d’anthologie sur les allées et les verts du Royal Troon par un week-end de juillet 2016. À coups d’oiselets et d’aigles tantôt sous la pluie et tantôt sous les rayons du soleil, les deux golfeurs dans la quarantaine avaient marqué l’histoire. De retour sur les lieux d’une ronde finale sans merci à l’aube de la 152e édition de l’Omnium britannique, on peut dire qu’elle est difficile à oublier et à surpasser.

Certains observateurs osent même dire que c’est l’un des plus grands duels de l’histoire du golf. Minute... Il y en a eu tant d’autres impliquant les Nicklaus, Woods et cie qui ont marqué leur sport depuis cinq décennies.
Mais il faut avouer que, depuis 10 ans, le choc entre Stenson et Mickelson figure au sommet de la liste, et ce, en impliquant les compétitions par équipe de la Coupe Ryder et de la Coupe du Président.
Retour en arrière
Avec un coup d’avance sur son rival américain au lever du soleil de la ronde finale, le Suédois a vite perdu sa priorité avant de la reprendre en inscrivant cinq oiselets à l’aller. Offrant une performance magistrale sur le retour, il a porté le coup de grâce au 15e en calant une bombe de 50 pieds, puis il a enterré son rival sur la longue normale 3 de 240 verges du 17e avec un coup de fer long qui a terminé sa course à quelques pieds du drapeau. Une frappe d’une pureté dans un moment unique dont on se souvient toute notre vie.
Stenson avait ensuite rendez-vous avec l’histoire pour embrasser la précieuse Claret Jug. Une carte finale de 63 (-8), une première depuis le mémorable 63 de Johnny Miller en ronde finale de l’Omnium des États-Unis de 1973, un dossier cumulatif de -20, un nouveau record de l’Open en ne surpassant nul autre que Tiger Woods et une première parmi les quatre tournois majeurs.

Bref, avec ses 10 oiselets, «IceMan» n’avait laissé aucune chance à Lefty en ce dimanche historique dans le petit village de Troon. Mickelson avait aussi flirté avec l’histoire en ronde initiale, ratant d’un poil le meilleur pointage, 62, dans un Grand Chelem. Et une dernière carte de 65 ne fut pas suffisante. Le gaucher, abonné au deuxième échelon dans sa carrière, était débiné au bout de cette course à deux pur-sang courant à fond de train.
Quatre champions de 40 ans ou plus
En se détachant du peloton dans les rondes finales, les deux quadragénaires ont prouvé à cette édition que le trophée de l’Omnium britannique et le titre du «Champion golfeur de l’année» pouvaient autant être conquis par un vétéran qu’un jeune loup.
Depuis 2010, sept des 13 vainqueurs de l’Open sont âgés de plus de 35 ans. Du lot, quatre dépassaient la quarantaine.
En 2011, en 2012 et en 2013, Darren Clarke (42 ans), Ernie Els (42 ans) et Phil (43 ans) avaient surpassé la compétition. En 2015, Zach Johnson avait embrassé le trophée à l’aube de ses 40 ans.

Tout est donc encore possible pour les vétérans. C’est d’autant plus vrai à Troon, où l’expérience est primordiale. La météo fait souvent des siennes, comme ce sera le cas au fil des quatre prochains jours, selon les prévisions. La pluie et les vents, évidemment, pimenteront le spectacle sur un parcours plus long de 195 verges par rapport à 2016.
Le Royal Troon s’étend maintenant sur 7385 verges, ce qui en fait le troisième plus long parcours de l’histoire du tournoi.
Puissance, précision, agilité et sang-froid sont requis à cet endroit pour savourer l’élixir du champion de la prestigieuse Claret Jug.
Ce ne serait pas une surprise si l’un des nombreux vétérans devait faire la barbe aux jeunes loups.