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Retour de Roy: tout le monde est content... sauf à Ottawa

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-01-22T23:37:49Z

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La semaine dernière, je vous livrais un billet de saison senti au sujet de Patrick Roy. 

Mon motif, outre réaffirmer publiquement ma consternation devant l’absence du gardien le plus victorieux de l’histoire en séries éliminatoires, gagnant d’un trophée Jack-Adams derrière le banc de l’Avalanche et gagnant de deux coupes Memorial et d’une coupe du président derrière celui des Remparts, était de vous dire sans vous dire ce qui se tramait.

La semaine dernière, une source digne de foi et bien au fait du dossier m’a glissé qu’une nouvelle importante concernant Patrick était sur le point d’être rendue publique. Cette source m’a demandé de jouer mes cartes intelligemment afin de ne pas faire de grande révélation publiquement le temps que la bombe éclate. Comme mon métier n’est pas prioritairement de sortir des nouvelles, j’ai respecté la volonté de ma source.

Lorsque la manchette a confirmé l’investissement en France de Patrick avec ses amis Jacques Tanguay et Jean Bédard est apparue, je me suis dit que cette nouvelle ne pouvait pas être celle que mon indic m’annonçait sans me l’annoncer. Il a confirmé qu’il n’en était rien. 

Autrement dit, ce qu’il me disait c’est : Patrick va «coacher» dans le «show» très bientôt. J’ai taquiné ma truite autant que j’ai pu pour connaître sa destination, sans succès.

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Je n’avais donc pas à proprement dit un scoop, alors je me suis résolu à écrire un billet de saison en faveur d’un retour de Patrick dans la Ligue nationale.

En pesant fort sur les touches de mon clavier sur les Sénateurs d’Ottawa, ma déduction était simple et évidente : Michael Andlauer n’allait pas se passer plus longtemps d’un gars comme Patrick Roy, le «fit» parfait pour redresser son vestiaire et emmener ses jeunes loups à travailler ensemble et de la bonne manière, à en faire des gagnants. Il ne sait que fabriquer ça des gagnants, Patrick... 

Aucune affirmation claire donc, aucun scoop, mais un billet teinté d’une information qui s’est avérée bien qu’incomplète être totalement fondée. 

Voici donc Patrick fraîchement rasé à New York. Celui qui a offert la performance d’un gardien la plus mémorable de l’histoire des séries de la LNH en pleine île de Manhattan, à MSG, y retournera depuis l’arrière du banc du frère ennemi des Rangers, les Islanders.

Certains ont dit qu’il n’y avait que Lou Lamoriello d’assez fort pour embaucher Roy. Si c’est ça, la LNH est le royaume des faibles, faibles de ne pas faire l’effort de discuter avec Patrick pour comprendre qui il est vraiment et surtout où il est rendu dans sa vie. C’est faible de penser que Roy allait débarquer et «runner le show» en montant sur la tête de ses patrons. Chose certaine, le vieux Lou a fait la barbe à tout le monde avec cette nomination annoncée en un clin d’œil. 

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Une main de fer dans un gant de velours

Je pense que tu ne peux pas gagner dans la vie comme au hockey avec des nez bruns, des «loosers» sympathiques et influençables. Je pense que tu gagnes parce que t’es un gagnant dans le sang, parce que tu te bats avec ce qu’il faut de rage pour triompher.

Patrick possède cet ADN. Il s’en sert désormais en choisissant d’enrober sa main de fer dans un gant de velours.

L’approche de Patrick a changé. Personne ne lui a demandé de le faire. Il a cette intelligence émotive qui lui permet de s’ajuster.

Je n’ai aucun doute sur le succès que Patrick aura à New York. Larry Brooks est mieux de s’attacher, «Casseau» va lui servir, outre des réponses claires, certainement quelques clins d’œil.

Je vois Roy succéder au vieux Lou lorsque celui-ci va finalement raccrocher. Je rappelle que Lamoriello a aujourd’hui 81 ans et qu’il n’est pas éternel bien que tout puissant...

Je suis très heureux pour Patrick, mais je me désole pour les partisans des Sénateurs, qui avaient toutes les raisons de s’exciter de la venue d’un propriétaire solide. Finalement, leur équipe semble menée par un développeur immobilier dont le flair n’entre pas dans un aréna. Comment penser autrement : Andlauer n’aurait même pas «rasé» près d’embaucher Roy. Rasé. ça te va bien, Patrick ! À jeudi le Roy!

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