Restera-t-il des combattants jusqu’à la fin?

Marc de Foy
Partager
La série entre le Canadien et le Lightning s’est transformée en guerre. La loi du talion prime. C’est œil pour œil et dent pour dent.
Personne ne sait comment cet affrontement va se terminer. Mais l’équipe qui l’emportera va être drôlement amochée.
Les deux formations se retrouvent à la case départ après quatre matchs. Mais le Tricolore aurait pu très bien gagner ce quatrième match.
La situation augurait plutôt bien avec six minutes à jouer à la deuxième période. La troupe de Martin St-Louis dictait le jeu et menait par deux buts.
Cole Caufield s’était offert enfin un premier but en supériorité numérique.
La foule trippait en masse !
Slaf frappé par un autocar
Puis un certain Max Crozier, un colosse de six pieds trois pouces, 204 livres, a servi une percutante mise en échec à Juraj Slafkovsky, qui montre une taille identique mais qui est encore plus lourd, à 225 livres.
Le contact a été violent.
Slafkovsky est resté étendu au centre de la patinoire pour ensuite se relever de lui-même et se diriger vers l’infirmerie.
Les arbitres ont jugé que la mise en échec était légale.
Était-ce vraiment le cas ?
Sur le coup, c’était condamnable, mais en regardant la reprise plusieurs fois, disons que c’était à l’extrême limite de la légalité.
Cela dit, je m’attends à ce que les inconditionnels du Canadien soient en total désaccord.
À bas les arbitres !
Mais c’est à partir de ce moment que le vent a tourné en faveur du Lightning. La troupe de Jon Cooper a réduit l’avance à un but avant la fin de la période, avant de niveler les chances et prendre les devants au troisième engagement.
Le Tricolore a-t-il perdu à cause des officiels ?
La foule a rendu son verdict nul lorsque la sirène annonçant la fin des hostilités a retenti.
« Refs, you suck ! » a scandé à l’unisson une bonne partie de la salle comble.
Plus tard, dans un Centre Bell vide, alors que des employés s’affairaient à vider les cracheurs de flammes mis en place à la hauteur des écrans géants pour les séries, un amateur frustré en a remis.
« Mettez l’arbitre sur le barbecue ! » a-t-il lancé haut et fort depuis une loge privée.
J’ai déjà hâte au match de vendredi !
Comme au Chicago Stadium
Le Centre Bell est devenu de loin l’amphithéâtre le plus intimidant et le plus bruyant de la Ligue nationale.
À mes premières années à la couverture du hockey, le Chicago Stadium détenait ce titre. Un soir que Serge Savard, alors directeur général du Canadien, était assis à mes côtés sur la galerie de presse, laquelle était située à une extrémité de la patinoire, il m’avait lancé une remarque que je n’ai jamais oubliée, après l’hymne national américain.
« Si un joueur n’est pas prêt pour un match ici, il ferait mieux de changer de job ! »
Que nous réserve le reste de la série ?
Dieu seul le sait et le diable s’en doute.
Le Canadien se serait mis en excellente position avec une troisième victoire dans le quatrième match. Mais là, il devra aller chercher au moins une autre victoire en Floride. La commande n’est pas mince, mais cette sacrée équipe nous a démontré toute la saison qu’aucun défi ne lui fait peur.