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«Il a toujours pris son rôle à cœur»: Alex Ovechkin encensé par son premier protecteur

REUTERS/Ray Stubblebine (UNITED STATES)
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2024-11-16T00:00:00Z
2024-11-16T13:15:49Z

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Dans le cadre de la chasse au record du nombre de buts de Wayne Gretzky, Le Journal a réalisé plusieurs entrevues avec des Québécois qui ont côtoyé Alexander Ovechkin à différentes étapes de sa carrière.

Qui Alex Ovechkin verrait-il pour compléter l’unité qu’il formerait avec Sidney Crosby? Mario Lemieux? Non. Wayne Gretzky? Non. Tom Wilson, qui le suit comme une ombre sur le premier trio des Capitals depuis près d’une décennie? Non plus.

À cette question que lui a posée un journaliste de Washington, il y a deux ans, Ovechkin a répondu, sans trop d’hésitation: «Brash. Donald Brashear. On aurait besoin de protection et d’espace.»

Difficile de trouver mieux comme marque de respect pour un travail ingrat effectué pendant trois saisons... il y a 15 ans.

Photo d'archives
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«Ça m’a fait chaud au cœur, a mentionné Donald Brashear, lors d’un entretien téléphonique avec l’auteur de ces lignes. Tu te demandes toujours si les gars ont apprécié ce que tu faisais pour eux. Cette réponse m’a prouvé que oui.»

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Brashear se souvient de l’été 2006, du coup de fil de George McPhee. Le directeur général des Capitals cherchait un homme fort pour protéger sa jeune vedette, qui était alors âgée de 20 ans.

«George n’a pas eu besoin de me dire grand-chose. Je savais ce qui se passait. L’année précédente, je jouais avec les Flyers et mon coach [Ken Hitchcock] m’embarquait pour aller le frapper et jouer physique contre lui.»

Un job plus facile

Par conséquent, Brashear avait été l’un des premiers à constater que le jeunot de 6 pi 3 po et d’un peu plus de 210 lb, à l’époque, savait se tenir debout.

«Je trouvais qu’il était pas mal solide», a soutenu l’ancien dur à cuire.

«D’ailleurs, les gars l’essayaient, mais souvent ce sont eux qui se ramassaient sur le dos. Ce n’était pas comme un gars qui mesure 5 pi 10 po, tout maigre, qui se dépêche de faire ses passes et qui se fait ramasser deux, trois fois par match, a-t-il raconté. Quand quelqu’un réussissait à le faire tomber, c’est parce qu’il s’y était pris en cochon. Dans ce temps-là, je savais qu’il fallait que je me lève.»

Un rapide coup d’œil aux statistiques du Québécois démontre que ses trois saisons dans la capitale américaine s’inscrivent parmi les cinq au cours desquelles il a passé le moins de temps sur le banc des punitions par rencontre.

Il est vrai qu’au retour du lock-out de 2004, le hockey avait quelque peu changé, le nombre d’hommes forts par équipe était en chute libre et la réputation de Brashear faisait en sorte qu’il fallait y penser à deux fois avant de jeter les gants contre lui. Toutefois, une autre raison explique les soirées moins occupées de celui qui pointe au 15e rang des joueurs les plus punis de l’histoire de la LNH.

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«Ovi était physique. Quand il se fâchait et qu’il décidait d’aller frapper un gars, le gars ne restait pas debout. Dans ce temps-là, ça impose un respect et ça facilite la tâche d’un tough, a expliqué Brashear», le sourire dans la voix.

L’épreuve du temps

En raison du lock-out de 2004, qui a repoussé d’une saison l’entrée en scène d’Alex Ovechkin, Sidney Crosby et lui sont arrivés dans le circuit Bettman en même temps. Évidemment, les comparaisons n’ont pas tardé. Les projections non plus.

À l’époque, en raison justement de son style hargneux et robuste, on se disait qu’Ovechkin aurait de la difficulté à passer l’épreuve du temps. Qu’il avait un style propice aux blessures.

Finalement, ce ne fut pas le cas. Le Tsar a raté un total de 59 matchs en 20 saisons contre 213 pour Crosby. Bien sûr, Ovechkin a ajusté son jeu au fil des ans. Il court moins à travers la zone adverse pour mettre des adversaires en échec et le nombre de ses coups de patin dans un match est à peine supérieur au nombre de pas d’un journaliste sur la passerelle.

Mais il a su se garder en forme.

«Il a toujours pris son rôle à cœur, a soutenu Brashear. Quand tu es un tough de l’équipe, tu as tout un respect pour les joueurs qui font ça et qui donnent leur 100%. Tu as le goût de les protéger et de t’occuper d’eux.»

Un respect mutuel, semble-t-il.

Un leader exemplaire

Alex Ovechkin a toujours été reconnu pour être un bon vivant. Qui ne se souvient pas des vidéos du capitaine des Capitals célébrant la conquête de la coupe Stanley de 2018 dans une fontaine de Washington, l’air passablement éméché?

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Une aberration pour certains, la preuve de l’excellence de ses qualités de rassembleur pour d’autres. Donald Brashear a connu le jeune Ovechkin. Celui de 20 à 22 ans. Mais déjà, le Russe se distinguait de plusieurs autres leaders avec qui le vétéran a évolué au cours de sa carrière de 1025 matchs dans la LNH.

«Il aimait faire des blagues et rire avec tout le monde. C’était amusant d’être autour de lui, a-t-il raconté. C’est une des choses qui rendaient sa vie paisible au hockey. Il a une joie de vivre et il était heureux de faire ce qu’il fait.»

Pas de clique

Une joie de vivre contagieuse facile à communiquer quand on est animé d’une passion qui ne s’essouffle pas et qu’on comprend que, au fond, le hockey, c’est un jeu. Un jeu payant, qui vient avec des responsabilités et des sacrifices, mais un jeu quand même.

«Le hockey, c’est le fun. Et c’est le fun de compter des buts. Lui, il a toujours voulu marquer une bonne partie des buts de son équipe, a indiqué Brashear. Il a toujours montré l’exemple par sa façon de travailler.»

Ovechkin était loin d’avoir les cheveux gris quand Brashear s’est amené à Washington. En fait, c’est à peine s’il avait des poils au menton. Mais il avait compris que l’un des ingrédients des succès d’une équipe passe par son unité. Une unité qui se bâtit loin de la patinoire.

«Pour l’esprit d’équipe, il était très bon. Il a toujours invité tout le monde. Il s’assurait que personne n’était laissé de côté, a raconté Brashear. S’il y avait un souper ou un party, tout le monde était invité. Ce n’était pas juste la clique. En fait, il n’y avait pas de clique. Il aimait tout le monde.»

Même les gars de quatrième trio.

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