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Réseau ferroviaire : des entreprises régionales s’inquiètent d’une possible grève

Catherine Boucher

2024-08-21T19:32:21Z

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La menace de grève et de lock-out qui plane sur l'industrie du transport ferroviaire soulève des inquiétudes au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Si l'industrie ne parvient pas à s'entendre avec Ottawa, les deux principales compagnies ferroviaires au pays risquent de cesser leurs activités ce jeudi. 

Des multinationales sont en mode préparation afin d'essayer d'amoindrir les impacts engendrés par une possible grève. C’est le cas notamment de Rio Tinto, qui souligne par courriel se préparer depuis plusieurs mois à cette éventualité. La multinationale s’affaire donc toujours à élaborer un plan de contingence.

Même chose du côté de Produit Forestier Résolu, qui souligne par écrit que ses équipes de transport et logistique travaillent déjà à limiter les impacts sur leurs activités et leur chaîne d’approvisionnement.

Impacts significatifs à prévoir

Le tiers des marchandises sont transportées par voie ferroviaire à l’échelle régionale et interrégionale. Il s’agit d’une voie de transport essentielle notamment pour l’exportation du bois et de l’aluminium.

Une éventuelle grève dans l’industrie ferroviaire aurait des impacts significatifs sur la production, brisant au passage la chaîne d’approvisionnement et ce pour plusieurs semaines. Des conséquences à plus long terme sont donc envisageables. D’un point de vue monétaire, des pertes sont aussi à prévoir.

Bon nombre de grandes entreprises notamment dans la région suivent donc la situation de très près.

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C’est le cas de l’entreprise saguenéenne Coupesag, qui s’est d’ailleurs fait questionner dernièrement par des clients inquiets de la situation dans le domaine ferroviaire.

«On importe plus notre matière première, les feuilles d’acier et d’aluminium. C’est sûr qu’un conflit dans le domaine ferroviaire, tôt ou tard, ça va nous affecter. On a certaines matières de sécurité en stock donc on serait capable de fonctionner encore quelques jours sans approvisionnement», explique le contrôleur corporatif de Coupesag, Nicolas Pelletier.

«Mais c’est sûr qu’on n’a pas des semaines d’avance. On a peut-être une à deux semaines donc les produits seraient plus difficiles à fabriquer. Le temps d’approvisionnement serait plus long parce que si c’est par camion, ce sera plus compliqué tout le monde va vouloir utiliser cette solution-là. Ça va causer des problèmes dans le futur, c’est clair», a-t-il ajouté.

Matière à réflexion

La Chambre de commerce et d'industrie souligne l'importance de diversifier les modes de transport des marchandises

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a la chance d’avoir développé d’autres modes de transport, notamment par voie terrestre. Le parc des Laurentides est d’ailleurs beaucoup plus facilement accessible qu’auparavant pour les transporteurs de grosses marchandises.

Sans oublier le transport par voie maritime, qui est surtout utilisé pour transporter des marchandises sur une courte distance.

Bien que ses options soient encore accessibles pour la majorité des entreprises, certaines dépendent encore des voies ferroviaires pour exporter et importer de la marchandise.

Dans le cas d’une grève du réseau ferroviaire, les consommateurs n’en ressentiraient pas les effets, mais pour plusieurs entreprises, ce serait fortement dommageable.

«Il y a certaines entreprises qui ont besoin du chemin de fer pour importer des choses comme du propane et de l’acier par exemple. Évidemment, ça impacte la production, notamment le transport de marchandises de propane, d’acier, de produits chimiques. Pour l’exportation aussi de nos matières. De là l’importance de développer des alternatives pour nos voies de transport», souligne Sandra Rossignol, directrice générale de la chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le-Fjord.

Tous les yeux sont maintenant rivés vers Ottawa dans l’espoir d’une entente avec les travailleurs du Canadian Pacifique Kansas City. À défaut d’une entente, ils pourraient cesser leurs activités ce jeudi. Un lock-out risque d’être déclenché au même moment auprès de la compagnie des chemins de fer nationaux.

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