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Rencontré, pas rencontré? Tout le buzz que l’on entend sur le CH

Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-06-11T04:00:00Z

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Les Canadiens de Montréal ont la réputation de rencontrer la forte majorité des espoirs invités à la semaine d’évaluation (Combine) de la Ligue nationale de hockey (LNH). La logique voudrait ainsi que les réponses se trouvent davantage chez les joueurs qui n’ont pas été convoqués.

«On les rencontre pas mal tous, les gars ici, de toute façon», nous a-t-on dit lorsqu’on a essayé de comprendre quelles conclusions dégager des entrevues et des non-entrevues.

Ce qu’on peut vous confirmer, c’est qu’il y a au moins trois espoirs dont le rang de sélection projeté par le consensus est raisonnablement près des 16e et 17e choix qui n’ont pas été demandés à être rencontrés par le CH. Ils sont Cole Reschny, Sascha Boumedienne et Kashawn Aitcheson.

Ce qu’on ne peut PAS vous confirmer, c’est... que cela signifie quoi que ce soit. Dans le cas d’Aitcheson, par exemple, tous les échos que nous entendons laissent croire que le CH affectionne son jeu et qu’il jugeait détenir suffisamment d’informations à son sujet. Rappelons que l’agent d’Aitcheson est Dylan Liptrap de Quartexx, la boîte pour laquelle travaillait le directeur général des Canadiens, Kent Hughes.

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Poker

Bien qu’Aitcheson dit ne pas avoir souvenir de rencontres avec le CH au fil de la saison, il faut être vigilant. Les espoirs les mieux classés rencontrent normalement les 32 équipes, parfois à plusieurs occasions durant la saison, et il est facile de perdre le fil. Ne pas se souvenir d’une rencontre n’équivaut pas à nier qu’elle ait eu lieu. On entend d’ailleurs, de notre côté, que des contacts ont bel et bien eu lieu entre les deux parties.

Pour ce qui est de Reschny, par contre, les signes pointent vers un intérêt faible, à moins d’un magistral coup de poker. Le joueur de centre, auteur de 92 points, dont 26 buts, en 61 matchs avec les Royals de Victoria dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL) dit avoir été rencontré seulement une fois par le CH en tout début de saison. Silence radio par la suite. De quoi nous rendre paranos et nous amener à se demander s'il ne sera pas l'heureux élu, au final. On rigole, bien entendu... ou est-ce qu'on rigole vraiment?

Quant à Boumedienne, le plus jeune défenseur de la NCAA cette saison, «on l’a peut-être rencontré avant [qui sait]», nous a suggéré un individu dont nous tairons le nom.

Certains d’entre vous ont porté à notre attention que le CH n’a pas rencontré Aitcheson parce qu’il n’envisage pas que le défenseur gaucher soit disponible à son rang de sélection. Or, les Canadiens ont pris rendez-vous au cours de la semaine avec plusieurs espoirs du top 10, lesquels sont James Hagens, Caleb Desnoyers, Radim Mrtka, Porter Martone, Roger McQueen et Brady Martin.

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Il y a deux façons d’interpréter cette approche: les Canadiens tentent de brouiller les pistes et amasser de l’information qui pourrait leur être utile dans quelques années OU ils se préparent à l’éventualité de s’avancer dans le repêchage. Les deux hypothèses ont leurs mérites.

Au cours de la semaine, le collègue Anthony Martineau et moi avons été en mesure de confirmer que les Canadiens ont aussi rencontré, excluant les noms susmentionnés, Lynden Lakovic, Carter Bear, Justin Carbonneau, Cameron Reid, Braeden Cootes, Logan Hensler, Benjamin Kindle, Malcolm Spence, Blake Fiddler, Bill Zonnon, Jack Nesbitt, William Horcoff, Simon Wang et Mason West. On précise ici qu’il s’agit de notre propre décompte; le CH a rencontré bien plus de joueurs.

L'intérêt semble manifeste dans le cas de Lakovic et de Mrtka. Le CH est l’équipe qui a suivi le plus étroitement Mrtka cette saison, selon Mrtka lui-même. Mais le CH a aussi dit à Mrtka qu’il ne s’attend pas à le voir disponible au 16e rang.

Un peu dans la même veine, Lakovic a aussi fait allusion à des visites régulières tout au long de la saison. Et on ne se rend pas à Moose Jaw de gaieté de cœur. Le grand bonhomme, qui a été très solide lors de son entrevue avec TVA Sports, mais aussi avec les équipes de la LNH, entend-on, pourrait-il sortir plus tôt que prévu le 27 juin?

Des entrevues serrées, encore

Le CH a poursuivi la tradition de poser des questions confrontantes et désarçonnantes aux espoirs.

Ce que l’état-major et le docteur David Scott observent n’est pas seulement le contenu de la réponse, mais la réaction et le non-verbal du joueur.

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Voici trois scénarios qu’ils ont soumis aux espoirs au cours de la semaine.

  • Tu es le capitaine d’un navire militaire qui doit neutraliser les sous-marins ennemis. Le sous-marin percute un navire de cargaison. Vingt membres de ton équipage se jettent à l’eau. Est-ce que tu fais exploser le sous-marin, tuant 20 membres de ton équipage, ou tu sauves les 20 marins?
  • Tu es sur une île déserte avec un ami. On y retrouve une bouteille d'eau et un bâton de baseball. Ton ami saisit la bouteille. Que fais-tu?
  • Tu croises Nick Suzuki à 3h du matin au casino. Le lendemain, Martin St-Louis te demande si tu as vu le capitaine la veille. Que réponds-tu à l’entraîneur-chef?

Sans oublier la classique question de l’animal qui était de retour. Croyez-le ou non, certains espoirs nous disent encore que celle-ci les a pris au dépourvu. À l’inverse, d’autres étaient fin prêts et avaient déjà choisi leur animal avant leur rencontre avec le Tricolore.

Desnoyers a trouvé la recette

Desnoyers a fourni probablement la réponse la plus percutante à l’une des questions pièges du CH. Confronté au scénario de l’île déserte, le jeune homme a décoché sans avertissement: «Home run!»

On a bien essayé de comprendre ce que cela signifiait exactement. Desnoyers catapultait-il la tête de son compagnon hors des limites pour survivre? Allez savoir, Desnoyers a entretenu le mystère.

Mais la réponse a ceci de brillant qu’elle a renversé la vapeur face au CH. La recette gagnante, il l’a peut-être trouvée: prendre l’état-major par surprise avec une réplique choc. 

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La cote de Desnoyers était très haute à son arrivée au Combine. Si ça se trouve, elle l’est encore plus. Nous avons été à même de constater la prestance du joueur de centre des Wildcats de Moncton, qui a trouvé l’équilibre parfait entre la confiance et l’arrogance. Il apparaît constamment en pleine possession de ses moyens et dégage une sincère assurance. Rien de phony, comme diraient les anglos, bien au contraire.

En entrevue avec l’auteur de ces lignes, il a invité le CH à s’avancer au repêchage «s’il veut gagner», car «il gagne partout».

À ce compte, on ne serait pas surpris du tout s’il était sélectionné au troisième rang. Le garçon est à ce point solide.

On pourrait en dire autant de Brady Martin, qui restera à la ferme familiale le 27 juin et fera l’impasse sur le repêchage de la LNH à Los Angeles. Martin n’y voyait pas un grand intérêt, sachant qu’il sera décentralisé cette année.

La rumeur veut que la ferme des Martin près du village d'Elmira en Ontario s'étend sur 1000 hectares. La technologie a considérablement évolué dans les fermes aujourd’hui, si bien que plusieurs tâches sont désormais automatisées. Une équipe a tenté de piquer Martin au vif en lui rappelant cette réalité, remettant en perspective la charge physique quotidienne de ses étés à la ferme.

Martin en est un autre qui a de la répartie: «Je t’invite à venir passer une journée avec moi à la ferme, dans ce cas», a-t-il lancé du tac au tac.

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Cet attaquant rugueux a fait forte impression dans la période des entrevues et on serait extrêmement surpris qu’il ne soit pas réclamé dans le top 10. Le collègue Cam Robinson fait même allusion à un intérêt prononcé de l’Utah au quatrième rang.

Le dossier Carbonneau

Justin Carbonneau a dû composer avec beaucoup de distractions à son arrivée à Buffalo. Sa décision de changer d’agent et le suspense autour de sa destination la saison prochaine, soit l’Armada ou la NCAA, avaient fait couler beaucoup d’encre. 

Dans le dossier du changement d’agence, il semble y avoir eu un malentendu; une preuve écrite par courriel est nécessaire et représente la norme dans ce genre de situation. Apparemment, ce n’est pas un dossier qui a préoccupé outre mesure les équipes, dont certaines ont beaucoup aimé le jeune homme en entrevue, nous a confié un collègue bien branché. Le collègue Anthony Martineau, lui, relate un intérêt de plusieurs équipes du top 10.

Les intentions du CH sont difficiles à lire ici. On entend que l’organisation a tenu avec lui une entrevue très serrée. Les pointes ont parfois été virulentes et on ne se satisfaisait pas de réponses creuses. Mais plusieurs espoirs nous ont confié que leur entrevue avec le CH a été la plus difficile, alors il est ardu d’en tirer de grandes conclusions. Tester un joueur peut être synonyme de curiosité ou d’intérêt marqué. Pourquoi chercherait-on à savoir ce qu’a dans le ventre un espoir qui nous indiffère?

Qu’importe, avec ses attributs physiques et ses talents de marqueur difficiles à enseigner, Carbonneau pourrait très bien trouver preneur avant le 16e rang. 

Durant notre entrevue avec lui, on a découvert un jeune homme allumé, introspectif et affamé. Son non-verbal peut titiller les recruteurs lorsque le match ne se déroule pas à son goût, mais Carbonneau a le défaut de ses qualités: le feu brûle très fort en dedans, parfois trop fort.

Qu’il le reconnaisse constitue un premier pas non négligeable.

– Avec la collaboration d’Anthony Martineau

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