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Suspension des tarifs douaniers: «Une bonne nouvelle», mais...

Jeudi après-midi, Bruno Marchand, maire de Québec, prend la pose devant le Capitole, à Washington D.C.
Jeudi après-midi, Bruno Marchand, maire de Québec, prend la pose devant le Capitole, à Washington D.C. Photo TAIEB MOALLA
Photo portrait de Taïeb Moalla

Taïeb Moalla

2025-03-06T19:26:48Z

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Washington D.C. | La suspension pour un autre mois des tarifs douaniers imposés par Donald Trump au Canada est «une bonne nouvelle», mais il n’y a rien de pire que l’incertitude en matière économique, a affirmé Bruno Marchand.

C’est ce que le maire de Québec a déclaré jeudi après-midi, quelques minutes après l’annonce faite par le président américain d’un nouveau sursis, jusqu’au 2 avril, sur les tarifs douaniers. «C’est une bonne nouvelle. D’un point de vue humoristique, si j’avais la personnalité de Donald Trump, je dirais que c’est à cause de notre mission que ça a fait ça. C’est pas du tout le cas», a-t-il blagué.

Cela dit, «l’économie a besoin de prévisibilité. Et là, on est en train de jouer au yo-yo [...] Ça devient super dur pour notre monde économique de savoir à quel saint se vouer. C’est pas bon pour les économies de nos deux pays [...] Aujourd’hui, il y a des gains, mais ne les prenons pas pour acquis», a-t-il prévenu.

Exclus de la Maison-Blanche

Déçu de l’exclusion des maires du Québec (Valérie Plante, de Montréal) et de l’Ontario (Mat Siscoe, de St. Catharines) de la rencontre de vendredi à la Maison-Blanche avec des conseillers de Donald Trump, Bruno Marchand a tout de même tenté de minimiser la portée de cette mise à l’écart.

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Jeudi matin, Le Journal révélait que la Maison-Blanche a invoqué des raisons protocolaires pour admettre uniquement les maires étatsuniens à cette rencontre tout en laissant leurs homologues canadiens à la porte. «On peut faire dire n’importe quoi au protocole!» a d’abord lancé le maire de Québec, jeudi matin, rejetant cette explication officielle du pouvoir exécutif américain.

M. Marchand a ajouté qu’il aurait quand même participé à la mission de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent (AVGLSL), à Washington D.C., indépendamment de cette fameuse réunion prévue dans ce lieu mythique et symbolique du pouvoir américain.

«On y accorde beaucoup d’importance, parce que le symbole est fort, mais je ne pense pas que c’est là qu’on aurait fait le plus de gains», a-t-il laissé tomber en mettant de l’avant ses nombreuses rencontres avec des élus américains depuis son arrivée dans la capitale américaine, mardi.

Selon lui, «c’est pas vrai que rencontrer un conseiller, parmi les dizaines de conseillers de Donald Trump, ça fait toute la différence [...] On nous aurait dit il y a deux semaines que la rencontre à la Maison-Blanche était annulée ou qu’on ne permettait pas aux maires québécois d’y aller, je serais venu ici pareil.»

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Rencontre maintenue

De son côté, l’AVGLSL a affirmé, dans une déclaration écrite, que la rencontre de vendredi à la Maison-Blanche était maintenue, malgré l’exclusion des maires du Québec et de l’Ontario. L’alliance a assuré que ladite réunion a été confirmée par la Maison-Blanche plus tôt cette semaine et que les noms de trois maires (un Québécois, un Ontarien et un États-Unien) ont été communiqués rapidement.

«Après avoir fourni les trois noms, l’Alliance des villes a été informée mercredi, pour la première fois et seulement 48 heures avant la réunion prévue, “qu’en raison du protocole diplomatique”, il n’y avait pas assez de temps pour traiter les demandes des maires canadiens», a déploré l’AVGLSL.

Lunch et hôtels

Par ailleurs, et comme c’est souvent le cas quand il se trouve en mission à l’étranger, M. Marchand s’est de nouveau porté à la défense de ce déplacement et de sa pertinence.

«Les gens qui pensent qu’on fait ça pour se payer un lunch ou une nuit d’hôtel, moi tant qu’à ça, je suis mieux chez nous. Quand je vais voyager, je vais me le payer et je vais payer les lunchs et les hôtels que je veux dans les villes que je veux. C’est pas pour ça qu’on fait des missions», a-t-il laissé tomber.

Photo TAIEB MOALLA
Photo TAIEB MOALLA

Dans un contexte d’incertitude permanente, le maire de Québec n’a pas hésité à renouveler ses attaques contre le président Trump. «Un intimidateur, comme le président américain présentement, une fois que tu te mets à genoux, il ne dit pas: “Merci, relève-toi, et on va négocier de bonne foi.” Ça n’arrivera pas», a-t-il ajouté.

«L’Américain moyen n’existe pas. C’est DES Américains qui ont DES façons de penser. Maintenant, qu’est-ce qui va ressortir de ça? C’est bien dur à prédire.»

–Bruno Marchand, maire de Québec

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