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Langue française: refuser de consentir à notre déclin

Photo d'archives

Paul St-Pierre Plamondon, Chef du Parti québécois

2021-05-20T09:00:00Z

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Le projet de loi no 96 sur la réforme de la Charte de la langue française (loi 101) a fait plusieurs déçus parmi ceux qui s’intéressent à l’avenir de la langue française au Québec.  

Plutôt que de prendre des moyens à la hauteur du défi, celui de renverser le déclin marqué et rapide de notre langue nationale au Québec, le gouvernement Legault a choisi de ménager la chèvre et le chou et de tenter de rassurer en vue des prochaines élections générales. 

La question fondamentale, celle de savoir si ce projet de loi a véritablement des chances de renverser la tendance, a été complètement éludée, tant par le gouvernement que par le PLQ et QS, qui soutiennent le plan caquiste avec enthousiasme. 

De l’autre côté du débat, on retrouve le Parti québécois et les démographes, qui soulignent que si on cherche véritablement à renverser la tendance, il faut absolument mettre en œuvre des mesures beaucoup plus structurantes en matière d’immigration, d’enseignement postsecondaire, de langue du travail et de culture. Alors que le gouvernement ne s’est pas donné la peine de se fixer des objectifs, ni de mesurer l’effet de son plan sur l’évolution des données démographiques (une absence de mesure et de rigueur identique à celle qu’on retrouve dans leur plan vert, pour le 3e lien et pour les maisons des aînés), le PQ est le seul parti à fixer des objectifs clairs – dont un retour à 82 % de locuteurs français – et un mécanisme de mesure annuel de l’atteinte de cet objectif. 

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En chute libre

De l’avis des démographes, la langue française est non seulement dans un état préoccupant, elle est carrément en chute libre. Jamais, depuis 1871, le poids des francophones n’était passé sous la barre des 80 %. 

Or, si la tendance se maintient – et tout porte à croire qu’elle se maintiendra si des mesures structurantes ne sont pas adoptées –, cette proportion s’effritera davantage jusqu’à atteindre 75 % en 2036. 

À Montréal, là où s’installe l’immense majorité des nouveaux Québécois, les Montréalais de langue maternelle française, qui comptaient pour 48 % de la population en 2011, frôleront le seuil critique de 40 % en 2036. La majorité historique francophone se déstructure rapidement parce qu’elle ne s’est pas donné les moyens indiqués en matière d’immigration, d’enseignement supérieur et de langue du travail. Les langues nationales se maintiennent certes par leur créativité, une force indéniable de la nation québécoise, mais aussi et surtout par la loi du nombre. 

En 1977, Camille Laurin et René Lévesque s’étaient fait traiter de nazis à la suite du dépôt de la loi 101. En 2021, c’est plutôt le gouvernement de la CAQ, avec l’appui des partis fédéralistes et du gouvernement Trudeau, qui traite les défenseurs du français d’extrémistes, signe de la valeur réelle de ce projet de loi. Or, les extrémistes ne sont pas ceux qui envisagent de prendre les moyens nécessaires pour préserver le français, mais bien ceux qui consentent au déclin de notre langue nationale – celle-là même qui fait la différence vitale du Québec – en déposant un projet de loi qui ignore l’essentiel et qui s’apparente à une autre stratégie de communication préélectorale. 

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Un plan courageux et responsable

Dans son Plan d’urgence pour la langue française, le Parti québécois propose sept mesures fondamentales pour renverser la tendance : diminuer les seuils d’immigration afin qu’ils correspondent aux capacités d’accueil et de francisation de la société québécoise; exiger la connaissance du français par les immigrants économiques à l’entrée; interdire l’exigence de l’anglais à l’embauche pour les postes où cette connaissance n’est pas nécessaire; appliquer la Charte aux cégeps; rendre l’octroi des subventions aux entreprises conditionnel au respect de la Charte; mettre sur pied un bureau de promotion du contenu culturel québécois pour forcer la main aux géants du Web; faire de la Charte une loi quasi constitutionnelle et, enfin, l’étendre aux entreprises de compétence fédérale. 

D’autres mesures sont aussi mises sur la table pour que la culture québécoise soit la véritable culture de convergence au Québec. Ces mesures ne sont pas facultatives, elles sont fondamentales pour redresser la situation linguistique. Le gouvernement ne peut donc pas les ignorer. 

La fatalité n’existe pas et l’action politique peut transformer la réalité. C’est donc à nous de décider si nous consentons à notre déclin linguistique dans le réconfort des communications caquistes, ou si nous exigeons plutôt un renversement de la tendance et un retour en force de notre langue nationale. 

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