Réforme de la loi 101 : Le PQ veut aller plus loin que la CAQ


Patrick Bellerose
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Face à une réforme de la loi 101 qualifiée d’« électoraliste », le Parti québécois a présenté lundi un plan plus ambitieux, tout de se défendant d’être « extrémiste ».
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S’il prend le pouvoir, le parti indépendantiste interdira aux francophones et aux allophones de fréquenter un cégep de langue anglaise au Québec.
De la même façon, un gouvernement dirigé par Paul St-Pierre Plamondon abaisserait le nombre d’immigrants accueillis annuellement, en plus d’exiger une connaissance du préalable du français.
De son côté, le gouvernement caquiste va moins loin. Dans son projet de loi 96 dévoilé la semaine dernière, il propose de limiter l’augmentation du nombre de places dans les cégeps anglophones et de mieux franciser les immigrants une fois installés au Québec.
Pour le chef péquiste, la réforme de la loi 101 de la CAQ est « un plan électoraliste, qui vise à rassurer, mais qui n'agit pas sur le coeur du problème ». Le PQ, lui, propose plutôt des mesures « fortes » qui s’attaquent au « cœur du problème », dit M. St-Pierre Plamondon.
À ses côtés, le chef parlementaire Pascal Bérubé a déclaré qu’il s’agit de « gestes qui sont courageux, qui ne vont pas nous rendre populaires, mais qui vont nous rendre crédibles, et soucieux, et responsables ». « Et ça, c'est une différence fondamentale entre le gouvernement et nous », dit-il.
Élections
En présentant le projet de loi la semaine dernière, le premier ministre François Legault avait qualifié d’« extrémiste », la volonté du PQ d’imposer la loi 101 aux cégeps.
« Le mot extrémiste, pour dépeindre ceux qui veulent, véritablement, un renversement du déclin de la langue française, est très bizarrement choisi, a répliqué Paul St-Pierre Plamondon lundi. En fait, la seule chose qui est extrême ou qui est radicale, en ce moment, c'est la rapidité du déclin de la langue française. »
Le chef péquiste estime que son parti présentera la défense la plus forte de la langue française aux prochaines élections.
« Les gens auront un choix à faire entre le Parti québécois ou le Parti libéral, la CAQ et QS, qui, eux, préfèrent un plan qui paraît bien, mais qui, de l'avis des scientifiques ou des démographes, des analystes, tout le monde que j'ai entendu se prononcer au cours des derniers jours – il y a un consensus –, ne changera pas le déclin de la langue française », dit M. St-Pierre Plamondon.
Autres mesures
Parmi les autres mesures présentées lundi, le PQ propose de créer un bureau de promotion du contenu québécois, qui aurait le mandat de promouvoir les productions québécoises auprès des géants du web, comme Netflix.
De plus, les étudiants des cégeps anglophones, y compris ceux qui ont fait leur parcours scolaire en anglais, devraient réussir un test de français écrit pour obtenir leur diplôme collégial. L’examen ne serait toutefois pas le même que celui exigé pour les francophones.
La mesure, a expliqué Paul St-Pierre Plamondon, vise à s’assurer que les étudiants anglophones seront capables de travailler en français au Québec.